Le débat sur les traitements précoces de la COVID-19 : Rappel des faits pour déjouer les « scripts » et éviter la division sociale

par Jacques Pollini
mercredi 25 novembre 2020

 

Une forte division sociale est en train de se former partout dans le monde occidental, selon la manière dont les gens s’informent sur la crise COVID-19, via les réseaux sociaux ou les médias traditionnels. La divergence des informations transmises par ces sources ne cesse de s’accroitre, comme en témoigne la diffusion des documentaire « Hold-up »[1] et « Plandemic »[2], qui suscitent le fanatisme complotiste d’un côté et le déni de complot de l’autre.

Mon but n’est pas de promouvoir un point de vue tranché vis-à-vis des questions soulevées dans ces films. Il est plutôt d’ouvrir un débat permettant de réduire le risque de division de notre société entre ces deux extrêmes. En effet, le complotisme, tout comme son déni qui en est le miroir, conduisent à la formation de systèmes de pensée fermés, une doxa[3] d’un côté et sa dénonciation en tant que complot de l’autre, d’où une impossibilité de dialogue entre ceux qui adoptent ces positions extrêmes. Pour qu’un dialogue soit possible, il faut revenir aux faits et transformer des affirmations opposées en une question commune : un complot est-il possible ? Une thèse complotiste, c’est-à-dire une explication des faits dans laquelle interviendraient des acteurs invisibles mais influents œuvrant pour un agenda caché, est-elle possible ? Quels sont les faits qui s’accordent avec cette explication ou la réfutent ? Dans ce but, je me permet d’exposer quelques faits qui me paraissent irréfutables, tout en demandant aux lecteurs de tenter de les réfuter afin que le dialogue reste ouvert. Il s’agira ensuite d’expliquer ces faits et je proposerai une explication, tout en demandant aux lecteurs de proposer la leur, afin de permettre un débat ouvert.

Les faits que je présente concernent exclusivement une des questions abordées dans les deux films, abondamment traitée dans les médias et les réseaux sociaux depuis 10 mois : l’efficacité des traitements précoces de la maladie COVID-19. Ils ne nécessitent aucune expertise en médecine, épidémiologie, ou statistique pour être reconnus et vérifiés. Ces faits sont les suivants :

  1. Toutes les études cliniques sauf une testant la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine (HCQ/AZI) sur des patients COVID-19 en ambulatoire (non hospitalisés) et quelques jours après déclaration des premiers symptômes montrent un effet positif. Vous trouverez la liste de ces études en appendice et si j’en ai oublié une, je vous invite à me corriger. Celle ne montrant pas d’effet significatif est la seule qui soit randomisée mais elle porte sur des patients jeunes (41 ans en moyenne) et en bonne santé, n’ayant que des symptômes légers. Son résultat n’est pas une surprise car on sait déjà que les patients jeunes et en bonne santé guérissent généralement tout seul. Une re-analyse des données de cette étude a en outre montré un effet en faveur du traitement.[4] La controverse porte donc sur l’utilisation de l’HCQ seule ou combinée avec l’AZI en milieu hospitalier, plutôt que sur l’utilisation du traitement HCQ/AZI en médecine ambulatoire. Bien entendu, de futures études pourraient déboucher sur des résultats différents et changer cette conclusion.
  2. Une seule étude randomisée, mentionnée ci-dessus, a été conduite à ce jour pour tester le traitement HCQ/AZI en ambulatoire, et elle porte sur des patients non vulnérables, alors que ce traitement a montré des effets positifs dans 11 études observationnelles, donc non randomisées. En toute logique, ceux qui contestent les résultats des études observationnelles devraient lancer plus d’études randomisées pour vérifier ces résultats notamment sur des patients vulnérables.
  3. Malgré ces premiers résultats encourageants quant à l’efficacité du traitement HCQ/AZI en ambulatoire, les personnes qui ont mis au point ce traitement et qui l’utilisent sont harcelées tant par les médias que par les autorités médicales, notamment aux USA et en France. L’argument donné pour justifier le rejet de cette approche thérapeutique est presque toujours le fait que certaines études portant sur l’HCQ utilisée seule ou l’HCQ/AZI utilisées sur des patients sévères en milieu hospitalier montrent que ces traitements ne marchent pas. Cet argument n’a aucune logique et aucun scientifique honnête et sérieux ne peut l’accepter. Car il consiste à contester que les fraises sont rouges en se basant sur le fait que les citrons sont jaunes !
  4. Les médecins qui malgré ces pressions utilisent le traitement HCQ/AZI sur des patients COVID-19 en ambulatoire et rapportent des résultats positifs, en général en postant des vidéos sur YouTube, sont censurés par les algorithmes de YouTube, Google, Twitter ou Facebook.
  5. D’autres approches thérapeutiques ont également montré des effets positifs pour traiter les patients COVID-19 en ambulatoire, notamment l’ivermectine, dont les effets positifs ont été montrés par 6 études sur les 7 abordant le sujet, l’HCQ en monothérapie, avec vingt-trois études montrant un résultat positif et une seule ne montrant pas d’effet,[5] mais aussi l’AZI utilisée seule, d’autres antibiotiques, la vitamine D et le zinc, et diverses combinaisons de ces molécules. Malgré les espoirs élevés apportés par ces traitements quand ils sont administrés de manière précoce, le dogme reste que les patients COVID-19 ne doivent recevoir que des traitements symptomatiques de type doliprane et rester chez eux jusqu’à ce qu’ils guérissent ou que leur aggravation justifie une hospitalisation.

