Grand Paris, l’arlésienne ou un futur proche ?

par MIP
samedi 28 février 2009

Décidément, je ne me lasse pas de ce rapport Balladur qui a au moins le mérite d’ouvrir le débat de la réforme des territoires.

Ainsi, concernant ma région d’adoption, voilà que celui-ci nous propose la création d’une collectivité territoriale spécifique regroupant les 143 communes (Paris, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne) sous la bannière « Grand Paris ».

Géographiquement, ce serait revenir au département de la Seine, supprimé le 1er janvier 1968. Ce que Jean-Paul Huchon, président de la Région Ile de France n’a pu s’empêcher de stigmatiser en qualifiant la proposition de « ringarde ».

C’est un peu faible comme argument pour le moment. Ce n’est pas parce que c’est une vieille idée que c’est ringard. Mais passons.

Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë s’est lui aussi opposé à la proposition Balladur qu’il juge significatif d’une « démarche un peu brutale, imposée d’en haut » et qui « devrait au contraire, s’appuyer sur le travail déjà accompli par les élus depuis plus de trois ans, au sein de Paris Métropole ».

Pour ceux qui ne le savaient pas, et à mon avis, ils sont nombreux, « Paris Métropole  » est un syndicat mixte ouvert qui regroupe la ville de Paris, 54 communes d’Ile de France, 15 EPCI, 5 Conseils généraux et le Conseil Régional d’Ile de France.

Je ne sais pas à quoi fait référence Bertrand Delanoë quand il parle de « travail déjà accompli ». Peut-être l’arrivée des Velib à Puteaux ?

C’est vrai qu’entre un syndicat mixte ouvert qui n’a pour compétence que celles que les collectivités membres veulent bien lui donner et la structure envisagée par le comité Balladur, il y a un pas que les élus ne souhaitent pas franchir.

Ainsi, la collectivité « Grand Paris », telle que la voit le rapport, se verrait attribuer les compétences des départements et des intercommunalités qui seraient supprimés.

Mais le pas n’est pas insurmontable puisque les communes subsisteraient et surtout garderaient leurs ressources fiscales propres. (A mon avis, la vraie révolution serait bien de permettre une vraie péréquation en n’optant pas pour cette dernière solution.)

A lire ces levers de bouclier, on perçoit bien la volonté des potentats locaux que sont Huchon et Delanoë de conserver leurs prérogatives.

Et pourtant il y a urgence. L’agglomération parisienne est loin d’être à la hauteur de ces équivalents européens, en particulier en terme de déplacements. Imaginez, Berlin s’étale sur environ 900 km², ce qui serait, grosso modo, le territoire du Grand Paris.

Pour vous déplacer à Berlin de Tempelhof (aéroport du sud de Berlin) à Ostkreuz, vous avez une ligne de S-Bahn (équivalent d’un RER circulaire) qui permet de vous y rendre en 30 min sans prendre de correspondance.

Essayez maintenant, en région parisienne de vous déplacer d’Orly à Val de Fontenay ... vous mettrez près d’une heure avec de la chance et surtout vous prendrez un bus, un métro et une ligne de RER.

 

Dans ces conditions, je ne peux que souscrire aux propos d’Edouard Balladur lorsqu’il dit « faisons un référendum en Ile-de-France et demandons à ses habitants s’ils sont satisfaits des transports, du logement, de l’urbanisme ». Et je ne vois pas comment Messieurs Huchon et Delanoë pourront continuer à nier l’évidence de l’ultra nécessité d’un Grand Paris fort et identifié.


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