La démocratie occidentale menacée par la croissance démographique sud-planétaire

par Chirita-Bobic Nicolae
mardi 8 décembre 2015

L’explosion démographique de certains pays du sud déclenche des guerres régionales autour des ressources frontalières. Dernièrement, ces conflits se sont multipliés, et le phénomène s’accélère. Le nombre de réfugiés de guerre accroît vertigineux. Bientôt ils seront aux portes de l’Occident d’ordre de millions, voire à long terme, d’ordre de milliards. Dès lors, soit la hiérarchie des droits fondamentaux sera profondément modifiée, soit la démocratie occidentale sera altérée.

Le constat

Selon un savoir de sens commun, la croissance démographique planétaire ne poserait pas des problèmes, car il y aurait encore suffisamment de ressources pour nourrir décemment tous les êtres, inclusivement les trois milliards supplémentaires prévus pour l’année 2100. Néanmoins, la réalité est plus complexe, et force est de reconnaitre que sur le fond l’augmentation de la population mondiale pose déjà des problèmes. Evidemment, à terme, ces problèmes vont s’aggraver davantage.

On constate en effet qu’il y a une certaine ambiguïté au sujet de ressources planétaires, tant en termes d’accessibilité, qu’en termes de quantité. Sur l’aspect de l’accessibilité, il faut noter qu’afin d’être fructifiées, certaines richesses matérielles, comme celles fossiles et minières, doivent être transformées en richesses financières. Or, cette transformation requiert des moyens, c’est-à-dire des technologies, ainsi que des réseaux de distribution. Dès lors, les choses se compliquent.

Notons à ce propos, qu’il y a de pays qui disposent de ressources fossiles et minières, mais qui ne disposent pas des moyens pour les exploiter. Inversement, il y a de pays qui ne disposent pas de ressources naturelles, mais qui disposent de moyens, c’est-à-dire technologies, savoir-faire et réseaux. L’ensemble des pays concernés constituent le système. L’ensemble des groupes pétroliers ou miniers constituent les acteurs du système. Enfin, l’ensemble des moyens, appelés également acquis socio-historiques, constituent les leviers de régulation. Or, les acteurs opèrent à l’aide de ces leviers la régulation de ressources.

Il revient à dire, que le fait de disposer des ressources fossiles et minières, n’implique pas systématiquement pouvoir bénéficier. Il faut de plus les technologies nécessaires pour pouvoir exploiter ces ressources, ainsi que les réseaux de transport et de distribution. Certes, la souveraineté confère à chaque pays le droit de gérer ses propres richesses. Cependant, la propriété privée sur les technologies et les brevets, permet aux groupes multinationaux de régulariser le marché des richesses fossiles et minières.

Dès lors, les pays moins avancés ne peuvent pas utiliser de leur propre gré les ressources de sous-sol. Ils sont encadrés par le système. Même si ces richesses appartiennent en tant que ressources de sous-sol à leurs détenteurs naturels, en tant que produits sur le marché international, elles appartiennent également aux détenteurs de moyens.

Par conséquent, et dans la triste réalité, les seules véritables richesses dont dispose effectivement les pays moins avancés, sont celles naturelles de proximité. Or, de l’instant que la population accroît au-delà d’un certain seuil, comme c’est le cas actuellement dans certains pays d’Afrique, l’équilibre population/ressource est rompu. Evidemment, cela porte sur la crise économique, puis sociale.

Concernant la quantité, on dit souvent que les ressources planétaires sont suffisantes pour que tout le monde vivre décemment. Or, ce n’est pas vrai. Tout dépendre de ce qu’on entend par décemment. Car si on veut faire vivre à la manière occidentale, il nous faudra 5 à 6 planètes équivalentes à la Terre. Inversement, dans la perspective théorique d’un partage équitable de richesses planétaires, la qualité de vie d’occidentaux doit baisser pour s’aligner aux pays du nord d’Afrique, ou du Moyen Orient. Or, les occidentaux n’accepteront jamais.