Je n’ai exprimé ci-dessus aucune opinion personnelle et n’ai formulé aucun avis médical ou épidémiologique. Je n’ai fait que rapporter des faits bruts relatifs à ce que les scientifiques disent et il n’est nul besoin d’être médecin, virologue, ou statisticien, pour reconnaitre et vérifier ces faits. Mes observations sur la censure dans les médias sociaux et l’étrange logique de certains communicants sont également facilement vérifiables.

Comment donc expliquer ces faits ? A ce jour, je ne vois qu’une explication : un script a été conçu afin de distordre le débat et rendre impossible l’examen des faits. Je ne sais pas qui a conçu ce script et à quelle fin mais ce script existe. Il est là devant nos yeux. Il est adopté par la majorité, qui n’a pas conscience de sa nature. Il est progressivement dévoilé par quelques personnes qui ne tombent pas dans son piège. La première analyse, à ma connaissance, décryptant ce script, a été formulée le 23 avril 2020, sur un blog[6] analysant la crise COVID-19.

En quoi consiste ce script ? Fondamentalement, il s’agit de faire passer l’argument des citrons jaunes. Il s’agit de faire glisser le débat d’une question résolue, celle de l’efficacité des traitements précoces, à une question non résolue, celle de l’efficacité de l’HCQ pour traiter les patients COVID-19 hospitalisés, afin de créer une confusion qui transforme en controverse ce qui ne l’est pas. Il s’agit de créer une incertitude plus grande que celle qui existe réellement, puis, une fois que cette incertitude a été créée ou augmentée, d’invoquer la science et son exigence de rigueur, au nom d’un idéal scientiste[7] dépassé mais encore très influent dans la société, pour justifier l’absence de conclusion sur les traitements, et donc l’absence de mesures pour traiter les malades en phase précoce.

Nous avons vu ce script à l’œuvre dans deux études qui ont fortement influencé le débat sur les traitements à base d’hydroxychloroquine. La première est l’étude de Mehra et al (2020)[8] parue dans le journal The Lancet. Cette étude s’est avérée frauduleuse mais même si elle ne l’avait pas été, elle n’apportait aucune preuve de l’inefficacité des traitements précoces à base d’HCQ et AZI. En effet, les auteurs affirment eux-mêmes que leurs données, et donc leurs résultats, ne s’appliquent pas à la médecine ambulatoire.[9] Pourtant les médias et décideurs des autorités de santé ont repris les conclusions de l’étude pour justifier de ne pas traiter les patients COVID-19 en utilisant des traitements à base d’HCQ, quel que soit le contexte et donc également en médecine ambulatoire. Cette décision n’a aucune logique mais elle s’accorde avec le script.

