2013, année de l’Amour ?

par olivier cabanel
jeudi 3 janvier 2013

C’est l’insolite photo d’une banderole déployée dans un village qui délivre un message original car, si on le lit à l’envers, on découvre avec surprise l’apparition du mot Eros.

Est-ce un présage ?

Toujours est-il qu’il n’est pas inutile de faire le constat qu’après tous les conflits qui ont endeuillé la planète, la majorité des humains préfèreraient entendre parler d’amour.

Eros, ce dieu de l’amour mérite pourtant d’être mieux connu, car, dans la mythologie grecque, il est d’abord considéré comme un dieu créateur, né de l’œuf primordial, puisque sans lui, aucun des autres dieux n’auraient connu le jour. lien

Né des amours coupables entre la déesse Vénus et le dieu Mars, Eros vécu ses premiers temps caché dans un bois afin d’échapper à la colère divine de Jupiter, et incarne l’une des forces primordiales de la nature. lien

Mais, chez les romains, Eros devient Cupidon, mot qui a la même origine étymologique que "cupide", lequel signifie désirer, puis par extension, intéressé, avide d’argent, voire vénal, ambitieux, mercantile, bien loin de l’idée que nous pouvons nous faire en principe de l’amour.

Mais 2013 sera-t-elle l’année de l’amour ?

On sait que l’amour physique est une très bonne thérapie puisqu’en faisant l’amour, on produit des hormones qui peuvent nous soigner, telle la mélatonine qui permet de trouver le sommeil, de guérir la dépression, ou la sérotonine qui aide à soigner le mal de tête tout comme à faciliter la digestion. lien

Le grand scientifique Jean Marie Pelt appelle de ses vœux depuis longtemps la naissance d’une « civilisation de l’amour ».

Il l’avait fait pour la première fois lors du salon de l’écologie à La Tour du Pin, « c’est tout vert » en octobre 2006, faisant le constat que la page de cette civilisation de l’argent était loin d’être tournée, en se réjouissant que son concept ait été repris par Ségolène Royal, lorsqu’elle était en campagne. Lien (à 8’)

Il regrette que la Chine (et pas seulement elle) au moment ou elle veut dominer le monde, elle qui a réussi à imbriquer le yin et le yang, par son « extraordinaire synthèse entre communisme et capitalisme », n’ait pas pour autant avoir retenu les règles du Tao, cet enseignement qui tient pour essentiels la charité, l’économie, et l’humilité, puisque la charité permet d’être audacieux, l’économie permet d’être généreux, et l’humilité permet d’accomplir de grandes choses. lien

Le Tao va plus loin : c’est le vide qu’il y a entre les rayons d’une roue qui permet la mobilité et celui de la jarre qui en fait l’utilité, concluant ainsi que le non-être fait l’efficacité.

Zhuangzi, un philosophe taoïste, enchaîne en affirmant que l’inutilité est gage de sérénité : être inutile, vide, transparent, n’avoir ni idée préconçue, ni opinions tranchées.

Tchouang-tse, un autre philosophe chinois, ne dit pas autre chose, en préconisant l’abandon des soucis et des affaires, préservant ainsi le corps de fatigue et l’esprit vital d’usure, ajoutant que « c’est dans la tranquillité d’une existence réglée, dans la paisible communion avec la nature, qu’on trouve une recrudescence de vitalité, un renouveau de vie ». lien

Son texte intégral est sur ce lien.

D’ailleurs à quoi bon être le plus riche du cimetière d’autant que l’argent ne se mange pas ?

C’est Pierre Pradervant, dans son livre « gérer mon argent dans la liberté  » (éditions Jouvence-2004) qui rappelle que « on peut acheter un lit, mais pas le sommeil, de la nourriture, mais pas l’appétit, des livres, mais pas l’intelligence, des médicaments, mais pas la santé, des bijoux mais pas la beauté, une certaine réputation, mais pas une bonne conscience, des relations, mais pas l’amitié… ».

En fait, la seule richesse que nous voulons posséder, c’est justement celle que l’on ne peut pas acheter : le bonheur, et le bonheur passe aussi par l’amour.

Mais revenons à 2013 tout en tentant de comprendre 2012.

Ce n’est peut-être que dans une dizaine d’année que l’on mesurera le mieux les évènements de cette année, sans faire l’impasse sur ce que les médias ont qualifié à tort « Printemps Arabes » puisque ces printemps ont commencé en janvier.

Des pays menés d’une main de fer par des despotes plus ou moins éclairés tombant, les uns après les autres, en château de carte, à la suite de l’immolation volontaire d’un universitaire tunisien, réduit, pour faire vivre sa famille, à faire de l’épicerie ambulante.

La confiscation de son étal par une policière « taquine » sera la goutte d’eau de trop, et l’imposture du dictateur venu dans sa chambre d’hôpital visiter le mourant n’empêchera pas la chute du tyran, malgré le soutien d’une Alliot-Marie plutôt mal inspirée, proposant la « force de feu » de nos vaillants militaires.