En effet, cette perspective est purement utopique, car dans la dure réalité aucun pays, et aucune catégorie sociale, n’accepteront de renoncer à leurs acquis, dit-on socio-historiques, au profit de pays moins avancés. De plus, aucune Institution, n’a ni le courage, ni les moyens pour réaliser une telle régulation des richesses. Il suffit de regarder les tendances de pays émergents, Chine, Inde, Brésil, où les catégories supérieures vivent à la manière occidentale, pour comprendre que le partage équitable de richesses planétaires est une pure illusion.

En outres, cette perspective est utopique, car comme on l’a déjà invoqué, les ressources de sous-sol n’appartiennent pas à la communauté internationale. Elles font l’objet d’une propriété, soit privée soit publique, de sorte que leur éventuelle redistribution au profit des populations en besoin se heurte aux droits fondamentaux. Sachant à ce propos que la propriété privée est défendue par l’article 17 de la Charte européenne de droits fondamentaux, ainsi que par la Déclaration universelle des droits de l'homme, tandis que la propriété publique est défendue par le principe fondamental de souveraineté de nations. Dès lors, s’attaquer à un droit fondamental, suppose remettre en question le modèle de démocratie occidentale.

 

Le contexte

Tristement, si auparavant on aurait pu envisager d’autres solutions, comme une maîtrise de la croissance démographique dans les limites du raisonnable, dans le contexte actuel seulement deux solutions semblent envisageables. Soit continuer dans la perspective actuelle, laisser le système s’auto-régulariser soi-même, avec le risque d’aggraver l’écart écrasant entre riches et pauvres. Soit s’attaquer à la propriété privée, en nationalisant les possessions de groupes multinationaux, mais cela signifie de remettre en question les droits fondamentaux, et donc la démocratie.

Pour mieux éclaircir notre raisonnement, il convient de préciser, que la démocratie occidentale repose sur des principes et des droits fondamentaux, notamment les libertés individuelles, la souveraineté des nations, la propriété privée, ainsi que l’égalité de traitement. Notons en passage que le terme « égalité matérielle » ne figure pas dans les droits fondamentaux. Ceux-ci constituent les éléments de forme de la démocratie.

Cependant, sur le fond, la démocratie occidentale repose sur deux piliers complémentaires, respectivement le progrès économique et le progrès social. Notons ensuite, que le progrès économique est redevable surtout à une économie dite libérale, dont l’impératif de compétitivité imposé par la pression concurrentielle du marché international, est le vecteur même de ce progrès. Pour sa part, le progrès social est redevable simultanément au progrès économique, et aux principes démocratiques sur lequel repose la société occidentale.

On remarque dès lors, et ce à l’encontre de tout savoir de sens commun, que la démocratie est inconcevable en absence d’une prospérité économique. En effet, car la démocratie repose sur une série d’Institutions, dont le rôle est de défendre les droits fondamentaux, ainsi que le principe d’Etat de droit. Il s’agit notamment d’une Armée fiable, ensuite des Institutions de Forces de l’Ordre, Justice, Police, et enfin des Instances de socialisation et d’éducation. Or, seulement dans un pays où l’économie est prospère, ces diverses Institutions existent véritablement, et fonctionnent de manière efficace. Ce qui explique d’ailleurs, que dans les pays moins avancés la démocratie est pratiquement inexistante.

Rappelons entre autres, que le succès du modèle socio-économique et socio-démocratique occidental repose sur un équilibre mutuel entre le nombre de la population et les ressources matérielles et immatérielles disponibles. Cet équilibre exige des ressources suffisantes afin d’entretenir l’ensemble d’Institutions cités auparavant. Une condition indispensable, en dehors de laquelle les Institutions fondamentales perdront de leur efficacité. A terme, cela se traduira soit par une dictature d’ordre politique, soit par une dictature d’ordre économique, dite capitalisme sauvage.

Or, dans le contexte actuel où les vagues d’immigrations affluent vers l’Europe, on constate que certaines Institutions nationales et Européennes, sont affaiblies, de par leur budget affaibli, car les ressources financières sont dirigées à l’accueil et à l’intégration de ces populations venues d’ailleurs. L’Union Européenne même, en tant qu’Institution, est affaiblie du fait de positions antagonistes prises par les divers pays face à ce phénomène d’immigration.

