Au fond de soi mÍme

par Jean-Michel
samedi 7 novembre 2020

 

SÉNÈQUE disait déjà : « - D’où vient alors, si elle ne résulte pas d’une exigence de la nature, l’obstination que nous mettons à nous désoler ? – C’est que nous ne nous représentons jamais un malheur avant le moment où il arrive. On dirait que nous sommes garantis par un privilège spécial et que la route que nous avons prise est plus sûre que celle des voisins : les infortunes d’autrui ne nous font pas comprendre qu’elles sont communes à toute l’humanité … »
Consolation à Marcia, chap.XVII-XVIII

De nos jours il est tellement facile de se laisser porter par le courant de la pensée unique dirigée par une bien-pensance plus soucieuse de son appartenance à un groupe, à une mode du faux-semblant qu’à une humanité réelle.
En revanche, ne chercher qu’à vivre cette humanité, vouloir en faire partie et la voir évoluer - comme l’homme et la nature l’ont fait pendant des milliers d’années il y a très, très longtemps - d’une évolution naturelle est chose plus ardue, voire impossible.
L’évolution est quelque chose de nécessaire, d’inéluctable et surtout de naturel, il ne faut pas la brusquer ni la forcer.
La nature évolue selon ces principes, tout cela harmonieusement et sereinement.
L’homme, lui, la formate selon ses besoins et tout n’est aujourd’hui que chaos.
Tout modeler à son image est la plus grande erreur de l’homme.
Croire au risque zéro et à la perfection confirme son arrogance.
Vouloir tout contrôler et se penser supérieur à celle qui l’a créé, la nature, fait de lui un irresponsable.
Et surtout, croire qu’il peut sans conséquences décider de ce qui est bien ou mal prouve son ignorance.

D’abord l’ère du matériel, de la bien-pensance et de l’autosatisfaction de masse est arrivée.
Et avec elle, son lot d’inepties et d’incohérences, apportant plus de pensées néfastes que d’actions réellement constructrices et salutaires, opposant plus que rapprochant.
Puis ce dictat de la pensée unique, volonté d’accabler et culpabiliser tout ce qui pouvait ressembler à une pensée autre a construit des murs et des cloisons là où on avait besoin d’horizon et d’espace.
À toujours vouloir donner un sens à tout, un sens unique, sur l’autel d’une fausse sincérité souvent imposée, soit par une élite soit par une masse canalisée et influencée par la sphère médiatique.
À toujours chercher à uniformiser ce qui est une vraie richesse, la différence.
À toujours dicter sa morale populiste plus par égocentrisme et narcissisme que par bienveillance et compassion, nous voilà dans une impasse, en pleine errance, ne sachant plus vraiment qui nous sommes ni pourquoi nous sommes ni où nous allons.
Les murs nous empêchent de voir où nous allons.


Les cloisons nous ont enfermés dans un déni d’avilissement.
Les sens uniques ont en partie détruits notre aptitude à l’ouverture et continue à le faire.
La bien-pensance, en voulant dicter ses choix a annihilé les choix de chacun.
La personnalité n’est plus personnelle.
Le libre arbitre n’est plus qu’une impression.
Le libre choix ne se fait plus que par de tacites assentiments.
Notre position au sein de la société ne dépend plus que de notre appétence à se laisser emporter par le courant.
Notre avenir est désormais suspendu à notre capacité à être docile et prétentieusement conciliant.
Notre libre arbitre nous est fortement suggéré.
Nous sommes plus que jamais seuls, face à notre conscience.
Nous sommes plus que jamais, tous, face à un mur qui menace se refermer sur nous.
Ce mur que nous avons tous construits de par notre incapacité à garder nos positions.
Ce mur souvent infondé et toujours inquisiteur que nous avons tous bâtis de par notre peur du jugement.
Ce mur que nous avons tous acceptés, par peur de perdre notre confortable impression d’appartenance à on ne sait même plus quelle caste.
Ce mur qu’on s’évertue chaque jour un peu plus à renforcer, croyant connaitre tout de son architecture.
Ce mur, on doit se préparer à le prend de plein fouet, on s’en approche.
On le perçoit chaque jour, on le voit et on l’entend gronder toujours un peu plus, avec des marges de manœuvre qui se réduisent et un instinct de survie qui nous pousse à le monter plus haut croyant qu’il nous protègera mieux.
C’est une impasse dont il nous faut sortir.
C’est une impasse avec au bout ce mur qu’il nous faut détrôner.
C’est une impasse dans laquelle il faut nous faut ouvrir une brèche.
Alors, sans vouloir occulter ni remplacer cette bien-pensance nocive, sans vouloir dicter une quelconque autre pensée ni imposer un choix destructeur, ce texte ambitionne seulement entrainer chacun et chacune vers une vraie réflexion.
Ni religieux, ni politique, ni spirituel ou philosophe mais fortement motivé par un amour de la vie, juste pour pousser chacun et chacune au fond de lui-même et d’elle-même et aller chercher qui nous sommes, pourquoi nous sommes et où nous voulons aller.
Ne plus avoir peur de penser si cette pensée est en adéquation avec l’humain.
Ne plus s’empêcher d’exprimer un sentiment si ce sentiment est accompagné de respect et de sincérité.
Ne plus se censurer parce qu’une idée a été détournée de sa réalité.
Rester soi-même n’empêche pas de respecter l’autre.
Rester soi-même n’empêche pas d’accepter l’autre.
Rester soi-même empêche au demeurant de sombrer dans une forme de soumission.
Rester soi-même évite l’obscurantisme, le vrai, pas celui que l’on voudrait nous faire assimiler.
Redevenir soi-même, plein de respect, d’empathie et d’envie d’être,
penser autrement, agir sainement,
voilà qui fera du mur qui noirci et bouche notre vision
un avenir coloré, harmonieux et plein d’espoir.

Jean-Michel, novembre 2020

 


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