Bienvenue Gataca

par Geneste
mardi 15 janvier 2013

La manifestation pour tous venant de se dérouler et moult arguments en faveur ou contre le mariage pour tous ayant été donnés, il me semble qu’un argument majeur n’a pas été abordé. Si l’on veut bien me faire crédit d’être un scientifique, à la fois de formation et de profession, c’est par ce biais-là que je voudrais aborder un argument en défaveur de la PMA.

Hitler avait inscrit l’eugénisme dans la normalité allemande des années 30. Cela fut et est encore largement dénoncé. Néanmoins, la PMA pour raisons médicales permet l’eugénisme et les demandes de parents en ce sens dans le tri des ovules fécondés, ne font qu’augmenter. Parallèlement, le diagnostic prénatal, de plus en plus performant, permet lui aussi l’eugénisme avec une demande croissante en ce sens. Néanmoins, dans ces deux cas, il reste une barrière psychologique importante pour les parents qui ont vocation à transmettre leurs gènes. L’eugénisme, dans ces deux cas, ne consiste qu’en un tri, comme nous l’avons dit plus haut.

La PMA pour les homosexuels, elle, n’offre pas cette barrière psychologique. En effet, aujourd’hui, clairement, il faut un gamète exogène au couple homosexuel pour obtenir un enfant. Dans de telles conditions, le caractère quelque peu sacré, si l’on peut dire, de l’embryon, descend de 50% au moins pour l’un des deux potentiels « parents ». Les critères de tri, qui constituent déjà de l’eugénisme, vont donc potentiellement changer et être renforcés de ce fait même.

Mais allons plus loin et projetons-nous dans un futur proche qui est déjà possible techniquement. Plaçons-nous dans un cas particulier à titre d’exemple de ce qui pourrait alors arriver. Il est légitime, pour un couple homosexuel uni, de vouloir assurer une égalité au sein du couple. Il est aussi légitime de vouloir avoir « le droit » de fusionner comme un couple hétérosexuel qui le fait naturellement. On peut donc anticiper une demande de manipulations génétiques comme suit. Prélever des gamètes des deux parents homosexuels, les fusionner en n’implantant qu’un chromosome exogène au couple, le X ou le Y selon le cas.

Une recherche à faire ensuite pour franchir une étape supplémentaire va donc être de savoir comment traiter un chromosome X ou Y pour le transformer dans le chromosome de sexe opposé de façon à assurer la fusion la plus totale possible, au nom, par exemple, de l’égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels.

Il est clair que tout cela va impliquer de gros progrès en génétique et biologie moléculaire et que les laboratoires trouveront, à n’en pas douter, les fonds pour faire ces recherches. Or, ces dernières, si elles aboutissent aux résultats que nous venons d’anticiper, permettront de bien plus grandes prouesses encore. Tel couple, homosexuel ou non, voudra avoir pour enfant un athlète de niveau olympique, on lui greffera donc des gènes de félin, tel autre voudra telle autre qualité, utile dans une société basée sur le seul argent, et on lui greffera tel ou tel gène animal ou végétal. L’être humain va donc s’abâtardir, car plus il aura de part exogène en lui, plus il sera traité, à raison, comme un animal ou une plante. On en arrivera alors au paradoxe suivant : des personnes avec des capacités exceptionnelles et « inhumaines » et qui seront de plus en plus considérées comme des sous-hommes.

Voilà un danger qui n’a pas été pointé du doigt, qui semblera peut-être à certains de la science-fiction, mais qui pourtant est à porté de main dans un contexte où l’eugénisme, sous bien des formes, se généralise dans notre société (eugénisme social, eugénisme ethnique, etc.)


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