Le football, reflet de notre société ?

par Laurent Herblay
vendredi 17 juin 2016

Sans oublier la part, essentielle, de communion festive nationale que permet le ballon rond, difficile de ne pas aussi voir dans ce sport un reflet de notre société dans ses excès, d’inégalités, de violences, physiques ou non, de rôle délirant de l’argent et de dérive individualiste.

 
Icare joue au ballon
 
Bien sûr, le football, c’est une France rassemblée, derrière son équipe nationale, qui chante la Marseillaise et beaucoup de choses qui nous séparent s’éclipsent temporairement derrière le soutien aux bleus. Mais le football, c’est aussi l’occasion pour des casseurs de gâcher la fête en cassant et en blessant, comme on a pu malheureusement le voir à Marseille. Cela a aussi été l’occasion d’une polémique absurde sur les choix de Didier Deschamps, qui révélait la grande légèreté et l’individualisme des polémistes, qui ont perturbé un collectif qui n’en avait pas besoin. C’est aussi ce déluge de publicité où des sportifs chèrement rémunérés offrent leur image à des marques pourtant parfois à l’antipode des valeurs qu’ils portent. Ce sont aussi ces rémunérations effarantes, plusieurs dizaines de millions par an.
 
Bien sûr, comme s’extasie Nicolas Beytout dans L’Opinion, parlant de Zlatan Ibrahimovic, ce n’est que la loi du marché, mais justement, le fruit de cette loi, même s’il est vrai que la carrière des footballeurs est courte, c’est que les stars du ballon rond gagnent plusieurs centaines de fois plus que les médecins, qui sauvent des vies et qui étudient une dizaine d’années. N’est-ce pas totalement exagéré, d’autant plus que les taux marginaux d’imposition ont été bien réduit, et que le gouvernement avait créé une dispositif pour protéger le milieu de la fameuse taxe à 75% ? Les proportions des années 1980 n’étaient-elles pas moins délirantes ? Le monde du football, ce sont aussi les pyramides de dettes de certains clubs, d’autres clubs, devenus des jouets d’oligarques, au mépris de toute compétition un peu juste…
 
Et même si certains footballeurs se comportent très mal, j’ai parfois aussi l’impression que leur vie est très brutale, qu’il est difficile d’être préparé aux excès de louanges ou de critiques, qui se succèdent d’un match à l’autre, parfois sans nuance, sous le feu nourri des média. Les descentes en flamme après un seul match, de manière publique, ne sont-elles pas dures à vivre pour les footballeurs ? Certes, ils gagnent beaucoup, mais cela ne mérite tout de même pas l’oubli de toute bienveillance humaniste à leur égard. J’ai parfois l’impression qu’ils sont un peu les combattants des jeux du cirque moderne. En outre, c’est aussi un sport qui abolit la notion de temps, fonctionnant à très court terme, un ou deux matchs seulement pouvant déclencher une crise. Cette pression incessante est violente.
 

Malgré tout, ces compétitions internationales, par l’écho colossal qu’elles ont, et le rassemblement de tous les Français autour de l’équipe nationale, sont sans doute des moments à chérir. Puisse un jour le football faire un peu de ménage et adopter un mode de fonctionnement plus équilibré.

 

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