L’Egypte a suivi, et même si les frères musulmans semblent prêts à tirer les marrons du feu, faisant de ce pays une république non laïque, la messe n’est pas dite

Est venu ensuite le temps pour la Lybie, celui de la Syrie est en cours, l’Algérie et le Maroc échappant, (provisoirement peut-être ?) au vent de la révolte.

Mais ce vent libérateur s’est levé aussi au Nord, puisqu’en Russie, Poutine et Medvedev, dans une valse à deux temps, l’un remplaçant l’autre à tour de rôle, ont fini par agacer une population exacerbée.

Au-delà des Pussy Riots emprisonnées pour avoir défié le pouvoir, voici venu le temps des FEMEN, ces féministes patriotes et érotiques, s’exhibant les seins nus et talons aiguilles, telle Sacha Chevtchenko, diplômée d’économie, habitant un HLM de Kiev, entendant poursuivre la révolution féministe lancée en Ukraine en 2008 par Ania Goutsol. lien

Sur le thème de « l’Ukraine n’est pas un bordel  », elle dénonce avec ses compagnes « la complaisance du pouvoir à l’égard du tourisme sexuel  ». lien

« Au début nous défilions habillées, mais personne ne nous écoutait » continue Sacha, « alors nous avons décidé d’enlever le haut » décision prise dans un café au nom prédestiné, « le Cupidon », lieu dans lequel elles tiennent leurs réunions.

Elles ont même lancé un défi à un nommé Greg, le gagnant d’un concours néo zélandais, lequel, outre le chèque de 2000 dollars, était censé choisir le gros lot : une ukrainienne.

Il était attendu par des jeunes femmes très remontées, armées, sur les affiches, d’une faucille ensanglantée, ce qui a du le dissuader de venir chercher son lot. lien

Le mouvement fait des petits, et il y a quelques mois, au Canada, est né le mouvement Slutwalks (que l’on peut traduire par « marche des salopes »).

A l’origine, c’est les propos tenus en 2011 par Michael Sanguinetti, policier enquêtant sur des viols commis sur le campus de l’Université de New York qui ont tout déclenché : « si les femmes ne veulent plus être violées, elles n’ont pas à s’habiller comme des salopes  ». lien

Elles ont fait des émules dans plusieurs grandes villes françaises, lesquelles ont défilé dans les rues accoutrées « comme des salopes », entendant protester contre le sexisme, contre ceux qui les accusent de provoquer le viol de par leurs tenues vestimentaires.

Gaëlle Hym, l’organisatrice de la dernière Slutwalk française, voudrait que la lutte contre le sexisme devienne l’une des premières causes du gouvernement avec comme leitmotiv : « ne dites pas aux femmes comment s’habiller, apprenez aux hommes à ne pas les violer ».

Aujourd’hui Slutwalk fait tache d’huile et de Londres à New Dehli, en passant par Rio, Séoul, Toronto et Boston, le mouvement entend se montrer dans toutes les grandes villes et plus de 200 marches ont été organisées à ce jour. lien

Les militantes féministes ont mis une pétition en ligne, sous la forme d’une lettre adressée au Président de la République. lien

Le 28 décembre 2012, le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2013 a été décerné à Malala Yousafsai, cette jeune militante pakistanaise de 15 ans, se battant pour le droit des femmes, dénonçant les exactions des talibans à Swat, touchée à la tête lors d’un attentat attribué aux talibans.

Les organisateurs veulent « contribuer à mobiliser la solidarité internationale, réaffirmer le droit des femmes dans le monde, garantir la protection de celles qui luttent aujourd’hui au risque de leur vie, et défendre, à leurs côtés, les idéaux d’égalité et de paix  ». lien .

Quelques semaines avant, une autre pakistanaise, Savita Halappanavar était morte parce que des médecins avaient refusé de l’avorter. lien

La lutte des femmes contre l’obscurantisme, la bêtise sexiste, revient donc au devant de la scène pour l’année qui commence, et en France il y a encore du progrès à faire.

Fin octobre 2012, le FEM (forum économique mondial) a publié son rapport sur l’égalité des chances entre hommes et femmes, et la France a perdu 2 places, reculant ainsi à la 57ème place alors que l’Allemagne occupe la 13ème. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « le jour ou une femme sera nommée à un poste pour lequel elle n’a aucune compétence, elles seront vraiment les égales des hommes ».

L’image illustrant l’article provient de « androphilia.tumblr.com »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Articles anciens

L’amour guérisseur

Aimez-vous les uns sur les autres

Le poids de l’âme

L’envie de vivre

J’ai découvert l’eau de jouvence

Le prix du sourire

Le BNB, bonheur national brut

Sites à visiter

Sur FB ; le mouvement Slutwalk France


Lire l'article complet, et les commentaires