Après Charlie
par Dancharr
jeudi 26 février 2015
Il était difficile d'imaginer qu'un crayon était une arme capable de blesser, de meurtrir au point de mettre à mort. Maintenant, on sait.
Vivre dans le même pays n'empêche pas de vivre dans des mondes opposés. La volonté des uns de ridiculiser la croyance des autres par des caricatures s'est heurtée à une incompréhension absolue. Ils n'y ont pas trouvé une occasion de s'éclaffer, mais un motif suffisant pour tuer et mourir.
Les évènements tragiques ont ouvert les yeux à ceux qui ne voyaient pas la profondeur abyssale du fossé. Pour ne pas frémir, ils défilent en pleurant et en criant « Je suis Charlie ».
Deux extrémismes se sont confrontés, chacun avec les armes qu'il maîtrise : celui de l'athée militant, manieur d'idées qu'il écrit ou illustre et pour lesquelles il se bat et celui du croyant fanatique avec une foi qui lui fait abattre ceux qui l'attaquent.
La Saint-Barthélemy, les guerres de religion ont illustré cette constance de l'intolérance avec une férocité qui ne demande qu'à être dépassée.
Ce qui surprend, c'est que le logicien pur et dur qui, après Darwin, la physique, la chimie, les mathématiques du hasard et du chaos est certain qu'un DIEU n'est pas nécessaire pour expliquer comment l'homo sapiens vient d'une amibe (le temps suffisant à l'affaire) rejoint le croyant pour qui son DIEU a tout inventé.
Finalement, les deux ont une foi irréductible, l'un dans son déterminisme, l'autre dans son mysticisme.
Aucun ne se pose la question vertigineuse, sans doute parce que sa réponse nous sera inconcevable tant que nous serons des primates : d'ou vient le matériau qui a permis à l'univers de se construire ou qui a crée DIEU avant qu'il ne nous crée ?
Cette réflexion élémentaire devrait rendre tolérants les intolérants s'ils voulaient bien s'interroger comme ceux qui s'acharnent à y réfléchir. Ce serait, du moins pour un temps, le triomphe des agnostiques, la fin des religions, des églises, la réconciliation, la sagesse…