L’annulation du mariage
par lobson
samedi 7 juin 2008
On connaissait la justice à deux vitesses, on découvre la justice à géométrie variable.
Aujourd’hui, une partie des patriciens du droit, veulent modifier les paramètres de la loi, au nom de la liberté.
Un jeune homme a obtenu l’annulation de son mariage, au motif de mensonge sur un facteur essentiel de son consentement : la virginité de sa future épouse.
Le mariage est un contrat et chacun est libre d’y insérer les clauses et les conditions qu’il souhaite, tant que ces clauses et conditions ne sont pas contraires à la loi.
Demander la virginité comme condition pour un époux, est-ce illégal ?
Bien sûr et heureusement : non.
Donc selon la loi, le jeune homme est dans son bon droit. Alors d’où vient cette passion autour d’un jugement qui a bien dit le droit ?
Pourquoi une décision de justice fondée, au regard de la loi, suscite t’elle une si grande polémique, au point d’amener d’éminents juristes à réclamer la modification de la loi ?
Quels sont les enjeux ?
Cette situation nous rappelle une certaine époque, où certains se donnaient le droit dire à d’autres, ce qui était bon pour eux, comment agir, et cela dans le but de les éduquer et de les rendre meilleurs. Une époque où la différence était perçue comme une lacune de l’autre, cette différence devenait donc un signe d’infériorité.
On aurait pu croire que les choses avaient changé, mais la contestation autour de ce jugement prouve le contraire.
Cette histoire lève le voile sur le mensonge et l’hypocrisie. Dans cette affaire, c’est l’appartenance religieuse de l’individu qui pose problème à la société française. Il est musulman ! et lui donner raison dans ce type de revendication, si intimement liée à sa foi, ce serait admettre que les principes religieux islamiques peuvent être légitimes au regard de la loi française, que Islam ne rime pas toujours avec barbarie.
Les politiques ont multipliés les déclarations pour un islam à la française, pour que cette religion ne soit pas stigmatisée. Alors pourquoi, au pied du mur, ont-ils l’air de faire machine arrière ?
Ce jugement leur donnait pourtant, un très bon moyen de démontrer que l’islam n’est pas toujours en contradiction avec les lois de la république. Ils ont eu la possibilité de démontrer la réalité d’une cohabitation possible et pacifique entre les différentes fois, et cela aurait permis…
Ils n’ont pas saisi l’occasion, ils ont préféré, céder à la peur, cette peur viscérale qu’ils ont de l’islam (quoiqu’ils disent) et de ces valeurs. Raison pour laquelle, on piétine allégrement la liberté de ce jeune homme, lui déniant le droit de déterminer les qualités qu’il souhaite trouver dans une épouse. C’est à ce jeune homme qu’on a menti, c’est lui qui a été trompé, c’est donc lui que la justice devrait protéger.
Une certaine opinion française prend fait et cause pour la jeune fille, car elle lui ressemble, cette opinion s’enferme dans le mensonge. Mais voila, pour l’une comme pour l’autre, le voile est tombé, le mensonge est éventé et la vérité veut reprendre ses droits !
Bravo à ce magistrat qui a eu le courage et la conscience d’appliquer la loi rien que la loi, en dehors de toute considération. Si tous pouvaient prendre exemple sur ce magistrat, la France serait plus grande, plus égalitaire, plus juste, car respectueuse de ses propres lois.
Les apôtres de la géométrie variable sont prêts à changer la loi, pour prouver qu’ils ont raison d’avoir peur de l’autre.
Mesdames, Messieurs, prenez garde, car d’autres avant vous l’ont fait, pour les mêmes raisons et on sait aujourd’hui où cela nous a conduits.