Manifestement, étant donné le contexte actuel, la démocratie occidentale est déjà menacée. L’impact de la croissance démographique sud-planétaire sur le modèle occidental de démocratie et de civilisation n’est pas anodin. Selon certaines opinions, les pays occidentaux pourraient intégrer ces migrants, en opérant une meilleure redistribution des richesses. Or, cela implique une forte régulation, soit de la part de l’Etat, soit de la part de l’Union Européenne. Si c’est l’Etat qui opère cette régulation, son action vient à l’encontre du droit fondamental de propriété privée. Si c’est L’union Européenne, son action vient à l’encontre de la souveraineté des pays membres. Ce qu’on a pu constater lorsqu’on a voulu imposer un quota d’immigrants.

Par-delà, cela, à terme, face à de vagues migratoires considérables, tenant compte des prévisions démographiques, cette intervention politique dans la régulation économique finira par tuer l’économie. Les stratégies d’ordre économique devant s’aligner aux préoccupations d’ordre social et politique, donnera lieu tout d’abord à une interdépendance accrue entre les acteurs politiques et les acteurs économiques. A terme cela portera sur une fusion subtile de deux camps d’acteurs, où décisions politiques et initiatives économiques se mélanges et se confondent. En règle générale les ingrédients de ce type de mélange, respectivement, le trafic d’influence, le détournement de fonds, la corruption, étouffe l’efficacité économique. L’exemple le plus éloquent étant ici le modèle économique pratiqué par l’ex Bloc communiste. De plus, cette expérience a prouvé que les inégalités sociales et matérielles ne disparaitront pas dans le cadre d’une régulation. Au contraire elles peuvent s’accentuer selon d’autres critères, comme l’accès ou non à l’appareil politique, véritable classe favorisée. Ayant comme référence ici la nomenclature communiste ou l’aristocratie médiévale.

Pareillement, si on regarde à l’échelle planétaire, l’impact de la croissance démographique est également considérable. Tout d’abord, la perspective d’une éventuelle régulation des richesses au niveau international semble difficilement réalisable, car au nom de leur spécificité culturelle, et donc au nom des rivalités qui existent entre les diverses ethnies, aucune société n’accepte de mettre ses ressources à la disposition de la communauté internationale pour que cette dernière opère une redistribution équitable. Ensuite, la perspective d’imposer à un Etat de changer sa politique migratoire, éventuellement d’accepter un quota migratoire, vient à l’encontre de sa souveraineté, donc à l’encontre d’un droit fondamental.

Manifestement, la croissance démographique est contreproductive et nuisible. Elle est contreproductive, car même si dans l’absolu on parvient à une régulation des ressources à l’échelle planétaire, à terme cette régulation devient fatale pour l’économie. De l’instant que le rapport population mondiale/ressources planétaires devient critique, à l’économie libérale se substituera une économie centralisée à planification indicative et incitative, puis, à terme, une économie centralisée à planification impérative. Ce qui porte inévitable sur un Pouvoir central et totalitaire. Elle est nuisible, car sous le poids du nombre, on sacrifie les droits fondamentaux et la qualité de vie.

 

L’effet

Apparemment, et tristement, les pays qui par laxisme ont dépassé le rapport population/ressources menacent la démocratie occidentale. Ignorant, à tort ou à raison, le fonctionnement du modèle socio-démocratique occidental, fondé entre outre sur la propriété privé, sur le bien-être, et surtout sur le développement technologique, ils proposent leur modèle. Un modèle fondé notamment sur la procréation, dont les conséquences viennent d’abord à l’encontre de leurs propres ressources naturelles, ensuite elles viennent à l’encontre des droits fondamentaux.

