État d’Outrance

par C’est Nabum
vendredi 17 juin 2016

La déliquescence d’une société sans idéaux !

La période récente a multiplié les images outrancières, les réactions excessives, honteuses, déplacées. Les rues de nos grandes villes sont devenues le dépotoir de la barbarie ordinaire, de la violence extraordinaire et de la bestialité absolue. Tout est réuni pour donner une image calamiteuse d’une nation qui n’a plus aucun idéal, aucune ligne de conduite, aucune pensée commune dans une planète qui emboîte joyeusement le pas. Le phare de la pensée des lumières est devenue le catadioptre des temps obscurs.

Il faut bien admettre que la présidence actuelle ne fait que prolonger et amplifier le phénomène après les outrances de la précédente. Quand les garants de la démocratie sont à ce point dénués de vision, qu’ils se vautrent dans la médiocrité et la vulgarité, qu’ils sont incapables de prendre des postures de dignité, le reste ne peut qu’aller à vau-l’eau.

Tout se met au diapason de la disharmonie sociale. Les hordes avinées de supporters furieux, les casseurs sans âme, les monstres d’un Dieu sans foi, les grévistes indécents, le bras séculier d’un état injuste, les médias du caniveau, le matraquage des cerveaux ; la liste serait longue de cette grande orchestration du foutoir national. C’est à hurler de rage et pourtant rien ne change et les mêmes guignols sont sur la ligne de départ pour continuer le cirque.

Il n’est rien à attendre, tant que l’argent est l’unique valeur de cette société, qu’on y autorise des inégalités abyssales, qu’on admire les tricheurs, les menteurs, les fraudeurs, qu’on fustige l’esprit civique, qu’on se prosterne devant des abrutis en culotte courte, qu’on instrumentalise la compétition sportive la plus dégradante qui soit.

Le football est le paradigme d’une société en décrépitude où la tricherie, la violence, la vulgarité, les combines, les magouilles, le fric sont les moteurs essentiels. C’est ainsi que l’on compte éduquer la jeunesse, que l’on souhaite redorer l’image d’un pays sans dessein collectif, sans ambition généreuse. Le résultat est à la hauteur de l’erreur colossale. Pire même, ils ferment les écoles à Lens un jour de match par mesure de sécurité. Les enfants constitueraient-ils un danger pour les footballeurs et leurs monstrueux supporters On ne peut parier sur le diable pour élever le débat …

Les pauvres décideurs sont totalement débordés par les monstres qu’ils ont fabriqués. Dans les banlieue, le fric est devenue la seule religion reconnue de tous. Tout est bon pour imiter les petites frappes qui sont adulées sur les écrans : rappeurs, vedettes, sportifs, autant d’individus sans idéaux ni culture. Leurs modèles sont sortis du caniveau …

Ça n’est pas mieux au sommet de l’État où, nécessairement, ce sont les pires qui émergent. Tueurs, menteurs, truqueurs, tricheurs ; les têtes d’affiche de la politique traînent casseroles et affaires, coups tordus et privilèges honteux sans que rien jamais ne vienne mettre un terme à cette farce. Ils disposent d’une position à vie et les casseurs ont très bien compris qu’ils ont sous les yeux de parfaits modèles à suivre : ils se servent sans état d’âme en cassant tous les codes sociaux.

Le monde des affaires, le capitalisme sauvage et triomphant sont dans le même registre. Plus de respect du travail, plus de considération pour les humains, saccage organisé de la nature, vénération absolue du fric ; la violence symbolique d’une idéologie inhumaine est telle que, nécessairement, émergent des loups dans les rangs des victimes de ce rouleau compresseur. La mondialisation n’est rien que la volonté de retourner à la barbarie économique la plus absolue en remettant au goût du jour esclavage et servage.

Alors, ne vous étonnez pas que les soubresauts actuels soient annonciateurs de désordres plus grands encore. Le désespoir, l’inculture, l’injustice, l’absence de perspectives sont les moteurs de tous les travers de l’heure. Les monstres qui sèment la haine, la peur et le désordre sont les produits d’une société qui a perdu le sens du collectif et des valeurs.

Les médias se vautrent dans les louanges d’un système aberrant. Aucun micro ne devrait se tendre vers les petits frappes sur les pelouses, les abrutis du monde du spectacle, les menteurs patentés de la politique, les quidams excédés qui ne prennent aucune distance pour exprimer leur désarroi. Ce sont vers les philosophes et les penseurs que devraient se tourner ceux qui sont en charge de faire l’opinion. À se vautrer sans cesse dans la fange, on finit par la récolter. C’est le cas pour ce printemps de la honte ; jamais époque n’a été aussi pourrie. Le temps des cerises est passé de saison.

Outrancièrement vôtre.


Lire l'article complet, et les commentaires