Etre Franšais et venir d’Ailleurs

par Philippe D
jeudi 5 novembre 2009

Cette piste de réflexion m’était venue il y a déjà quelque temps, avant le bruit médiatique actuel autour de l’initiative d’Eric Besson, et à la lecture de certains intervenants habituels d’Agoravox qui faisaient état, au détour d’un commentaire, d’une part d’origine étrangère.

L’actualité récente m’avait d’ailleurs dissuadé, dans un premier temps, de poursuivre dans cette idée. Mais à la réflexion, étudier le problème posé par cet angle pourrait être une facette importante à ajouter aux interrogations multiples que ce débat soulève.

Il m’avait semblé qu’il pourrait être très intéressant d’interroger les commentateurs d’Avox, concernés d’une façon ou d’une autre, et d’obtenir leurs témoignages, forcément très variés, sur les sentiments qu’ils ont à l’idée d’être Français.
Qu’ils le soient officiellement ou non d’ailleurs.

C’est quoi être français ?

Peut-on se sentir totalement français lorsque l’on a une part de soi qui vient d’ailleurs ?

Se sentir français, en totalité ou en partie, qu’est-ce que cela veut dire ?


Avoir ¼ ou ½ ou plus, ou moins, de sang italien, ou bulgare, ou malien…
Qu’est-ce que cela change dans la perception de se sentir Français ?
Se sentirait-on alors plus Français parce que d’une certaine façon on l’a choisi, ou moins Français parce que la différence est devenue un fossé avec les « autochtones » ?


Il y a cette langue commune que nous parlons, qui est aussi le vecteur d’une culture, d’une histoire, d’une forme de raisonnement typiquement française, ou pas finalement.
Cette langue qui peut être maternelle ou apprise plus tardivement, change-t-elle d’une certaine façon la vision ou la pensée ? Pas la langue à elle seule bien sûr mais aussi les auteurs, les penseurs ou philosophes, les artistes, qui se sont exprimés avec cet outil, qui ont forgé des mots, des expressions, des formes de pensée …


Et les travers ou qualités très spécifiques et universellement reconnus aux Français ? Par exemple cet esprit frondeur et râleur.
Sont-ils purement génétiques ou bien ne serait-ce pas une sorte de maladie contagieuse que l’on peut, que l’on risque d’attraper au contact des Français ou en devenant soi-même Français ?


Se sentir Français est-ce forcément avoir une carte d’identité française ?

Etre Belge, ou Suisse francophone, Québécois, Marocain, Tunisien, Algérien…
Est-ce aussi se sentir un peu Français ?


Je me souviens d’une émission Radio de Bernard Pivot, « Double Je » le dimanche soir sur France Inter. J’en avais écouté certaines. J’avais trouvé les témoignages recueillis fort intéressants. Pivot faisait parler des personnalités d’origines très variées, de professions différentes, qui vivaient en France ou qui s’exprimaient en Français, et qui toutes avaient du sang étranger.

L’approche était souvent positive, comme si la fierté d’être Français, ou seulement de savoir s’exprimer en français était plus manifeste chez ces personnes que chez nombre de nos concitoyens.

Se sentir français de cœur, choisir de devenir français, en être fier (et à quel degré ?), avoir le sentiment de partager des valeurs communes, un choix de vie différent, une qualité de vie ou une sécurité, c’est bien différent que de l’être naturellement, sans aucun choix possible.


Une personne de ma famille, férue de généalogie, n’a découvert aucune goutte de sang étranger dans mes veines. Des origines géographiques différentes, très localisées, mais (malheureusement ?) toujours exclusivement hexagonales.
C’est sûrement parce que je ne peux pas répondre aux questions que je me pose que je vous les soumets ainsi.


Vous l’aurez compris, cet article est avant tout une demande de témoignages, un début de questionnement qui pourrait se poursuivre par les interventions que vous trouveriez le temps de déposer dessous. Une sorte de tribune libre, ouverte à chacun de ceux qui se sentent concernés, quel que soit leur arbre généalogique, et qui acceptent de livrer, avec leurs réflexions, une part de leur histoire personnelle, ou de membres de leur famille, ou de celle d’amis proches.


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