Dans un contexte d’explosion démographique entre 1960 et 2000, et en absence de ressources de proximité, ainsi qu’en absence des technologiques, ou des richesses immatérielles, il y a eu lieu dans un premier temps la multiplication des vagues d’immigration envers l’Occident. Puis, progressivement, les guerres autour de ressources frontalières avec les voisins respectifs se sont déclenchées. Dès lors, devenus réfugiés de guerre, ces gens mettent la pression aux pays occidentaux à travers les demandes d’asile. A terme, et face à la raréfaction des ressources naturelles, les guerres vont se multiplier, ainsi que le nombre de réfugiés de guerre. Plusieurs millions seront bientôt aux portes de l’Europe.

Que fera l’Union Européenne ? Accepter ces populations ? Ou modifier la hiérarchie des droits ? Sachant qu’en les acceptants il y a le risque d’une fracture potentiellement dangereuse entre la population européenne et ces hommes, vu qu’une intégration sera impossible de par leur nombre. Sachant également, qu’en s’attaquant à un droit fondamental comme la propriété privée ou la souveraineté d’un Etat, une fois ces droits altérés, toute la hiérarchie de droits fondamentaux sera bouleversée.

Néanmoins, quel que soit la décision, le modèle socio-démocratique occidental est d’ores et déjà altéré. La dynamique économique occidentale est également altérée, car une partie de ressources financières, jusqu’ici destinées aux recherches scientifiques et technologiques, est dirigée à l’accueil de ces populations. Sachant à titre d’info que la puissance économique occidentale repose sur sa technologie de pointe.

 

Conclusion

En somme, à l’appui de ces éléments il semble à forte raison que la croissance démographique à l’échelle planétaire bouleversera profondément la démocratie occidentale. Tout d’abord au niveau régional. Rappelons à ce titre, que dernièrement, aux rivalités ethniques se sont ajoutées les rivalités autour de ressources. En effet, car dans plusieurs régions du sud de la planète, la croissance démographique a dépassé largement l’état des ressources disponibles. Donc, les problèmes économiques vont s’ajouter aux rivalités ethniques, ce qui va accélérer le déclanchement des tensions autour de ressources, et implicitement, va multiplier les zones de conflits militaires. Or, si les pays occidentaux, ainsi que l’Union Européenne, ne changent pas leur politique en matière de droit d'asile, ils seront obligés d’accepter sur leur territoire plusieurs millions d’hommes, car il est fort probable que les hostilités se vor déclencher, ce qui leur donne droit d’asile. A terme ils seront d’ordre de milliards aux portes de l’Occident.

Evidemment, ces défis externes démographiques se répercuteront ensuite au niveau national, et sur le plan socio-économique. Rappelons qu’il y en Occident actuellement environ 100 millions d’hommes qui vivent en-dessous de seuil de pauvreté, dont environ 65% dans l’Union Européenne, et 35% en Amérique du nord. L’intégration de nouveaux arrivants ne ferait qu’augmenter ce nombre, et en passage baisser leur niveau de vie. L’économie sera ralentie, car ces hommes n’ont pas les qualifications nécessaires, mais leur besoin engloutira toutes les ressources destinées aux recherches scientifiques. Sans progrès économique, le progrès social s’arrêtera.

Du point de vue démocratique, le droit à la dignité humaine prévu dans le premier chapitre de la Charte européenne des droits fondamentaux, est d’ores et déjà bafoué, à l’image du nombre croissant de SDF. Ensuite, aux niveaux de libertés, le droit à la propriété privée prévu par l’article 17, serait altéré du fait d’une forte fiscalité nécessaire à la redistribution des richesses.

Enfin, sachant que ces populations sont souvent très attachées à leur culture et à leur confession, et étant donné les libertés prévues à ce titre, un clivage considérable risque à se produire entre occidentaux et les populations rentrantes en matière de conceptions relatif à la démocratie. En règle générale, la démocratie occidentale se caractérise par une harmonieuse synchronisation entre les diverses libertés individuelles et les diverses égalités de traitement. Or, cette synchronisation requiert la même connotation accordée à ces valeurs par l’ensemble des acteurs sociaux. Le problème est que ces gens qui viennent des horizons différents, et qui ont connu donc de socialisations différentes, ne convergent pas en matière de conceptions et de valeurs, ni entre eux, ni avec les occidentaux. Dès lors, la démocratie occidentale sera altérée. 


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