Plan de soutien pour les banques, plan de rigueur pour l’h˘pital

par Laurent Watrin
mercredi 10 décembre 2008

Le CHU de Nancy va perdre 650 postes en quatre ans. Il faut revenir à l’équilibre des finances, dit la direction. Les syndicats protestent. Les malades s’interrogent.

Gros malaise au CHU de Nancy. L’hôpital lorrain fait partie des établissements publics hospitaliers qui perdent beaucoup trop d’argent. Avec Nantes, Nice et Marseille, le CHU nancéien accuse un déficit qui ne peut plus durer. A Nancy, le trou financier approche 30 millions d’euros cette année, sur une enveloppe de 600 M€ accordée par les pouvoirs publics. Chaque année, le CHU lorrain débourse un million d’euros rien que pour payer les banques... Et sa capacité d’investissement est nulle.



C’est la masse salariale qui coûte le plus cher (les deux tiers du budget). L’hôpital va donc réduire ses effectifs. Environ 650 postes seront supprimés en 4 ans. Peut-être moins. Ou peut-être plus. Ce sera selon le dialogue et la réorganisation menés par la nouvelle direction. Concrètement, un départ à la retraite sur deux ne sera pas remplacé. Mis à part le service des infirmiers, tous les "pôles" d’activité de l’hôpital nancéien sont concernés. L’hôpital devrait même perdre une cinquantaine de médecins. L’effort est apparemment bien compris par la Communauté Médicale d’Etablissement. La CME a en effet approuvé largement ce plan de restructuration (par 31 voix pour sur 32). Christine Jacob, vice-présidente de la communauté médicale, estime nécessaires les sacrifices "à condition qu’ils soient bien expliqués et bien justifiés". De toute façon, rassure-t-elle, "ce ne sera pas au détriment des malades".

La direction du CHU de Nancy explique qu’il faut retrouver de la marge de manoeuvre pour investir, faire de la recherche, et soigner les malades avec sécurité et efficacité. Rien ne changera pour les patients, selon Philippe Vigouroux, le directeur général de l’hôpital, arrivé il y a cinq mois en Lorraine.

Rationalisation...

Ce plan se traduira aussi par des regroupement d’activités afin d’éviter les doublons. Le CHU pourrait aussi louer du matériel, dans certains services, si cela permet d’investir par ailleurs. La CFDT, syndicat majoritaire au CHU de Nancy, annonce une grève pour le jeudi 18 décembre (jour du Conseil d’Administration). Le syndicat interpelle tous les politiques de la région. Les délégués du personnel ne voient pas comment on peut faire tourner les services en supprimant des postes, d’autant plus que bon nombre d’agents hospitaliers sont déjà sur la corde raide. RTT stockées obligatoirement et vacations tendues, selon les syndicats.

Alex Gorge (CFDT) note avec ironie : "on aurait pu renflouer tous les hopitaux de France avec la somme accordée à Bernard Tapie".

Laurent Watrin


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