Féminisme en France

par HINLE
mardi 26 avril 2011

Ce n'est pas la révolution française qui a fait évoluer le statut de la femme dans notre société contrairement à ce que l'on aurait pu croire et espérer (les portes ne sont pas restées entr'ouvertes longtemps), non !

C'est la guerre des hommes entre eux, et plus particulièrement la seconde guerre mondiale qui nécessitait une production industrielle de masse. Les hommes partis combattre et mourir ont dû être remplacés par les femmes dans les usines pour produire les munitions, les armes. Les femmes ont aussi eu à assurer les productions agricoles, usines, commerces, hôpitaux, etc. C'est ce qui les a fait sortir de la maison, passer d'un statut de « femme objet » ou « femme utilitaire pour engendrer », couplé au rôle de « femme ménage/nettoyage/sexuellement utilisable, le tout gratuitement » (donc esclave ni plus ni moins, n'ayons pas peur des mots) à un statut utilitaire de remplacement et de soutien afin de maintenir en place le monde androcentriste (*)des alliés (c'est-à-dire les privilèges des hommes) contre l'idéologie nazi et par la suite communiste.

Le rôle de la femme dans le régime nazi n'était guère plus enviable : il était avant tout une lutte contre le manque d’enfants. Cette lutte a été engagée dès leur montée au pouvoir, par les nazis et se concentra en effet tout d’abord autour de la femme émancipée. Il fallait, à tout prix, l’éliminer de la vie publique, la forcer à réintégrer le foyer selon la vieille théorie des trois K : Küche, Kinder, Kirche (cuisine, enfants, église – Notre équivalent pétainiste : Travail, Famille, Patrie). Dans cet ordre d’idées rétrogrades, à une époque où les femmes commençaient à obtenir le droit de vote et luttaient pour l'amélioration de leur condition et la libération de l’emprise masculine, le parti national-socialiste avait publié en janvier 1921, une ordonnance par laquelle il s’engageait à exclure à jamais les femmes de toute position importante dans le domaine de la politique.



Hitler, le premier, parla de l’émancipation de la femme comme d’un symptôme contre nature semblable à la démocratie parlementaire. A en croire les dirigeants du parti, de telles pulsions témoignaient d’une frustration due à des fonctions insuffisantes des glandes sexuelles (! !!??? tristes sires), Goebbels, pour sa part, comparait la femme aux animaux. « La femme », disait-il, « a le devoir d’être belle et de faire des enfants. L’idée n’est pas aussi vulgaire et vieux-jeu qu’elle pourrait le paraître. La femelle de l’oiseau se fait belle pour son mâle et fait éclore les œufs pour lui (! !!???). L’éloignement des femmes de la vie publique, que nous avons entrepris, n’est fait, en réalité, que pour lui rendre sa dignité ». Cela démontre la profondeur de la stupidité et de l'ignorance de ces messieurs dirigeants, mais également des masses suiveuses.

Rappelez-vous, ce n'est pas si vieux (du temps de mes parents et qui sont encore de ce monde). Et rappelez-vous que tout un peuple et plus a suivi sans sourciller.

Connaissant le courage et les idées de nos gouvernants et de la majorité de nos mâles français de l'époque (pétainistes, ces bons français !), on imagine très bien ce que la condition féminine serait à l'heure actuelle si le nazisme avait pu s'imposer. Ce ne sont pas nos compatriotes masculins français qui auraient combattu pour la cause des femmes ! Nombre d'entre eux étaient très sensibles aux idées nazis et seule la peur du communisme à fait tourner la roue à cette époque.

Sinon, ils auraient été nombreux à se rallier, sans arrière-pensée, à l'extermination des juifs, des tziganes, des handicapés, et au rabaissement de la femme au niveau de l'animal : belle par son plumage, et féconde.

La France a été l'un des derniers pays européens à accorder le droit de vote aux femmes. La première élection auxquelles ont participé les femmes date du 29 avril 1945, à l'occasion de municipales. Cette élection avait été rendue possible grâce à Fernand Grenier qui représentait le Parti communiste, parti autorisé à l'Assemblée consultative provisoire d'Alger car n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain. Etonnant, non ?

 (*) androcentrisme : qui désigne l'attitude qui privilégie plus ou moins (et plutôt plus que moins) l'existence, le point de vue et la pensée de l'homme (par opposition à la femme).


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