Concours Lépine du tribalisme : jusqu’où irons-nous ?
par Sébastien Ticavet
mercredi 10 décembre 2008
Où l’obamania nous mènera-t-elle ?
Après une élection des miss France très idéologique, toute à la gloire du métissage, voilà qu’au sein-même de l’UMP, on s’agite pour "la diversité", et la "concrétisation d’une France métissée".
Au menu du programme du "Cercle de la diversité républicaine", une instance de l’UMP, que du gratiné :
* Assurer la présence des minorités dans les cinq premières places des listes départementales des prochaines élections régionales ;
* Conditionner l’attribution de marchés publics à une représentation des minorités dans les conseils d’administration des entreprises publiques (là on tombe dans le n’importe quoi délirant) ;
* Généraliser les "voies parallèles d’entrée" par concours ;
* Créer un "ministère de la diversité", doté d’un budget propre et d’une administration ;
* Et, bien sûr, l’inévitable "grenelle de la diversité"...
Ces propositions sont, en France, pleinement dans l’air du temps.
Depuis l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis, et même si celui-ci s’est prononcé pendant sa campagne contre des mesures de discrimination ethniques, tout ce que la France compte de "modernistes" auto-proclamés, au PS, à l’UMP et ailleurs, se livrent à un véritable concours Lépine du plus "ethniquement-correct"...Jusqu’au président Sarkozy qui s’est récemment prononcé en faveur de la discrimination positive.
Ce brassement d’air et d’idées éculées, voire franchement ridicules, est une arnaque dangereuse qu’il faut vigoureusement dénoncer :
1. En premier lieu, vous remarquerez que la diversité se résume toujours à la diversité de couleurs et d’ethnies. Vous ne trouverez plus personne pour vous parler de diversité sociale, ou pour s’offusquer de la disparition des fils d’ouvriers et d’employés des bancs des grandes écoles.
Même les aspirant-miss France ont valorisé samedi soir sur TF1 leur "métissage", sans jamais s’attarder sur leurs origines sociales.
Nous n’hésitons pas à l’écrire : plus on nous parlera de quotas ethniques, de "France métissée" et de discrimination positive, moins on s’attaquera aux vrais problèmes que constituent la ségrégation sociale et l’homogénéité idéologique et sociale des élites.
On lancera un leurre pour enfumer et éviter de s’attaquer aux racines du mal, en profondeur.
Le probable remplacement de Rachida Dati en janvier prochain au ministère de la Justice par Fatine Layt illustre parfaitement cette dérive.
La "diversité" au sens de nos ethno-maniaques sera préservée, puisqu’une beurette remplacera une beurette. D’une point de vue social, ce serait une catastrophe.
Quelle tromperie en effet, que de vendre à l’opinion la nomination de la fille du président de Royal Air Maroc, multimillonnaire et directrice générale de Sygma Presse par relation dès l’âge de 28 ans, comme un acte de diversification du recrutement des élites !
2. Les fanatiques de la "diversité" sont par ailleurs les pires destructeurs du lien social.
Ils ne voient pas des Français, mais des blancs (la "majorité invisible" ?), des noirs, des beurs, et des jaunes. Ils ne voient pas plus des ouvriers, des employés, des fonctionnaires, des patrons, des bourgeois, des professions libérales, mais des concentrations différentes de mélanine dans l’épiderme. A leurs yeux, un noir est un noir, et l’analyse s’arrête là. Au mépris de tout ce que nous a appris la sociologie et la philosophie politique, ils versent dans la simplification trompeuse.
De façon paradoxale, ces fanatiques très souvent autoproclamés champions de l’antiracisme réduisent le citoyen à sa..."race", l’enferment dans une identité prédéterminée. Ils sont les premiers à s’offusquer de l’emploi du mot "race" (cf la pitoyable affaire Zemmour, où nos petits terroristes de la pensée unique ont encore fait fort), tout en préconisant des mesures d’exception pour ce qu’ils nomment pudiquement les "minorités visibles", selon des critères "ethniques", ceux de la "diversité"...Belle hypocrisie.
On pensait que les Lumières et la Révolution française nous avaient extirpés de cet obscurantisme tribal.
Et bien nous nous étions trompés.
Le progrès social, la réduction des inégalités et la remise en marche de l’ascenseur social devraient être le pivot de toutes nos politiques.
Ce n’est pas le cas. Ces problèmes de fond sont relayés à l’arrière-plan, au profit des gadgets, des leurres et de la démagogie trompeuse.
Les communautaristes ethnicistes ont pris le pouvoir. Ils profitent de l’incapacité d’un Système en faillitte à s’attaquer à la question sociale depuis 25 ans pour imposer leur idéologie nauséabonde.
Nous avons l’impérieux devoir de leur répondre et de proposer un autre projet de société, qui passera inévitablement par une rupture avec les choix économiques et sociaux d’un Système sur lequel prospèrent les fanatiques du tribalisme.
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