OMS et santé des Africains

par Antoine Christian LABEL NGONGO
mercredi 22 novembre 2006

L’Organisation mondiale de la santé a pour but d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se félicite que le continent africain, particulièrement l’Afrique noire, soit en train de trouver des solutions africaines à ses problèmes de santé, bien qu’il soit le plus touché par le Sida et le paludisme.

Dans son rapport consacré à la santé des Africains, l’OMS espère que "la région pourra peu à peu, moyennant une aide internationale suffisante, relever les défis colossaux auxquels elle doit faire face". Voyant "partout des signes tangibles" de progrès, l’OMS souligne que des maladies comme la lèpre ou la poliomyélite sont en passe d’être éradiquées.

A propos du Sida, s’il continue à "dévaster" le continent, qui rassemble 60% des séropositifs mondiaux contre seulement 11% de la population, plus de 810 000 Africains reçoivent désormais des médicaments antirétroviraux, soit huit fois plus que fin 2003. Bien que le Sida reste la principale cause de décès de l’adulte, de plus en plus de personnes qui en ont besoin reçoivent un traitement permettant de sauver leur vie. Au Botswana, 75 000 malades sur les 300 000 porteurs du virus que compte le pays reçoivent désormais un tel traitement, a déclaré la ministre de la Santé, le docteur D. Tlou. "Les antirétroviraux marchent. Les funérariums ferment leurs portes parce que les affaires ne marchent pas. Les gens qui passaient leur journée au lit il y a quelques années peuvent désormais vivre normalement", a-t-elle rapporté devant la presse.

En ce qui concerne le fléau de l’Afrique, plus de 90% des 300 à 500 millions des cas de paludisme qui surviennent chaque année dans le monde selon les estimations touchent des Africains, principalement des enfants de moins de cinq ans. La plupart des pays sont en train d’adopter de meilleures politiques de traitement. Trente-trois des quarante-deux pays d’Afrique concernés par cette maladie ont désormais recours au traitement le plus efficace, l’artémisinine (l’un des antipaludiques les plus efficaces dont on dispose aujourd’hui), fait valoir l’OMS.

Quant à la rougeole, le nombre de décès est en baisse de 90% depuis 1999 alors que plus de 60% de la population bénéficie d’un vaccin dans trente-sept pays africains. Le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, souligne que "L’Afrique doit faire face à la crise de santé publique la plus dramatique de la planète, mais le rapport montre qu’il existe des solutions de santé publique qui donnent des résultats concluants dans le contexte africain".

L’OMS signale qu’en Ouganda, 50 % de tous les cas de VIH/Sida ont pu bénéficier d’un traitement antirétroviral permettant de sauver des vies grâce à un programme novateur qui consiste à former les infirmières à accomplir certaines des tâches traditionnellement confiées à des médecins, alors que les agents de santé communautaires sont formés à certaines des tâches traditionnelles des infirmières.

Une campagne de sécurité routière, avec amendes à la clé, a entraîné une diminution de près d’un quart des décès dus à la route en une seule année au Rwanda.

Le train de la santé transporte des jeunes médecins et des étudiants en médecine, en Afrique du Sud, vers des zones rurales qui n’auraient sans cela aucun accès à des services médicaux de base. Ce train a apporté des soins à 500 000 personnes, constate l’OMS.

Des systèmes de partage des coûts communautaires ont permis de doter trente-cinq des cinquante-sept centres de santé communautaires du Mali de personnels qualifiés capables d’accoucher et de pratiquer des césariennes d’urgence, offrant ainsi des soins obstétricaux à des milliers de femmes qui n’avaient pas auparavant les moyens d’y avoir accès.

Le responsable Sida, tuberculose et malaria pour l’Afrique à l’OMS, Antoine Kaboré, souligne que les systèmes de santé "ne sont pas fonctionnels", et cela en évoquant le "problème-clé" des bâtiments, des personnels de santé et des médicaments. Les pays doivent investir sur le plan logistique.

Protection de la mère et du nouveau-né

L’Organisation mondiale de la santé s’alarme également des taux élevés de mortalité de la mère et du nouveau-né. Sur les vingt pays de la planète présentant les taux de mortalité maternelle les plus élevés, dix-neuf se trouvent en Afrique. Le continent africain enregistre en outre le taux le plus élevé de mortalité néonatale du monde.

Pour une partie importante de la population, les besoins d’assainissement de base ne sont toujours pas satisfaits : seuls 58% des habitants de l’Afrique sub-saharienne ont accès à l’eau potable, relève l’OMS.

Les maladies cardio-vasculaires et le diabète progressent, et les accidents figurent toujours parmi les principales causes de décès dans la région. Le rapport porte uniquement sur "la région africaine" au sens de l’OMS, qui exclut le Maroc, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, le Soudan, Djibouti et la Somalie.

L’onchocercose a été éliminée comme problème de santé publique, et la lutte contre la dracunculose a permis de réduire de 97 % le nombre des cas depuis 1986.

Le rapport de l’OMS sur la santé en Afrique souligne bien l’importance grandissante de la mise au point de solutions propres en matière de santé. Ce rapport consacré à la santé des 738 millions de personnes vivant dans la région africaine permet d’espérer que la région pourra, peu à peu, moyennant une aide internationale suffisante, relever les défis colossaux auxquels elle doit faire face.


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