Animateurs de colonies de vacances : Chapeau vous !

par CHALOT
samedi 11 août 2012

Je me suis déjà exprimé plusieurs fois sur le contrat d'engagement éducatif qui permet à des employeurs de ne payer aux animateurs que 2,2 heures de SMIC alors qu'ils effectuent plus de 16 heures de travail journalier.
L'intervention des syndicats de salariés et notamment de SUD a permis quelques avancées timides avec des heures de repos supplémentaires payées. On est loin du compte mais espérons qu'une rencontre entre les employeurs associatifs se réclamant de l'éducation populaire et les syndicats professionnels permettent des avancées.
Le discours que tient notamment des militants CEMEA me font penser qu'il y a là au moins une envie d'ouvrir un dialogue.
Pendant plusieurs semaines pour certains, même un mois pour d'autres, des jeunes de 17 à 25 ans et des plus âgés prennent en charge des groupes d'enfants durant de longues journées : du matin 7 heures ou 8 heures au soir à 23 heures ou plus quand le dernier enfant s'endort.
Non "contents" d'assurer ce temps de présence et d'animation, les animateurs doivent assurer un temps de réunion plus ou moins grand...
Il y aurait là des économies d'énergie à faire.
Un directeur attentif, formé et organisé restreint la durée de la réunion à moins d'une heure et veille à ce que les animateurs puissent disposer d'un temps de sommeil suffisant.


Toute l'équipe d'animation n'est pas obligée de préparer le grand jeu ou la grande sortie du lendemain. Des animateurs "dégagés" du temps calme de l'après midi peuvent s'en charger en rapportant brièvement au groupe.
Ne dites pas que ce n'est pas possible ! De nombreux directeurs font ainsi.

Le "métier" d'animateur est difficile !
J'entends déjà des objections : "mais ce n'est pas un métier, c'est une mission éducative" !
Pour beaucoup de personnes, l'animation est une source de revenus et beaucoup en vivent chichement d'ailleurs durant toute l'année.
Cette mission éducative est de plus en plus difficile avec des parents exigeants et des enfants parfois "turbulents".
Un jour, un responsable associatif m'a interpellé en me disant : "les adolescents des cités ne devraient pas aller dans les colonies, ils sont trop durs !"
C'est un cri du coeur non réfléchi car Si, les adolescents des cités peuvent aller en centres de vacances mais il leur faut des animateurs professionnels donc diplômés... Le BAFA n'est qu'un brevet d'animateurs "volontaires" !

Des jeunes animateurs en stage pratique ne sont pas rémunérés et ceci en toute illégalité car ils assurent un service... Il y a là matière à changement ;
Voici là quelques réflexions :
Les animateurs de colonies de vacances et les directeurs font un travail remarquable, chapeau !
Ils ont besoin de reconnaissance et que leur travail soit correctement rémunéré.
Cette augmentation du coût ne mettrait pas les associations sur la paille d'autant plus si l'Etat apporte un peu plus de soutien.

Jean-François Chalot


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