Ah, la vache !
par olivier cabanel
mercredi 17 décembre 2025
Elle monte, elle monte, la légitime colère des paysans, dont on tue, sans états d’âme, toutes les vaches, suite à une dermatose nodulaire... pourtant relativement facile à soigner.
En Afrique du Sud, s’il faut en croire un éleveur, au sujet de cette dermatose, Lumpy Skin, ainsi qu’ils l’appellent, des qu’un animal est touché, on vaccine tout le troupeau et les vaches atteintes guérissent... en France, des qu’un animal est touché par cette dermatose, tout le troupeau est abattu.
Çà n’a pas de sens !... à croire que les vaches d’Afrique du Sud, seraient biologiquement différentes de nos vaches…
S’il faut en croire Jean-Marc Sabatier, directeur de recherche au CNRS, « l’abattage systématique des vaches en raison de la DNC peut être considérée comme un scandale pour plusieurs raisons (…) la maladie est bénigne dans la majorité des cas (et rarement mortelle), le taux de mortalité est souvent inférieur à 1 %, même sans traitement.
Le virus ne se transmet pas de l’animal à l’humain...(…) des mesures alternatives existent… ». lien
Manuel Bompard, député LFI, ne dit pas autre chose. lien
Comment ne pas comprendre la colère paysanne, et ce n’est pas en envoyant la ministre sur place que les choses vont se calmer...d’autant qu’elle est restée évasive sur la suite des décisions…
Selon un membre de la coordination rurale, Eloi Nespoulous, l’échange a tourné court, la discussion s’est heurtée à une absence totale d’écoute.
Il a ajouté : « on parle aujourd’hui de vacciner, mais les doses ne sont pas disponibles ». lien
Quand l’on sait que la France compte plus de 15 millions de bovins (source INSEE), mais que la ministre se propose de n'en vacciner que 600 000 ou 1 million, on comprend la colère des éleveurs. lien
Même si la FNSEA tout comme Annie Genevard, la ministre de l’agriculture, (dont les compétences en matière d’agriculture restent à prouver) exclut la vaccination totale de tous les animaux, en justifiant que, dès lors, toute exportation d’animaux seraient rendues impossible…lien
Mais comment envisager l’exportation d’animaux potentiellement malades ?
Comme par hasard, on sait que la ministre est proche de la FNSEA... ainsi qu’une pro-chasse convaincue… lien
Or le patron de la FNSEA n’est autre qu’Arnaud Rousseau, lequel détient entre autres des parts de la société Samas, (groupe Avril dont il est président) qui, au Brésil développe l’élevage bovin,…lien
Comme c’est bizarre...
A se demander s’il n’y aurait pas une pénurie de vaccins ?…ce qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs.
Ce que l’on sait, c’est qu’ils ne sont pas fabriqués en France, et qu’ils viennent d’Afrique Du Sud ..
Il semble bien qu'une certaine impréparation ait été relevée en France : l’alerte n’a été donnée qu’en juin, et la campagne de vaccination n’a démarré qu’au 21 juillet, en se limitant à quelques départements, Savoie, Haute Savoie, Ain, Isère, Doubs... car tout avait commencé en Italie. Lien
Pourquoi avoir autant tardé ?
La question est posée.
Bref, la maladie des vaches a démarré à la frontière italo-française fin juin... quelques vaches ont été vaccinées fin juillet…
Puis, plus rien…
Et en décembre, la maladie reprend de plus belle à la frontière hispano-française, avec les conséquences que l’on sait.
On sait qu’il n’y a pas de vaccins fabriqués en France, mais en en Afrique du Sud, la question avait été rapidement réglée
que faut-il comprendre ?
Voyons maintenant du coté de madame Genevard, prise en flagrant délit de mensonge, quand elle affirme que la DNC n’a jamais touché la France…
Faux ! Cette maladie s’etait déjà invitée dans les années 90 à La Réunion, et elle a été éradiquée sans abattage total, ainsi que l’explique Fanny Métrat, porte-parole de la confédération paysanne. lien
Ainsi que le rappelle Radio Mont Blanc, les départements qui avaient été touchés par la maladie, sont passés maintenant du statut « zone de protection » en « zone de surveillance », ce qui a entraîné un assouplissement des règles, 200 jours après le commencement de la DNC : il n’y avait plus besoin de dérogations pour le déplacement des troupeaux lien
Situation aux antipodes de ce qu’ont connu les paysans du Sud-Ouest, pour lesquels, des qu’on a constaté la maladie sur une vache, tous les animaux de l’exploitation ont été abattus : 207 vaches aux Bordes-sur-Arize, en Ariège le vendredi 12 décembre, (lien), et quasi 3000 vaches ont été tuées depuis juillet dernier. Lien
La ministre justifie sa décision en expliquant qu’il n’y avait pas d’autres solutions, ce qui est faux comme on l’a vu plus haut.
Le 17 décembre la ministre s’est rendue sur place, avec quelques vaines promesses, accusant « l’ultra gauche » de manipuler les paysans. lien
Pour ne rien arranger, le « mercosur » s’invite dans le débat, les éleveurs accusant le gouvernement de vouloir, en cachette, accepter cet accord injuste car les règles d’élevage d’Amérique du Sud ne sont pas celles imposées en France, même si Macron, et les autres assurent d’être opposés à cette ratification. lien
Un éleveur, Léon Thierry, co-président de la Coordination Rurale, a parfaitement résumé la situation : « le protocole c’est terminé, madame Genevard, elle fait ses cartons, elle met son protocole dedans, et elle s’en va, on n’a plus confiance en elle, elle ment tous les deux jours, elle nous avait dit qu’on ne signerait pas le mercosur, et jeudi elle nous parle de signer le mercosur... ». lien
Pour signer la pétition, c’est là
Devant cet imbroglio, et toutes les décisions paradoxales du gouvernement, qui n’a pas hésité à envoyer des blindés pour mater la révolte paysanne, qui pourra prévoir comment se finira cette tragédie ? lien
Supplément : Macron et les vaches, un thême qui a inspiré un réalisateur de dessins animés
Comme dit mon vieil ami africain : « la parole douce calme la colère, mais la parole dure excite la fureur ».
La photo illustrant l’article vient de FR3
Merci aux internautes pour leur aide précieuse
Olivier Cabanel
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