Faut-il nationaliser les associations du secteur médico-social ?

par CHALOT
lundi 9 juillet 2012

Quand j'étais instituteur je ne regardais jamais au début de l'année les appréciations que portait le collègue qui avait eu tel élève l'année précédente... Je voulais donner une chance à l'écolier afin qu'il parte sur de nouvelles bases.

Aujourd'hui, je me refuse d'aller chercher le positionnement politique de tel professeur quand je donne mon avis sur son positionnement.

Je réagis à l'article de Juilen Damon parce que le sujet qu'il aborde me préoccupe et je livre là un positionnement que je soumets à la discussion...

Que du débat jaillisse un peu de lumière !

Les Actualités Sociales Hebdomadaires N° 2757 donnent la parole à Julien Damon, professeur à Sciences Po à propos de l'avenir de certaines associations.

L'éminent professeur propose que les associations du médico-social qui dépendent essentiellement de la puissance publique soient « nationalisées »

N'ayant pas l'habitude de caricaturer une position, je vais reprendre l'argumentation développée pour donner mon avis :

« Pour provoquer, on soutiendra ici une proposition de réforme structurelle : l’intégration de ces associations à la sphère publique, par nationalisation, départementalisation ou municipalisation. L’idée est simple : il pourrait être moins coûteux et plus performant d’intégrer aux logiques et fonctions publiques les moyens affectés à un secteur associatif qui apparaît, c’est selon, démembrement ou délégation du service public. Une telle proposition aurait, au moins, l’avantage de ne plus conduire certains organes et responsables associatifs à la schizophrénie, avec dans une main une sébile à subventions et dans l’autre un cocktail Molotov de contestations. »

Ces associations dépendent effectivement des politiques publiques et aussi des financements publics, certes, quant à la schizophrénie, c'est une simple vue de l'esprit, cela fait bien longtemps que ces associations ne descendent plus dans la rue, elles sont institutionnalisées et des directions arrivent à se comporter comme des patrons de combat.

Ce sont les salariés qui descendent dans la rue comme ceux de Seine et Marne qui se sont rassemblés en délégation le 26 mai 2012 devant le Conseil Général, principal financeur, pour exiger :

Si à l'origine des militants ont constitué des associations reposant sur l'action de bénévoles et la qualification de professionnels qualifiés, la donne a largement changé.

Les « bénévoles » sont cantonnés à la présence dans les conseils d'administration, leur nombre étant souvent inférieur à celui des élus ou des personnes qualifiées...

Elles sont nombreuses ces entreprises du milieu médico-social qui annoncent 150 salariés et 10 bénévoles !

Des « associations » clés en mains sont créées par des communautés de communes ou des conseils généraux, il suffit de construire des statuts et de trouver des administrateurs !

Oui ! La question de la pertinence du statut associatif de ces structures du secteur médico-social se pose.

Les salariés, devenant des agents d'un service public auraient peut-être tout à gagner en garanties statutaires et le secteur pourrait passer d'une logique comptable et de marché à une logique totalement sociale et solidaire.

Cette évolution, à discuter ne doit pas conduire à tout nationaliser : de réelles associations militantes subsistent, elles doivent pouvoir se maintenir et se développer, d'autres de création plus récente ou totalement intégrées avec des financements publics importants pourraient voir leur projet se réaliser plus facilement et dans la transparence dans le cadre du service public.

Jean-François Chalot


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