La France est-elle prÍte ?

par ddt99
samedi 26 février 2011

En ce moment, de par le monde souffle un vent de révolte et de révolution. De nombreux médias planchent sur le sujet et il n’en faut pas moins pour que des Français se mettent à rêver à une possible révolte dans notre pays, voir à une nouvelle révolution française.

Certes, les critiques fusent contre Monsieur Nicolas Sarkozy et sa clique à travers les nombreux articles publiés ici et là sur :

— Des conflits d’intérêts permanents

— Des affaires judiciaires mettant en scènes d’anciens représentants de l’État.

Mais cela n’a rien de nouveau en France, de tout temps il y a eu des affaires de ce type et qui sont pour ainsi dire restées lettres mortes.

À mon humble avis, il y a d’autres affaires qui sont bien plus graves, comme les abus de pouvoir  :

1) Des gardes à vue outrageusement élevées (900 000 en 2009) (1) SOIT UN FRANÇAIS SUR SOIXANTE-DIX, c’est énorme pour un État qui prétend être démocratique et de droit.

2) Des Hospitalisations à la Demande d’un Tiers (HDT) et des Hospitalisations d’Office (HO) en constante augmentation 37 688 en 1992, 72 519 en 2001 (2) SOIT UN FRANÇAIS SUR MILLE.

Or ces événements-là n’intéressent personne, car ne serait-ce que d’en parler salirait l’image de la France « berceau des droits de l’homme ».

D’ailleurs, est-ce bien sûr que la France soit l’inventeur de ces droits fondamentaux ?

Je vous laisse en juger :

1789 — La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (3)

1776 — La Déclaration unanime des treize États-Unis d’Amérique (4)

C’est vrai que les grandes idées se rejoignent et souvent germent en même temps, et ces deux textes seront les jalons des droits vitaux qui s’imposeront ensuite à ces deux démocraties, et à une grande partie du reste du monde, mais en terme d’antériorité, les dates parlent d’elles-mêmes, la déclaration américaine est plus ancienne que la Française. C.Q.F.D. Les inventeurs des droits de l’homme sont américains, les Français n’ont fait que lui prêter sa mise en forme et son nom définitif.

En fait, personne dans ce pays ne pense ou ne veut se l’avouer (fierté oblige) que nos dirigeants et gouvernants sont à l’image du peuple et des gens qu’ils représentent, et vice versa.

La protection n’est pas que descendante, elle est aussi ascendante.

Ce pays est peuplé de micros Sarkozy, ils prolifèrent dans un système bien rodé de couverture mutuelle, allant du simple agent de l’État protégé par sa hiérarchie jusqu’au Président de la République couvert par ses subalternes.

Un système politico sociétal qui s’appuie sur une multitude de secrets :

Les secrètes défenses, les secrets d’État, les secrets de l’instruction, les secrets médicaux, les secrets professionnels, etc.

Tous ces secrets, dont les objectifs premiers étaient louables, ont depuis été dévoyés pour servir un système corrompu. Attention ! Il n’y a pas que la corruption pécuniaire qui existe, il y a aussi la corruption passive qui peut prendre de nombreuses formes :

Relationnelle, corporatistes, etc.

Il n’y a pas si longtemps, cela nous a valu le surnom de « République bananière » les événements ayant tendance à se répéter, il faut donc croire que les leçons du passé ne servent pas au présent, et ce système furtif bien rodé a encore de beaux jours devant lui avant qu’une hypothétique révolte ou une improbable révolution ne vienne le faire voler en éclat, ne laissant aux critiqueurs de tous bords que l’espoir de changement. Certes, l’espoir fait vivre, mais l’espoir seul ne fait pas évoluer ni changer les choses, seuls les actes le font, l’histoire est là pour nous le rappeler.

Et arrêtons de croire que la Révolution française est éternelle, elle a eu lieu il y a plus de 200 ans, et en ce temps-là les Français avaient du courage, aujourd’hui, il ne leur reste que la nostalgie d’un passé glorieux.

À tous les révolutionnaires de chambre, si vous voulez la révolution, il faut vous en donner les moyens, descendez dans la rue et faites comme les Tunisiens, les Égyptiens et les autres, mais si les raisons et le courage manquent pour faire une vraie révolution de rue, alors il ne reste qu’à la faire par les urnes, comme les Islandais.

En 2012, votons pour véritablement changer la société, mais arrêtons de nous plaindre si les choses ne sont pas comme nous le souhaitions, car tous ces individus qui nous ont gouvernés ou qui nous gouvernent ne sont pas des inconnus pour nous. Depuis des décennies, ils dirigent ce pays à tour de rôle, et chaque jour, sur le plan national, ils ne font que faire grandir le déficit public, et sur le plan international, ils ne font que faire reculer la France dans tous les domaines.

Les chiffres ne mentent pas, c’est pourquoi il faut toujours garder à l’esprit le « cadeau » que nous ont laissé nos infaillibles Présidents censés résoudre les problèmes et non les créer :

En 7 ans Monsieur Giscard d’Estaing a endetté la France de 110,1 milliards d’euros (INSEE)

En 14 ans Monsieur François Mitterrand a endetté la France de 552,7 milliards d’euros (INSEE)

En 12 ans Monsieur Jacques Chirac a endetté la France de 546,1 milliards d’euros (INSEE)

En 3 ans Monsieur Nicolas Sarkozy a endetté la France de 382,7 milliards d’euros (INSEE)

Soit une moyenne de 127,5 milliards d’euros par an, à la fin de ce mandat la dette sera approximativement de 637,5 milliards d’euros.

Si par malheur un deuxième mandat échouait à Monsieur Nicolas Sarkozy, à lui tout seul, il aura fait mieux que les trois autres réunis, 1208,9 milliards d’euros pour Giscard/Mitterrand/Chirac et 1275 milliards d’euros pour Monsieur Nicolas Sarkozy (en supposant que cette progression constante de la dette se maintenait).

Pour qu’il n’y ait pas de frustration poste électorale, rappelons-nous que le jour du vote c’est le peuple qui décide de son destin et que l’élu ne doit être que son instrument.


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