L’Etat totalement responsable de certaines violences scolaires !

par CHALOT
mardi 18 janvier 2011

Au-delà du sensationnel qui fait vendre un titre, se cachent parfois des drames ou des incidents où l’identité des vrais responsables est masqué...
C’est la désinformation ou le leurre d’une information objective !

Le Parisien dans son édition seine et marnaise du samedi 15 janvier titre « A huit ans, il frappe son institutrice » !

Voilà un titre plein et une occasion pour les lecteurs d'acheter le journal et de s'indigner.

Voilà encore des actes de violence inadmissibles ! Que font donc les parents ?

L'article de la page centrale relate avec un peu de détails l'incident : une colère brutale de l'enfant qui frappe un de ses camarades au visage, une intervention de la maîtresse qui reçoit des coups de pied dans les jambes, et une intervention de la police.

Cette histoire se déroule dans une école de Savigny le Temple, l'institutrice et « l'auxiliaire de vie », choquées ont été conduites à l'hôpital.

Plus loin, le lecteur qui aura pris la peine de lire tout l'article apprendra enfin que l'auteur des coups est handicapé et partage son temps entre l'école Louise Michel et un institut éducatif et thérapeutique....

Voilà où le bât blesse.

Avec la loi Montchamp, les enfants handicapés sont accueillis dans les écoles, sans que les enseignants aient une formation complémentaire sur la connaissance de ce public et sans non plus qu'ils soient accompagnés de personnels qualifiés : les instituteurs n'ont pas à se transformer en infirmiers psychiatriques, ce n'est pas le même métier.

La médecine scolaire a été démantelée, les postes de médecins et infirmières ainsi que les instituteurs spécialisés supprimés.

Ni la responsabilité des parents, ni celle des personnels de l'éducation nationale ne sont en cause dans cet incident, quant à l'enfant il est atteint de troubles de comportement, ce qui lui donne droit à des soins éducatifs et thérapeutiques adaptés, qu'il ne reçoit pas.

Revenons à la loi Montchamp du 11 février 2005 appelée pompeusement , « loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées »

On peut lire notamment dans l'alinéa 2 de l'article L 114 :

A cette fin, l’action poursuivie vise à assurer l’accès de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte handicapé aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population et son maintien dans un cadre ordinaire de scolarité, de travail et de vie. Elle garantit l’accompagnement et le soutien des familles et des proches des personnes handicapées. »

Cet incident montre que c'est manifestement faux.

Maintes et maintes fois les enseignants ont rappelé que si les enfants handicapés étaient accueillis dans les établissements scolaires, il fallait que cet accueil se fasse dans des conditions permettant que cette scolarisation soit bénéfique à ces enfants différents et conserve le droit des autres enfants à recevoir un enseignement serein, dans la sécurité. Or, c'est le contraire qui se produit.

Maintes et maintes fois les professionnels du handicap ont expliqué et montré que cette intégration qui paraît généreuse et juste dans le principe, ne l'est pas, c'est une tromperie.

La loi Montchamp n'est que le prétexte à la fermeture d'établissements spécialisés et la baisse des crédits alloués. Elle fait des économies scandaleuses au détriment d'enfants et de familles qui souffrent et ne sont pas en état de se défendre.

Nous demandons l'abrogation de la loi Montchamp.

Jean-François Chalot


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