Fermons les prisons !?

par CHALOT
mercredi 15 juin 2011

Fermons les prisons !?

Je suis opposé à toute justice expéditive, dite populaire et contre toute auto-défense qui conduit à la mise en place de milices privées...
Ce positionnement de principe, ne m'empêche pas de trouver normal que des organisateurs d'une manifestation mettent en place un service d'ordre efficace et dissuasif !
Les deux ne sont pas contradictoires car si l'auto-défense groupée conduit parfois au pire, les SO normalement doivent agir en évitant les violence en montrant sa force pour ne l'utiliser que d'une manière équilibrée.
Il faut réformer cette justice où les petits délinquants sont emmenés en prison alors que les nantis qui commettent des délits arrivent à passer entre les mailles du filet .
Ceci étant rappelé , j'ai particulièrement aimé ce nouveau livre d'Arto Paasilinna car il pose une question sérieuse même si la réponse que donnent les héros de ce livre est « caricaturale » :
Pourrait-on remplacer la prison par des peines de substitution et lesquelles ?

« Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison »
roman d'Arto Paasilinna, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
Editions Denoël et d'ailleurs
343 pages, mai 20111

Une « thérapie » par le travail forcé !

La fantaisie et l'humour sont toujours aux postes de commande chez Arto Paasilinna et ce dernier roman est une cerise sur le gâteau.


Des justiciers organisés décident de faire appliquer la loi à leur manière ...Il ne s'agit pas d'exécuter des malfrats mais de leur « offrir » un cadre social où ils puissent réparer les torts causés.
C'est ainsi qu'une femme volontaire et énergique décide de lutter en bâtissant un « centre d'éducation moral expérimental »....
Grâce à cette main d'œuvre bénévole, un domaine agricole moderne et écologique peut vivre, prospérer et servir de modèle....
Il suffit « d'embaucher » sous la contrainte, mais souvent avec ruse des délinquants et des malheureux « égarés du bon chemin » !

En haut lieu, la sécurité nationale finlandaise décide d'enquêter sur cet ancien kolkhoze reconverti en exploitation agricole performante.
Elle dépêche donc sur place un inspecteur principal qui va mener une enquête sérieuse et minutieuse, clandestinement par infiltration dans cette entreprise située à l'ouest de la Laponie....
Notre inspecteur, devenu contrôleur du ministère de l'agriculture, arrivé sur place, découvre le pot aux roses...Il observe, médusé, des champignonnières géantes implantées dans le sous sol d'une ancienne mine de fer, exploitée autrefois par des communistes autorisés à mettre en pratique les principes communistes.
Le projet initial ayant avorté, le projet actuel est d'une toute autre nature puisqu'il s'agit d'un camp de travail où des a-sociaux de toutes conditions contractent un CDD ou même un CDI !
D'innombrables crapules trouvent ainsi à l'étang aux Rennes « un nouveau sens à leur vie, plus pur et plus honnête »....
Le lecteur ne s'ennuie pas un instant. Il est invité à suivre l'histoire extravagante de cet inspecteur et de ses nouveaux amis, à la recherche de nouveaux clients....
Non adepte, et de loin à la justice dite populaire et surtout à l'utilisation de milices privées, j'ai pourtant bien ri et parfois-je l'avoue humblement- apprécié le sort réservé à certains délinquants économiques comme ces PDG qui, prisonniers vont se retrouver, eux aussi, dans la mine :
« Grâce à leurs bonus, les patrons des grandes entreprises empochaient chaque année des millions, et tout cela pour jeter l'argent par es fenêtres et mener une politique qui avait conduit le pays entier au bord de la ruine ».

J'ai alors déposé quelques minutes mon livre et j'ai pensé un court instant que cette histoire pouvait inspirer de nouvelles pratiques :
Si un jour on pouvait contraindre tous ces affameurs à travailler et à suer comme font tant d'autres !

Mais ce n'est qu'un rêve et l'histoire, une fiction plaisante, poétique, voire même un peu morale !

Jean-François Chalot


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