Créativité dans l’éducation

par marina gruslin
mardi 8 décembre 2009

On a bien du mal dans le système sclérosé qu’est le système éducatif, à revendiquer des espaces de liberté et de démocratie pour que s’expriment enfin la créativité ou les innovations souhaitées. Dans les rencontres européennes, on prône Edgar Morin et ses savoirs essentiels pour demain mais sur le terrain, les enseignants ont bien du mal à maintenir quelques savoirs essentiels d’hier.
 
Violences, manque de valeur et de respect de l’école sont là et les apprentissages on-line individualisés mais privatisés remplacent déjà pour beaucoup d’enfants, les apprentissages publics et collectifs. Chacun s’accorde pour développer de l’éducation à l’environnement, à la santé, à la citoyenneté, au développement durable, au climat, sans placer ces nouveaux besoins dans des tiroirs disciplinaires, Peu de neuf, on parle de transversalité, d’interdisciplinaire et d’éducation globale depuis longtemps mais concrètement sur le terrain, peu de temps et peu de moyens disponibles pour ce type de pédagogie, pour vivre des projets, pour actualiser les didactiques. La dynamique créative dans les écoles est pourtant moteur pour les enseignants motivés. Elle donne sens à leur métier et du sens aux apprentissages qu’ils mettent en place. On a vu apparaître des associations ayant constaté les lacunes de nos écoles et proposant des services privés (souvent payant) pour prendre en charge le sport à l’école, la musique à l’école, la nature à l’école, les sciences à l’école.... Comme si l’école, n’était plus capable d’assumer elle même ces apprentissages là...
 
Dans le même temps on réforme les formations initiales des enseignants en les chargeant de cours théoriques universitaires peu concrets, à 20000 lieues des besoins du terrain, et on constate la fuite de ces jeunes enseignants qui une fois dans la vie professionnelle et en situation réelle, s’adaptent mal aux difficultés des classes. L’école et la formation d’enseignants doit se transformer, il y a un urgent besoin d’évolution. L’avenir serait d’intégrer une dimension de créativité, de liberté et d’éthique dans les équipes pédagogiques qui doivent actualiser leurs pratiques et vulgariser un monde de plus en plus complexe et incertain. De nombreux acteurs de l’éducation globale ont le désir d’agir dans leur environnement local, dans divers contextes sociaux, même avec leurs petits moyens.
 
L’utopie d’un changement de monde, ils la portent dans leurs projets, leurs actes, leurs mots, leurs poésies, leurs interactions, leurs déceptions parfois. Ils restent persuadés du nord au sud et même au plus profond de l’Afrique rurale que leur motivation fera l’évolution de cette éducation nécessaire pour l’avenir. Ils ne rêvent pas, écrivent peu, ils agissent au quotidien… Les politiques devraient savoir qu’ils existent ces acteurs, qui éveillent les consciences de la jeunesse vers des questionnements, vers des comportements environnementaux, vers la compréhension des enjeux globaux ou les valeurs de coopération… Le temps est venu de les soutenir et de soutenir l’école publique accessible à tous (elle se meurt faute de moyens pas faute de motivation).

Marina Gruslin, enseignante
 

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