Free, une entreprise libre !

par Aurelien
vendredi 8 octobre 2010

Free, une entreprise à l’image de son patron, ce self made man qui s’est hissé à la douzième position des plus grandes fortunes françaises ? Xavier Niel est un personnage intéressant qui a connu ses premiers succès financiers avec le minitel rose (réussite qui lui a coûté quelques ennuis judiciaires) avant d’enchainer avec la révolution Internet (pendant que nos technocrates, dont Attali, persistaient à voir la claire infériorité par rapport au minitel bien de chez nous). Inventeur de l’offre triple play avec la free box, il reste un homme d’affaire audacieux et farouchement indépendant, une sorte de Richard Branson français, version plus discrète. Il s’est aussi révélé mécène en créant une fondation Free. Chaque fois, ses actions de communication décalées et différenciées se sont révélées avantageuses sur le plan commercial.

C’est aussi Niel qui a racheté le Monde avec le mécène de Ségolène Royal, Pierre Bergé, et Matthieu Pigasse. A cette occasion marquante, il a déchainé les foudres de l’Elysée qui ne voulait pas entendre parler de ces "rouges" aux manettes du quotidien le plus prestigieux du pays. Certes, cela confirme que le Monde ne va pas basculer à droite dans un paysage médiatique globalement dominé par des journalistes ouvertement de gauche. Rappelons que Niel a déjà investi dans Mediapart, dirigé par Edwy Plenel à l’origine du Woerthgate. Dans l’ensemble, ce parcours confirme un esprit très libre. De gauche, ce qui est très convenu, mais libre. Et combattif.

Lorsque le gouvernement a annoncé une nouvelle taxe sur l’offre triple play (inventée par Niel, on imagine la motivation de cette décision), Free a réagi en appelant ce projet de surfacturation fiscale "taxe Baroin - Sarkozy". L’idée est brillante. Les héros politiques voient leur nom accolés aux niches fiscales et aux subventions, ils auront également droit d’être associés aux taxes qu’ils ont créées dorénavant. Après les paradis artificiels, ils plongeront avec l’enfer fiscal. Une fois de plus, Niel a fait bondir le président de la république. Et réussi un joli coup de pub pour son entreprise.

Enfin, voilà que Free rechigne à mettre en oeuvre la loi Hadopi, traine des pieds et manifeste son soutien aux droits à la protection de la vie privée des internautes. Le gouvernement ne sait pas trop comment réagir, pendant que la meute des corporations favorables à Hadopi se déchaine contre Free. Mitterrand est furieux.

Un internaute a déclaré : « Les FAI ne sont que des lâches, la peur au ventre ils n’hésitent pas à dénoncer leurs clients, honte à eux » Pour le moment, Free offre une belle résistance à cette dérive liberticide.


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