Banlieues : « dites »33 !"
par Voris : compte fermé
vendredi 8 février 2008
Les banlieues sont de plus en plus malades et le plan Marshall promis pour les soigner s’est réduite à peau de chagrin sous la forme de 33 propositions. On s’y attendait, la ministre du Logement avait déclaré qu’elle ne croyait pas au plan banlieue.
Le peu d’ambition du plan banlieues a été évoqué récemment dans l’article "Banlieues : plan Marshall ou plan shérif ?"
Ce vendredi 8 février à 11 heures, le président Sarkozy doit annoncer son plan "Espoir banlieue", une de ses principales promesses de campagne. Une cérémonie en très grande pompe se tiendra à l’Elysée, devant un millier de personnes. Mais beaucoup ne voient là qu’un show médiatique du "candidat" Sarkozy en cette approche des élections municipales.
Le site Mediapart s’est procuré le document de travail intitulé "Espoir Banlieues, une dynamique pour la France", qui détaille ces mesures. Il s’agit d’un ensemble de 33 propositions sous forme de fiches. Mais rien d’innovant déclare Mediapart, uniquement l’extension et le renforcement des dispositifs existants. Pourquoi pas ? Mais ces dépenses nouvelles annoncées ne sont pas financées ! Comme le rappelle également Mediapart, les Missions locales peinent depuis toujours dans la concrétisation des parcours d’insertion et aujourd’hui Sarkozy voudrait présenter tout cela comme son oeuvre, comme un projet révolutionnaire.
Le journal Le Monde a repris l’information en citant Mediapart, dont la réputation croît décidément très vite sur internet et dans la presse écrite.
La secrétaire d’Etat à la ville, Fadela Amara, a indiqué que son plan sera concentré sur une centaine de quartiers "les plus difficiles", avec trois priorités : insertion par le travail, lutte contre l’échec scolaire, désenclavement. Elle a annoncé la création de 45 000 emplois en trois ans et un financement d’un milliard d’euros, indications aussitôt démenties par la ministre du Travail.
Le dispositif « parcours sécurisés d’insertion » doit être étendu et renforcé. 10 000 jeunes issus des quartiers en difficulté se verraient proposer un contrat de deux ans avec, à la clé, un revenu de 2 800 euros pour financer des dépenses liées à un projet professionnel élaboré avec l’aide d’un conseiller. On reparle aussi du guichet unique, de l’aide à la création d’entreprise et de la clause d’insertion dans les marchés publics sont à nouveau mis en avant. Autre proposition : jumeler des quartiers et des entreprises du CAC 40.
Le plan prévoit de sensibiliser les commissariats aux discriminations. Le développement du renseignement de voisinage aura pour but de réprimer la délinquance locale, tout en affichant une proximité avec les habitants du quartier. Ce n’est donc pas la "police de proximité" version socialiste.
Un plan transport parie sur le désenclavement, mais il est peu ambitieux sur la couverture des besoins réels constatés.
La présentation très médiatique du plan prévue pour ce vendredi 8 février est destinée à faire du bruit et à regagner la confiance de électeurs tout en permettant à Sarkozy un "come-back" après sa chute dans les sondages. Même les responsables de la politique urbaine proches du ministère n’y croient guère. L’un d’eux s’exprime dans l’anonymat, auprès du quotidien Le Monde : "C’est du saupoudrage, on améliore un peu ce qui existe déjà mais c’est tout. Ce n’est pas un plan".