Enquête Pisa, la vraie raison

par C’est Nabum
jeudi 5 décembre 2013

Ah Monsieur Peillon, si vous étiez un peu honnête ...

Le fond du gouffre est pour bientôt.

L'école française reine des inégalités ! Terrible constat, fruit incontestable d'une politique volontariste de protection des élites et de sacrifice du plus grand nombre ! Il n'est qu'à voir où sont scolarisés les enfants de nos décideurs pour apprécier l'hypocrisie qui est la leur.

L'enseignement est en déshérence, en désespérance même ! Une enquête internationale vient attester de la triste réalité. Soudainement, on s'étonne, on s'inquiète, on s'indigne ! La première réaction des responsables de l'heure, c'est de pointer du doigt la faute des prédécesseurs. Voilà une manière bien française de régler le problème ! De majorité en majorité, la rengaine de l'héritage s'accommode à toutes les sauces.

Il est assez curieux en cette occasion, d'observer que nos chères élites ne raisonnent pas différemment de nos têtes blondes, brunes ou teintées. Le déni de l'erreur, le rejet toujours plus systématique de la faute sur l'autre, sur le professeur, le voisin ou la malchance… Ne jamais reconnaître que l'on peut se tromper afin de mettre tout en œuvre pour analyser et ainsi corriger la faute, est la marque de cette société de l'irresponsabilité.

Puis les experts prennent la parole. Il va alors être question de méthodes pédagogiques, science parfaitement ignorée dans cette belle maison qu'est notre Éducation Nationale. Puis, les mêmes vont vous servir le brouet de la formation, initiale ou continue, pour ces enseignants qu'on abandonne en pleine jungle, sans arme ni bagage !

D'autres spécialistes vont surgir. Il évoqueront la mixité sociale, les ghettos scolaires, la désespérance des exclus, le chômage chronique et les valeurs de la République. Les belles paroles que voilà, les belles idées qui ne changeront rien à la réalité quotidienne que vivent les maîtres et les professeurs dans ce pays !

Car, pour être efficace dans ce métier, quelle que soit la méthode, il faut être en mesure d'enseigner, de rentrer dans les apprentissages, de pouvoir travailler, proposer des exercices, les corriger vraiment de manière utile, d'offrir un espace à la parole de l'élève en favorisant son écoute. Dans nos classes en ébullition, hélas, il n'est désormais plus permis de répondre à toutes ces attentes, légitimes, ô combien !

L'enseignant français en grande majorité, n'est plus un pédagogue mais un garde-enfant. Il fait de la discipline à longueur de journée, obligé qu'il est de maintenir un minimum de paix dans une zone de grande turbulence. Quand il en a fini avec cette tâche si peu exaltante, il doit remplir des fiches, des dossiers, des enquêtes, des grilles relatant un travail qu'il n'a pas pu mener à son terme.

Non content d'avoir perdu son temps à ces simagrées administratives, il devra encore affronter la redoutable épreuve des parents. La pire de toutes ! Celle qui explique le désordre actuel, l'impossibilité de remplir la mission qui fit la gloire de nos anciens, hussards noirs d'une République alors porteuse de valeurs communes et incontestables.

En combien de catégories peut-on ranger les géniteurs et génitrices ? La première est composée de ceux qui, pour d'innombrables raisons, se sentent supérieurs à l'enseignant et de ce fait, se croient habilités à contrôler, juger, critiquer tout ce qu'il peut faire. Au moindre problème, ce sont des plaintes auprès de la direction, des courriers à l'inspection ou au rectorat, des visites tonitruantes. L'enfant, leur si cher enfant, a toujours raison et le pauvre professeur, toujours tort. Dans les beaux quartiers, ceux-là font du travail professoral, un enfer.

Font partie de la deuxième catégorie, ceux que l'on ne voit jamais au collège car ils ont abandonné la partie, incapables qu'ils se disent, d'imposer leur volonté à des enfants dans la toute puissance. La rupture est consommée ; il est impossible d'obtenir leur aide ou du moins d'avoir leur confiance. Ils se refusent le droit ou le pouvoir de modifier le comportement de leur redoutable enfant.

Prise entre ces deux feux, une majorité de parents, troisième catégorie, subit et constate les dégâts ainsi que l'impuissance d'une école incapable de maintenir l'ordre et de se faire entendre. La tyrannie de l'enfant roi, qu'il soit issu des milieux trop favorisés ou défavorisés est la cause première de ce cataclysme scolaire. Il y a dans chaque classe, au moins, un représentant de ces petits terroristes du quotidien qui, en toute impunité, imposent leur loi, leur désordre, leur refus de travailler en entravant le travail des adultes, impuissants …

La société française a fermé les yeux sur cette dérive redoutable. À vouloir toujours plus de liberté, toujours plus de droits, toujours plus de recours, l'enfant est devenu le maître du jeu. Il se permet de juger, de réfuter, de se conduire de manière insolente, de jurer, de refuser le travail. Il est libre de ne rien faire et en use et en abuse. L'école n'est plus un lieu paisible, ce ne sont qu'incessantes récriminations et violences, refus et insultes permanents , bagarres et bruits perpétuels....

Alors, tant que nous ferons cours dans des pétaudières, il est évident que les résultats ne seront pas fameux. Surtout naturellement dans les lieux où se concentrent tous les dysfonctionnements. Mais qui osera avancer cette parole de vérité quand on doit taire les problèmes, quand il faut diminuer les sanctions pour ne pas briser la loi de l'hypocrisie ambiante ?

L'enquête PISA n'est que le reflet de cet abandon des adultes devant la tyrannie de la jeunesse. Sans règle, sans discipline, sans silence durant les cours, sans travail, sans contrainte, sans obligation, sans punition ni sanction, l'enseignement hélas, n'est pas possible. Il faudra d'abord effectuer cette révolution avant que d'envisager des méthodes plus responsables, plus autonomes, plus efficaces aussi. Osons ce premier pas ou acceptons de voir disparaître l'Éducation Nationale !

Franchement vôtre


Lire l'article complet, et les commentaires