Ceux venus d’ailleurs...

par CHALOT
lundi 18 juillet 2011

Ces concitoyens venus d'ailleurs !

Aujourd'hui ceux venus d'ailleurs sont noirs, arabes, asiatiques ou kabyles...Ils s'installent, cherchent du travail et vivent à la fois comme dans leur pays et surtout comme les français dit de souche...Qui est vraiment de souche ? Beaucoup d'entre nous sommes des descendants d'immigrés.

Ils finissent pour la plupart à s'intégrer et c'est ainsi que se construit et s'enfle dame France...

Quelques nostalgiques de la France blanche et catholique s'indignent et s'indigneront qu'un tel brassage puisse exister...Laissons les à leur xénophobie...Parfois la vie leur joue un bon tour : c'est un fils qui épouse une belle africaine et des splendides petits enfants qui surviennent...Tout change très vite...Le racisme n'est souvent qu' un vernis

« Rue de la Côte-Chaude »

roman de Philippe Lemaire

Editions Calmann-Lévy

mai 2011

279 pages


 

Un mineur venu d'ailleurs...

Waldeck, jeune polonais débarque au pays des gueules noires, dans ce pays stéphanois qui s'installe dans la crise du début des années 30 .

Il est et reste pour quelques temps l'étranger, celui qui vient « manger notre pain »...Toujours cette même histoire, cette même inquiétude qui prend des proportions inouïes en période où le chômage s'étend.

Embauché comme boutefeu, il finit par être accepté par ses compagnons d'infortune : dans la mine, l'épuisement au travail et les dangers fréquents forgent une solidarité et une amitié qui brisent tous les verrous de l'incompréhension et de la bêtise.

Tous les mineurs tiennent à leur mine, même si au bout c'est l'accident qui les attend ou la silicose et la mort au moment de la retraite ou juste après...

Ce n'est pas un hasard si toutes les fosses sont dotées d'un nom affectueux : la Rosalie, la Joséphine, la Marie-Lou.

Cet attachement à la mine, il est « comparable à celui d'un chien que son maître bat mais qui ne s'en précipite pas moins pour lui faire la fête à son retour. »

L'auteur nous dépeint une micro société où les hommes travaillent, vivent et meurent sans connaître la solitude ou l'isolement...La solidarité de classe, ce n'est pas une légende mais une réalité sociale et humaine qui permet à tous et à toutes de garder la tête haute et de faire face, ensemble.

La menace est là, les patrons vont dégraisser et si le syndicat veille et combat en cette période qui annonce l'espoir du Front Populaire, les jours de travail sont comptés pour beaucoup :

Sur les livres de comptes, « les mineurs n'étaient que de petits chiffres noirs comme les autres ! Sacrifier les hommes pour sauver les dividendes, la rengaine était connue. »

Le petit mineur polonais pourra t-il trouver le bonheur et la paix ou sera t-il rattrapé par le passé...

Le Front Populaire est là avec l'espoir pour les mineurs et les autres travailleurs mais l'inquiétude existe quant à l'avenir...

Jean-François Chalot


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