L’Úconomie du futur

par P┬SH┬┬
samedi 16 juin 2018

 

Mais où va-t-on ?

L'essor de la cryptomonnaie et son extrême volatilité qui durent depuis 10 ans forcent les adeptes comme les détracteurs à repenser leur vision de la monnaie, de l'économie et de la valeur des choses. Mais aucun ne semble clairement décrire ce qui caractérise la valorisation de la cryptomonnaie ni le futur du système social global dans un monde ou la crypto-économie se développerait sans aucune barrière (et rien ne semble pouvoir aujourd'hui stopper l'essor de la cryptomonnaie).

La constitution d’un “crypto-socialisme” est d’autant plus importante que la méconnaissance des principes économiques et sociaux des développeurs qui se passionnent pour l’édification de blockchains (comme s’ils jouaient aux légos !) en font beaucoup trop souvent de véritables instruments incrédules pour diverses organisations sans grande valeur morale en leur offrant des rêves de révolution et de grandeur, jusqu’à preuve du contraire, totalement illusoires.

Cet article tente de dissiper les incompréhensions et de donner une réelle vision long terme de l'économie sociale du monde "crypto".

 

Théorie générale de la crypto-monnaie

La principale différence entre une monnaie et une cryptomonnaie est que la première suit un circuit clairement déterminé (création, circulation et taxe, puis destruction, dépendant d'un système comptable, bancaire et fiscal plutôt rigide) alors que la cryptomonnaie est totalement incontrôlable (constitution "éternelle" et dépendant d'un réseau à l'utilisation de plus en plus flexible et rapide). Et ces deux points, s’ils sont compris dans le bon sens permettent à eux seuls de comprendre comment se valorise une crypto tout en éclairant une facette de la valorisation de la monnaie réelle souvent négligée par les pseudo-économistes : la question de la vélocité.

La valeur d’une monnaie est déterminée par sa quantité (consommable) et sa vélocité par rapport à la capitalisation de la production sous-jacente et est comptabilisée et échangée selon un consensus qui permet de faire circuler les produits entre les acteurs (transferts possibles entre deux comptes).

La valeur d'une cryptomonnaie n'est (pas vraiment) déterminée par sa quantité (non consommable) mais surtout par sa vélocité par rapport à la capitalisation du réseau sous-jacent et est comptabilisée et échangée selon un consensus qui ne permet pas de faire circuler les réseaux entre les acteurs (pas de transfert possible entre deux blockchains)**.

La relative maîtrise séparée de la quantité et de la vélocité de deux monnaies réelles à valeur identique permet de créer un système de crédit (le système monétaire classique s’articule autour d’une réserve fractionnaire et d’un système de redistribution contrôlant la quantité et la vélocité). C’est pourquoi la valeur d’une dette souveraine n’a intrinsèquement pas réellement d’importance, c’est avant tout une question de stabilité sur le long terme des systèmes d’enregistrement comptables entre les acteurs responsables (et à la recherche de liquidités).

Le crypto-crédit n’est pas vraiment concerné par la quantité de crypto-monnaie mais uniquement par le différentiel de vélocité entre deux valeurs identiques circulant dans un système comptable à “triple-entrée” contrôlant la liquidité et la vélocité. En gros, la crypto-monnaie est un instrument de mise en place d’un nouvel ordre mondial par les actuels “souverains”, dans un ordre totalement invisible et irresponsable*.

 

*voir Xinfin et son XDCe/XDC issu d’un fork du Quorum de la britannique JP Morgan, deuxième plus grande banque d’investissement du monde (et créateur monétaire) préparant sûrement le “Brexit” avec une crypto-monnaie hybride privée/publique avec deux différents “niveaux de liquidité” (argument officiel plutôt simpliste). Il s’agit pour eux de développer un système de crédit d’un nouveau genre.

**Selon la théorie, la valorisation unitaire d’un token sur le long terme est… extrêmement faible : il s’agira de faire “tourner” une industrie stable capitalisée à 100 milliards de $ réel par exemple avec un réseau de cryptomonnaie très volatile valorisée à 1 million de $ environ, en séparant le contrôle des tokens du contrôle des liquidités réelles dans le réseau sous-jacent. 

 

La monnaie digitale, évoluant hors du cadre comptable traditionnel, se véhicule à travers un consensus de confiance annexe et permet une grande liberté d’utilisation dans le réseau sous-jacent (la décentralisation de la crypto-monnaie permet simplement une adoption universelle d’un réseau de monnaie digitale… mais l’existence de consensus “annexes” est quasiment aussi ancien que le Dollar).

L’utilisation d’un réseau lui-même dépendant de sa puissance et de son utilité, deux grandes stratégies dessinent l’horizon pour développer le capital de l’acteur dans le monde de la cryptomonnaie : le “Proof-Of-Work (= preuve de travail, basé sur la puissance de calcul d’un réseau) et le Proof-of-stake (= preuve de capital, basé sur l’utilité d’un réseau).

La non-productivité réelle d’un actif digital et la réelle capitalisation de son réseau nécessitent d’optimiser l’utilité et la vélocité d’une crypto-monnaie séparément pour pouvoir contrôler sa valeur.

 

Le “staking hybride” et le pouvoir médiatique

Il s’agit de créer une crypto qui en produit une autre sans se consommer et avec des valeurs différentes : le "staking hybride" pour un socialisme décentralisé et un système de solidarité haute fréquence.

Un réseau étant “activé” par l’émission, la réception et la réémission d’un produit, et la seule valeur réelle possédant une caractéristique hybride étant la communication mettant en oeuvre d’une part l’attention humaine et d’autre part la projection humaine de façon auto-régulée (pouvoir médiatique), l’idée est de créer un token produisant, sans se consommer, de la puissance médiatique consommable, avec un système de redistribution d’un nouveau genre. La production, la valorisation, la régulation et la redistribution d’un tel token peuvent être déterminés de façon démocratique et constituer un système socialiste décentralisé et souverain en créant un revenu de vie médiatico-social valorisant l’existence d’autrui.

Tour comme l’art, la vie sociale produit de la valeur dans le monde et toute vie sociale peut donc justifier d’un revenu de vie sociale car tout comme l’art a été à la base du développement économique du monde de la renaissance au moyen âge, la monétisation de la vie sociale peut guider le développement économique du monde moderne (monde social hyperconnecté).

La solution est donc de produire une solidarité haute fréquence en se basant sur l'industrie médiatique d'un moteur de recherche basé sur l'utilisation d'un token médiatique hybride.
 

J. da Cunha

Fondateur du socialisme décentralisé

 


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