Aujourd’hui au tribunal : Carrefour, le vigile et le ministère de l’immigration

par HugoV
mercredi 24 juin 2009

Il avait porté plainte pour diffamation et injure à caractère racial contre un haut fonctionnaire du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Il se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés, poursuivi par les hypermarchés Carrefour qui l’accusent de leur avoir fait du tort.

Rappel des faits :
Le 26 avril 20008, sur demande d’une caissière, l’agent de sécurité du Carrefour de Val-de-Marne- doit vérifier l’identité d’un client souhaitant payer par chèque.
C’est à ce moment que le contrôle de routine aurait dérapé : « Monsieur, vous n’avez pas le droit de toucher mes papiers, sale noir, je vous connais, vous êtes sans papiers (...). Vous ne savez pas qui je suis, vous pouvez faire une croix sur votre carrière. » Le client, qui se serait prévalu de sa fonction, n’est autre qu’un collaborateur du secrétaire général du ministère de l’immigration. Il s’appelle Gautier Béranger.



"Choqué",
l’agent de sécurité porte plainte le jour même, malgré la volonté du directeur du magasin d’étouffer l’affaire (selon l’avocat du plaignant) : après avoir demandé des excuses auprès du haut fonctionnaire, puis tenté de convaincre l’agent de sécurité de retirer sa plainte, la direction du Carrefour va fournir à l’accusé des témoignages le disculpant. Le plaignant quant à lui verra son planning de travail quasiment vide, jusqu’à la parution d’un article dans le Canard enchaîné.

Les plaintes de SOS Racisme :
Alerté, SOS Racisme va porter plainte contre X pour subordination de témoins. Les deux plaintes vont être classées sans suite par décision du parquet de Créteil. De son coté, le plaignant père de famille va perdre son emploi.

 

Les poursuites judiciaires de Carrefour contre le vigile :
Suite à une interview donné dans un magasine, le vigile va être poursuivi en justice pour diffamation par Carrefour. Les propos incriminés : "Carrefour fait pression sur les salariés pour que personne ne témoigne". Carrefour demande donc 100 000 euros de D&I, en plus du remboursement des frais de justice (7000 euros).

 
Outre le montant de la somme demandée au regard des ressources de l’accusé, il est étrange que Carrefour ne poursuive pas également SOS Racisme. "Carrefour s’en prend à un salarié isolé, qui n’est pas lié à l’entreprise, et qui, à ce titre, ne risque pas d’être défendu par les organisations syndicales, voire d’attaquer devant les prud’hommes." (avocat du vigile).
L’audience a lieu ce mercredi 24 juin au TGI de Nanterre. Affaire à suivre.


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