La gaucherie des écotaxeurs

par Phil AUTEMPS
mardi 24 septembre 2013

 Il est difficile de ne pas réagir après tant d'inepties à propos de l'impôt supplémentaire sur l'énergie.

 "Les familles aux revenus modestes dépensent 900 € par an pour leur chauffage pour un revenu par ménage de 9000 €, ce qui est considérable." D'abord dépenser 10 % pour le chauffage est certainement un idéal pour beaucoup. Ensuite, c'est ce que les organismes HLM demandent souvent rien que pour le chauffage d'un logement.

 "Nous examinerons toutes les situations où les dépenses énergétiques sont excessives." Le "nous" sera vraisemblablement des "contrats d'avenir", remarquons que ça ne les changera guère des centres d'appels. Et comme on le constate déjà maintenant, on va nous embrouiller. Par exemple, calculer le cout d'un chauffage électrique implique de déduire les frais d'abonnement qui seraient payés de toute façon. Et avec la facilité dont les tarifs de l'électricité sont "ajustés", beaucoup seront considérés dans la zone rouge.

 "Nous regrouperons les personnes âgées dans des habitats collectifs, ça brisera leur solitude." Comme s'il suffisait de parquer les vieux dans un endroit où ils n'ont pas de repères et ne sentent pas chez eux... La solitude peut être pire dans une collectivité. Quand les vieux dépenseront plus pour le loyer et les charges que pour le chauffage dans leur chez eux, qu'auront-ils gagné ?

 "Ils pourront vendre leur habitation." Tu parles Charles ! Étant donné le nombre d'habitations déclarées invendables à cause de cette surenchère sur les prix de l'énergie, les marchands de biens en achèteront quelques-unes pour un prix dérisoire. Et comme ils auront les moyens d'effectuer les travaux, ils réaliseront une magnifique plus-value.

 "Ça va créer de l'emploi." Il y en aurait eu beaucoup si les règles d'octroi des aides n'avaient pas été chamboulées pratiquement chaque année. Et quels emplois ? On est déjà assailli par des charlatans qui prétendent travailler pour EdF, qui vous installent des panneaux solaires que le toit ne peut pas supporter, des fenêtres simplement collées (si si) et des portes pour des prix exorbitants, des installations qui n'ont aucune chance de fonctionner,... ou qui se déclarent en faillite quand ils ont encaissé assez d'acomptes. C'est sûr que les banquiers vont se frotter les mains, avec les assurances maison qu'ils imposent à leurs clients.

 "Le ménage ne paiera pas plus qu'avant." Ce système où le client ne rembourse que le montant économisé sur la facture d'énergie est un échec au Royaume-Uni. Vu la durée de remboursement, il se retrouvera dans l'impossibilité de vendre son habitation.

 "On peut faire baisser les frais de chauffage des passoires énergétiques de 2500 € à 250 €." L'amortissement semble intéressant dans ce cas. Mais pour celui qui va dans le meilleur des cas économiser quelques centaines d'euros ? De plus, ce montant de 250 € ne peut être envisagé qu'en ne tenant pas compte des frais d'abonnement à l'électricité et au gaz, de la vérification de l'installation du gaz, des deux ramonages obligatoires et on en passe.

 "Cet impôt sera reversé aux Français." À qui ? Si c'est aux familles (aux revenus) modestes, ça ne concernera pas grand monde. Si c'est une baisse de la TVA sur les travaux, on n'en verra guère la couleur.

 Nous on a deux pistes pour économiser de l'énergie : trouver enfin des solutions pour que les appareils de réfrigération et congélation consomment moins, et pouvoir régler le déclenchement du chauffe-eau pendant une partie des heures creuses, celle où on dort. Mais on sait bien que les donneurs de leçons et les grands visionnaires se sentent investis du devoir impérieux de nous culpabiliser..


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