Le même processus s’est produit lors de la publication de l’étude de Fiolet et al (2020).[10] Cette méta-analyse porte sur 29 études dont 28 sont conduites en milieu hospitalier. Celle conduite sur des patients non hospitalisés teste l’utilisation de l’HCQ sans AZI. Pourtant les auteurs concluent que les traitements à base d’HCQ et AZI ne devraient pas être utilisées, ajoutant même que des recherches à leur sujet sont devenues inutiles. Ils ne précisent pas que leur conclusion, si correcte (ce que beaucoup de commentateurs ont contesté[11]), n’est valable que dans le cas des patients hospitalisés ou recevant l’HCQ seule. Et là encore, les médias et autorités médicales utilisent l’étude pour rejeter les traitements à base d’HCQ de manière générale.[12]

Un autre exemple de mise en œuvre du script concerne les débats qui ont eu lieu récemment au sénat américain concernant les traitements précoces de la COVID-19.[13] Au cours des discussions, les intervenants défendant la stratégie prise par le gouvernement ont progressivement recentré le débat sur l’HCQ, alors qu’elle n’est qu’un aspect des discussions et pas le plus important. Puis les médias qui ont commenté ce débat l’ont présenté comme s’il s’agissait d’une audition sur l’HCQ,[14] créant une confusion quant à ses conclusions. En se basant sur quelques études ne montrant pas d’efficacité de l’hydroxychloroquine dans certains contextes thérapeutiques, c’est l’ensemble de l’approche consistant à traiter des patients COVID-19 de manière précoce qui est rejetée. Là encore, nous voyons la mise en œuvre du script, heureusement dénoncée par d’autres médias.[15] On pourrait multiplier les exemples et j’encourage les lecteurs à faire leurs propres recherches.

Ce script joue un rôle malveillant. Il a pour fonction de causer la crise, pas de la résoudre. Considérant cet objectif, il est intelligent, à condition qu’une force de frappe médiatique soit mobilisée pour le répandre, pour éviter que les gens prennent le recul qui leur permettrait de le déceler. Dans ce contexte de matraquage médiatique, ceux qui décèlent le script se trouvent en dissonance cognitive avec la majorité, se trouvent isolés, et ainsi leur voix ne peut être entendue et peut facilement être discréditée. L’être humain est intelligent. Le script est parfaitement rationnel et produit son effet si son but est de créer la crise, mais il ne l’est pas si le but est de la résoudre. Il explique la folie et l’irrationalité apparente qui s’est emparée de nos dirigeants, de nos journalistes. Ceux-ci ne sont pas les créateurs du script, même s’il est possible que certains créateurs soient parmi eux, car ils peuvent occuper toutes sortes de positions dans la société. Nos élites sont simplement piégées dans une logique qui n’est pas la leur. Elles ne font qu’exécuter le script et il ne faut donc pas entrer en conflit avec elles ou les juger. Il faut seulement les mettre face aux faits et exiger qu’elles rendent compte, qu’elles s’excusent et reconnaissent leurs erreurs ou apportent des preuves réfutant les cinq faits ci-dessus.

Qui sont donc les auteurs du script ? Il est clair que l’industrie pharmaceutique est une direction dans laquelle il faut chercher.[16] Mais ce n’est pas forcement la seule. D’autres acteurs vont tirer profit de cette crise, notamment les banques qui augmenteront leur contrôle sur l’économie en la refinançant,[17] et les GAFAM dont la valeur des actions s’envole.[18] Pour découvrir les auteurs du script, nous devons donc chercher au-delà du « big pharma ». Nous devons également être unis. Nous ne devons pas confondre les auteurs du script, qui ne peuvent être qu’un très petit nombre, avec les exécutants, qui sont la majorité et doivent être nos alliés. Cette division, sans doute les auteurs du script la veulent-ils car elle augmentera leur pouvoir. Nous devons demander à nos élites, nos dirigeants et nos journalistes, de rendre des comptes lorsqu’ils exécutent le script, mais nous ne devons pas les juger, sauf s’ils s’avèrent être auteurs. Nous devons les mettre face aux 5 faits énoncés ci-dessus afin qu’ils réalisent eux même l’existence d’un script dont ils sont le relais involontaire. Nous devons leur demander quelles sont les forces, les influences, qui les conduisent à ignorer ces faits. Nous pourrons ainsi remonter à la source du script et, finalement, juger ses auteurs.

