L’apéro géant « Saucisson et Pinard » a finalement été interdit
ce mardi 15 juin par la Préfecture de police. L’évènement devait se
dérouler vendredi 18 juin dans le XVIIIe arrondissement de Paris, et plus précisément rue Myrha, "artère qui héberge une
mosquée, dans le quartier multiethnique de la Goutte-d’Or« , précise L’Express. »Le préfet de police a
décidé de prendre un arrêté interdisant la manifestation déclarée et
tout projet de contre-manifestation prévu pour se tenir dans ce quartier
le 18 juin au soir", indique un communiqué. La Préfecture de police a justifié sa
décision après avoir entendu les organisateurs et "en raison de ses
conditions d’organisation, du lieu, du jour et de l’horaire retenu,
ainsi que des projets de contre-manifestations qui sont apparus en
réaction« . »Cet événement de voie publique est créateur de risques
graves de troubles à l’ordre public", a-t-elle précisé. Le maire du XVIIIe arrondissement, l’ancien ministre de l’Intérieur socialiste Daniel Vaillant, s’est réjoui de cette interdiction.
Condamné par le
Parti Communiste et le
Parti de Gauche, qui appelaient à son interdiction, au motif que "
cette écœurante plaisanterie cherche à exacerber des différences qui font la richesse du 18ème arrondissement", mais aussi fustigé par le NPA qui appelait à une "riposte" sur le terrain, ou encore par Fadela Amara, l’apéro géant "Saucisson et Pinard" prévu le 18 juin à la Goutte d’or n’en finissait pas, ces derniers jours, de créer la polémique. Le Parti de Mélenchon avait même réclamé que "
des poursuites judiciaires soient engagées contre les auteurs de l’affiche banalisant les crimes du nazisme", tandis que le Front national était resté étrangement muet, jusqu’à ce soir, où
Marine Le Pen dénonce une "
inversion totale des valeurs". Au-delà de nos frontières, en Angleterre, le
Telegraph s’était fait l’écho de ce bras de fer entre pro et anti apéro.
Marianne2 annonçait déjà hier que l’apéro géant "Pinard et Saucisson" co-organisé (entre autres) par Riposte Laïque et le Bloc identitaire serait
interdit par la préfecture. "
La manifestation qui, selon ses organisateurs, devait réunir 3 000 personnes le 18 juin, sera interdite par la Préfecture de Police, au grand soulagement d’une bonne partie des habitants de ce quartier du 18e arrondissement parisien, non loin du boulevard Barbès", pouvait-on lire sur Marianne2.
Voici, pour rappel, la vidéo promotionnelle de l’apéro géant de la Goutte d’or :
Ce soir, dans le 19/20 de France 3, le président de SOS Racisme Dominique Sopo s’est dit satisfait de l’interdiction de l’apéro géant, qui visait selon lui à "provoquer et stigmatiser la population arabo-musulmane" et qui témoigne, estime-t-il, d’une "libération de la parole raciste".
Sylvie François, pour revenir à elle, a d’ailleurs obtenu rapidement sa marionnette aux
Guignols de l’info, qui l’ont raillée ce mardi soir, dénonçant dans l’"apéro gênant" un "incident xénophobe" et se demandant pourquoi "les Français n’hésitent plus à afficher leur haine de l’autre".
Lundi, dans les Grandes Gueules de RMC, Christine Tasin avait dû, quant à elle, répondre aux très vives critiques de Franck Tanguy (président de l’association des parents gays et lesbiens), qui avait comparé les pro-apéro aux nazis ("petites moustaches" et "bottes en cuir") et les avait mis en garde : "Venir faire un apéro géant dans le XVIIIe arrondissement de Paris, c’est prendre un assez gros risque car il y a beaucoup d’immigrés de toutes origines, vivant en bonne intelligence, qui vont les repérer de loin", avait-il lancé. Tasin avait dû se débattre pour démontrer qu’elle n’était pas d’extrême droite.
L’initiative de cet apéro géant, largement stigmatisée dans les médias, avait été qualifiée de
"nauséabonde" par France Inter. Quant à Caroline Fourest, elle avait, vendredi dernier, dans
sa chronique sur France Culture,
accusé Riposte Laïque de s’allier avec des "
néo-nazis".
Hier après-midi, le journaliste au
Figaro Ivan Rioufol avait pris le contre-pied de la condamnation médiatique et apporté son "
soutien à la Résistante de la Goutte d’or" :
"
A-t-on le droit de s’inquiéter de l’islamisation de certaines banlieues, voire même désormais de certains quartiers de Paris ? Alors que ces phénomènes répétés de substitution de population créent des territoires de plus en plus refermés sur eux-mêmes, le politiquement correct persiste à diaboliser ceux qui s’émeuvent de ce communautarisme, qui affiche ses différences et ses règles. Une partie du 18è arrondissement de Paris (la Goutte d’Or) est ainsi devenu méconnaissable, les prières du vendredi bloquant même certaines rues à la libre circulation Or, si les beaux esprits ne trouvent pas convenable de voir d’éventuelles provocations dans ces débordements religieux, ils s’empressent ces jours-ci de dénoncer l’initiative d’une habitante du quartier qui, se disant non politisée, a décidé d’organiser vendredi, en hommage à l’appel à la résistance du 18 juin, un "apéritif géant saucisson et pinard", un brin parigot. (...) Pour ma part, je me réjouis de voir que la prise de conscience des dérives de l’islam radical suscite de premières résistances populaires, au-delà des récupérations politiques, au nom de la préservation de la laïcité et de la défense de la République. Au fait, cette nuit, le drapeau français de la mairie de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) a été brûlé et remplacé par un drapeau algérien..."
Finalement, l’apéro géant "Saucisson et Pinard" de la Goutte d’or n’aura donc pas lieu. Lancée sur
Facebook, l’initiative avait tout de même réussi à regrouper plus de 8000 membres. Pas découragés, les initiateurs du projet rebondissent déjà en délocalisant leur apéro géant : à
Toulouse,
Lyon, et même
Bruxelles ! Ils ont par ailleurs décidé de
contester en référé la décision prise par la Préfecture de police. Le bras de fer ne semble décidément pas prêt de s’arrêter...
Et, au-delà du bras de fer, une certaine confusion politique, symbolisée par la perplexité de Pierre Cassen lui-même ; interviewé le 11 juin dernier par Yannick Urrien sur
Kernews, le fondateur de Riposte Laïque, parti jadis du trotskysme, déçu par Mélenchon (qui court derrière l’extrême gauche) et même Dupont-Aignan (trop timide et aveugle sur la réalité de l’offensive de l’islam), déclare que la personnalité politique de laquelle il se sent le plus proche aujourd’hui est... Marine Le Pen, alors même que le FN dont elle est issue est opposé, selon lui, à la laïcité et aux valeurs républicaines. "
Les bras nous en tombent", lâche-t-il. Cassen se considère aujourd’hui comme un "
orphelin" en politique. Il n’est sans doute pas le seul.