Le combat contre l’illettrisme mérite plus qu’une Agence, une de plus !

par CHALOT
mercredi 10 août 2016

 L’illettrisme en France n’est ni marginal, ni en voie d’extinction.

Il touche 2 500 000 personnes, c’est-à-dire 7% de la population adulte âgée de 18 à 65 %

Le monde du travail est particulièrement concerné puisque la moitié a une activité professionnelle.

Il serait erroné de lier mécaniquement l’illettrisme à l’immigration et ceci pour deux raisons :

La première c’est que près des ¾ des illettrés parlaient uniquement le français à la maison à l’âge de 5ans.

La deuxième c’est qu’aux cours de français donnés aux personnes issues de l’immigration, il y a de moins en moins d’illettrés, les demandeurs maîtrisant leur langue et ayant été pour la plupart à l’école.

Ce fléau, l’illettrisme serait combattu énergiquement en France grâce à des actions éducatives hardies !

C’est là une affirmation plus qu’ hasardeuse.

Les pouvoirs publics savent communiquer, c’est un fait.

Les journées nationales d’action contre l’illettrisme sont annoncées.

Elles auront lieu du 5 au 10 septembre 2016 et sont pilotées par l'ANLCI, l’Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme.

Ce sera la dernière initiative de cette agence qui change de nom, perd la référence à la lutte contre l’illettrisme pour devenir le 1er janvier 2017, l'Agence de la langue française pour la cohésion sociale…..

Ah cette cohésion sociale, toujours là….

Je préfère le lien social car qui dit cohésion, dit l’acceptation de la société telle qu’elle est alors que nous militants de l’éducation populaire nous œuvrons pour la transformation sociale vers une société plus humaine et plus sociale….

Ce débat n’est pas que sémantique.

L’Agence ne tirera aucun bilan de son action et pour cause : elle est loin du terrain et des réalités.

Certains pourraient expliquer cette insuffisance par la typologie des illettrés : des pauvres, des isolés, des personnes qui ignorent leurs droits et en plus qui ne votent pas….. !

Ces reproches sont exagérés… A peine.

A Vaux-le-Pénil où les bénévoles des « familles laïques » ont répondu à la demande venant de personnes, françaises de naissance mais ne sachant ni lire ni compter, nous n’avons eu aucun contact avec l’agence ou ses représentants.

Les associations comme la nôtre ont besoin d’être entendues et soutenues….

Notre association ne solliciterait pas de subventions puisque ce sont des bénévoles qui sont à la manœuvre mais aimerait pouvoir disposer de formations.

Voici là une piste de travail pour l’Agence.

D’autres peuvent être étudiées : un maillage territorial de cours de français accessibles, des stages de remise à niveau dans le cadre de la formation continue…..

Tout ceci mérite de la réflexion et des échanges organisés avec les acteurs….

Il faudrait aussi arrêter de réduire le nombre d’heures de français à l’école et agir contre l’échec scolaire….

Il faut à la fois combattre l’illettrisme d’adultes et à la fois l’enrayer pour les enfants : un enfant qui ne maîtrise ni l’écriture, ni la lecture à la fin de sa scolarité risque de rencontrer des difficultés et d’aggraver sa situation de départ.

Jean-François Chalot

 


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