 

 

Appendice : liste des études HCQ/AZI en milieu ambulatoire ou traitement précoce de la COVID-19. Source :https://c19study.com/

 

  1. Etudes sur l’efficacité du traitement :

 

Effet positif :

 

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857920304258?via%3Dihub

https://assets.researchsquare.com/files/rs-70219/v1/355eb86a-0b86-4bee-b6b3-1212593fd864.pdf

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857920304301

https://academic.oup.com/aje/article/189/11/1218/5847586

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1477893920302817

https://www.journalajmah.com/index.php/AJMAH/article/view/30224/56706

https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.18.20066902v1

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32387409/

https://www.dropbox.com/s/5qm58cd4fneeci2/2020.04.15%20journal%20manuscript%20final.pdf

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1477893920301319

https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/03/Hydroxychloroquine_final_DOI_IJAA.pdf

 

Pas d’effet mesuré :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2589537020303898

 

  1. Etudes sur les risques liés au traitement

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2052297520300998

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0022073620305288

 

 
 

 

[1] https://www.dropbox.com/s/1fmawkvk55kh9eb/Hold-Up%20film%20documentaire%20COVID.mp4?dl=0

[2] https://www.dropbox.com/s/vu31mqfrghewvsv/Plandemic_Part1_Judy_Mikovits_PHD_720x480_128-2.mp4?dl=0 ; https://www.dropbox.com/s/isv9iu76tntqp5d/Plandemic%20-%20The%20Hidden%20Agenda%20Behind%20COVID-19.mp4?dl=0

[3] Voir https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/161120/le-complotisme-pour-les-nuls-l-occasion-d-un-recent-documentaire

[4] L’effectif de cette étude randomisée est relativement réduit, ce qui réduit les chances de détecter un effet significatif, mais l’absence de détection d’effet ne signifie pas l’absence d’effet. Un mathématicien a refait l’analyse des résultats en combinant les traitements HCQ et HCQ/AZI pour constituer une cohorte unique à comparer au placebo. Sur cet échantillon plus grand, il a pu détecter un effet significatif en faveur du traitement (communication personnelle). D’autres études négative mais à faible pouvoir statistique ont été re-analysées en combinant plusieurs cohortes de patients, débouchant aussi sur la détection d’effets significatifs non découverts par les analyses initiales (https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.09.29.20203869v3) .

[5] Voir la liste des études HCQ sur ce site : https://hcqmeta.com/. Pour une liste des études sur les traitements précoces plus généralement, consulter https://c19study.com/.

[6] https://covexit.com/the-definitive-guide-to-discrediting-hydroxychloroquine-based-treatments-to-covid-19-part-1/.

[7] Voir https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/traitements-a-base-d-228052.

[8] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext

[9] Les auteurs écrivent, parlant de leurs données : “These data do not apply to the use of any treatment regimen used in the ambulatory, out-of-hospital setting” (ces données ne portent pas sur l’utilisation de traitements utilisés en ambulatoire, hors de l’hôpital”.

[10] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7449662/

[11] http://www.francesoir.fr/opinions-entretiens/apres-relecture-methodique-de-letude-fiolet-lhydroxychloroquine-est-efficace

[12] Voir par exemple https://www.lepoint.fr/sante/covid-19-l-espoir-eteint-de-l-hydroxychloroquine-27-08-2020-2389170_40.php ; https://plus.lesoir.be/321267/article/2020-08-27/une-vaste-etude-enterre-la-chloroquine ;

[13] Pour une transcription des discussions, voir http://www.francesoir.fr/societe-sante/au-senat-americain-le-retour-fracassant-dune-medecine-qui-soigne-verbatim

[14] Voir par exemple https://www.washingtonpost.com/politics/2020/11/20/hydroxychloroquine-covid-senate-hearing/ ; https://www.nytimes.com/2020/11/24/opinion/hydroxychloroquine-covid.html ; https://www.newsweek.com/top-scientist-hydroxychloroquine-senate-hearing-1549061 ; https://www.cnn.com/videos/health/2020/11/21/coronavirus-hydroxychloroquine-senate-committee-hearing-jha-sot-ebof-vpx.cnn/video/playlists/coronavirus/

[15] https://theeconomicstandard.com/refuting-dr-ashish-jhas-dangerous-and-deceptive-testimony/

[16] https://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/07/26/gilead-vingt-et-un-milliards-de-raisons-de-discrediter-l-hyd-307793.html ; https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/060520/le-remdesivir-l-industrie-pharmaceutique-et-la-crise-du-covid.

[17] https://brunobertez.com/2020/10/12/editorial-la-politique-mondiale-de-gestion-de-la-crise-se-fait-a-la-corbeille/

[18] https://www.ceotodaymagazine.com/2020/07/big-five-us-tech-companies-reach-6-4-trillion-market-cap/

 


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