L’effarante passivitÚ de la majoritÚ sur le drame des Úleveurs

par Laurent Herblay
mardi 21 juillet 2015

Il y a peu, les éleveurs de porc avaient manifesté pour dénoncer des prix trop bas qui ne leur permet pas de vivre de leur métier. Ils ont repris leur mouvement hier en bloquant le périphérique de Caen. Il faut dire que les annonces de, Stéphane Le Foll et du président de la République sont dérisoires.

 
Communiquer au lieu d’agir
 
Ce chiffre illustre bien la dureté de la crise que traverse les éleveurs : le ministre de l’agriculture lui-même a reconnu que « 10% des exploitations d’élevage  » sont menacées de dépôt de bilan, tant les prix sont bas, passés sous le coût de fabrication. Pour Stéphane Le Foll, « nous vivons une crise agricole très importante en France », insistant sur « l’urgence à traiter trois crises, bovine, porcine et laitière, (qui) se conjugent  ». Le ministre s’est contenté de proposer de valoriser « le logo Viande de France, qui permet au consommateur d’être sûr de l’origine des produits. Alors, il sera prêt à payer un peu plus cher  ». Qu’un ministre se contente de proposer de mettre un sticker en affirmant que cela devrait permettre de monter les prix pour régler une crise si grave démontre son caractère hautement superficiel.
 
François Hollande a poursuivi dans la même direction, en appelant à ce que les grandes surfaces achètent à un prix plus élevé et que les responsables de collectivités achètent Français. Mais le plus effarant est sans doute l’annonce d’un plan de 23 millions d’euros d’aides. 1000 euro d’aide pour chaque exploitation au bord du dépôt de bilan, cela fait quand même un peu court… En outre, il ne faut pas oublier que régulièrement, la Commission condamne la France pour ces aides d’urgence et impose aux agriculteurs de les rembourser ! Bref, difficile de ne pas voir ici une agitation totalement superficielle, qui ne règlera absolument pas les durs problèmes auxquels sont confrontés les éleveurs, comme bien des agriculteurs qui subissent les variations erratiques des prix des produits agricole sur les marchés.
 
L’abandon de nos agriculteurs
 
Derrière les moulinets du ministre, il y a ni plus, ni moins, un refus d’agir. D’ailleurs, il y a un mois, il avait osé répondre à un agriculteur en difficulté « c’est moi le ministre, mais moi je ne peux pas tout régler hein, un ministre n’est pas là pour décider tout ce qui se fait dans le monde » ! Aujourd’hui, il semblerait qu’il souhaite au moins donner le change en proposant de développer l’usage du logo « Viande de France ». Mais il est effarant de voir un membre du PS proposer comme solution aux problèmes de nos agriculteurs la mise en avant de l’origine nationale de notre production, dans une forme de protectionnisme et de valorisation de la nation tellement aux antipodes de tout ce qu’ils ont défendu, notamment dans tous ces traités européens qui vantent le libre-échange et veulent effacer les nations.
 
Mais ce faisant, le gouvernement utilise un rideau de fumée pour cacher son inaction et son laisser-faire du démantèlement des fondamentaux de la PAC qu’avait voulu le Général de Gaulle. A l’origine, cette politique européenne visait à promouvoir notre auto-suffisance et avait mis en place des prix planchers pour ne pas laisser aux seuls marchés, irrationnels et exubérants, le soin de fixer le prix de ce que nous mangeons, mais aussi la rémunération de ceux qui le produisent. Le PS, comme les ex-UMP, ont laissé démanteler les protections des agriculteurs, les abandonnant à ce dieu marché, qui exerce son magistère sur les matières premières d’une manière encore plus brutale que sur les autres marchés. Nos pauvres agriculteurs sont à l’avant-garde de cette dérégulation qui piétine les moins fortunés.
 

Bref, il ne faut pas se laisser avoir par les trémolos et les annonces dérisoires du gouvernement : cette équipe, comme la précédente, a décidé de ne pas agir et d’abandonner les éleveurs à leur malheur. Voici encore des politiques qui ne souhaitent même plus diriger…


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