Mercure en bouche...

par ZEN
jeudi 20 novembre 2008

Amalgames dentaires et mercure : une bombe à retardement ?

La toxicité du mercure est connue depuis longtemps. Il a fallu attendre 1950 pour mettre en évidence les méfaits du mercure sur les populations de la baie de Minamata au Japon. En 1932 une usine d’engrais chimiques s’installe sur les lieux. L’entreprise Shizo donne du travail à beaucoup, les pêcheurs continuent leur travail en totale ignorance des rejets, les populations continuent à consommer le poisson, abondant en ces lieux. Mais on observera assez vite des phénomènes inquiétants, des symptômes étranges : tremblements, problèmes de coordination, troubles sensoriels et cognitifs, fatigues, douleurs, naissances avec anomalies chromosomiques ou malformation. . . Les symptômes de l’hydrargyrisme mettront une vingtaine d’années à se déclarer. Shizo met en évidence le rôle du mercure (méthylmercure) mais garde le silence sur les expériences menées.

C’est seulement en 1959 que des médecins japonais mettent le doigt sur le responsable : 27 tonnes de produits dérivés du mercure et toute la chaîne alimentaire s’est trouvée contaminée, du plancton aux humains, dernier élément de la chaîne alimentaire. Les rejets toxiques cessent seulement en 1968, sous la pression des pêcheurs et des écologistes.

Des problèmes assez semblables ont eu lieu en Guyane avec l’orpaillage, qui a abouti à la contamination de nombreux Amérindiens de Guyane

Des experts du monde entier réunis à Madison en 2006 ont conclu que « cinquante millions de personnes dans le monde sont aujourd’hui gravement contaminées par le mercure »

Qu’en est-il des amalgames dentaires et du mercure qu’ils contiennent ?

La question est très vaste et nécessiterait un livre entier. J’espère que cet article déclenchera le désir de pousser plus loin l’investigation, car rares ceux d’entre nous qui ne sont pas concernés

Leur principe est contesté dès le début. Le corps médical spécialisé en médecine dentaire connaît depuis longtemps les risques de ces produits.

En 1920 déjà, Alfred Stock met en évidence leur nocivité à travers plusieurs études et relève de nombreux symptômes chez les porteurs de plombage au mercure : fibromyalgie, sclérose en plaque, nervosité, développement de maladies auto-immunes etc. . . Selon lui, le mercure, s’échappant des restaurations métalliques, intoxiquerait l’organisme et l’affaiblirait. Loebich en 1955, Rheinwald vont dans le même sens. A partir de 1960, Reis, Raue mettent en évidence la présence de mercure dans le cerveau des porteurs de plombage. En 1972, Störtebecker, Gasser, Mayer, Rebel corroborent ces résultats.

Au début des années 1990, le produit est à nouveau très contesté.

Dans le Nouvel Observateur de nov 97, Fabien Gruhier dénonce aussi la nocivité du mercure contenu dans les amalgames

En juin 97, l’association AKUT (luxembourgeoise) dénonce les lobbies qui bloquent l’information sur ce sujet sensible et alerte les responsables sanitaires et politiques.

Au Japon, en Russie et en Norvège, on ne met plus de mercure en bouche depuis une dizaine d’années. L’Australie, le Danemark remettent ce système en question. En Allemagne, plus d’un millier de patients poursuivent en justice le fabriquant d’amalgames Degussa et obtiennent gain de cause. Certains praticiens émettent l’hypothèse que le mercure pourrait être un des facteurs du développement de la maladie d’Alzheimer.

Malgré ces mises en garde, on continue à produire et à poser de tels amalgames. Les fabricants y trouvent leur compte : ils sont bon marché et sont faciles à poser. L’Association dentaire de France dédramatise : « pas de drame avec l’amalgame », mais en 1998 un décret impose la récupération des déchets d’amalgames dans tous les cabinets dentaires pour « éviter le rejet de mercure polluant et toxique dans la nature »

Les autorités sanitaires françaises déclarent que la nocivité de l’amalgame pour la santé n’est pas prouvée

Y aurait-il donc un silence entretenu sur la question, un refus de savoir, un déni de réalité ? Malgré le combat pour l’information menée par certaines associations

« . . . Alerté par cette controverse sur la nocivité de ces amalgames », le sénateur Claude Huriet a déposé une question écrite à l’intention du secrétaire d’Etat chargé de la Santé, pour lui demander s’il « envisage de faire procéder à un examen de cette question par des experts qualifiés et indépendants ». Que faire en attendant, si l’on a des plombages comme l’immense majorité des Français ? Ou si l’on risque d’en avoir besoin bientôt ? La principale alternative au mercure, ce sont les nouvelles résines composites, un peu plus coûteuses (et aussi un peu moins durables), que l’on a le droit d’exiger. Même si les praticiens n’aiment pas trop, dans la mesure où la pose en est plus longue et délicate. Tandis que, « avec l’amalgame, même un mauvais dentiste peut facilement obturer une carie », observe un spécialiste. Reste que de l’avis général il ne faut pas céder à la panique. Ni surtout courir pour faire enlever tous ses vieux plombs. En effet, le remède serait pis que le mal : la dépose précipitée des amalgames, effectuée sans les infinies précautions requises, est source de pollution pour tout le monde le patient, mais aussi le dentiste et l’environnement. Car en France c’est l’une des hontes de ce pays rien n’oblige le dentiste à récupérer le mercure extrait : après en avoir inhalé une bonne dose, le patient « déplombé » est simplement invité à cracher le reste dans l’évier. (Fabien Gruhier)

Un vrai débat contradictoire sans tabou pourra-t-il avoir lieu un jour en France, ou, comme pour le problème de l’amiante, faudra-t-il attendre le développement accéléré de pathologies nouvelles pour commencer à y réfléchir et à prendre des mesures adéquates contre certains intérêts en place ?

 

http://atctoxicologie. free. fr/

http://www. holodent. com/article-23043174. html

http://www. bernardmontain. net/pathologies/amalgames, dentaires. html

http://www. innovationsante. com/docs/Dangers_du_mercure_dentaire. pdf


Lire l'article complet, et les commentaires