Le monopole de l’identitÚ franšaise par les allergiques Ó l’immigration

par parlons-en
samedi 9 avril 2016

« Je ne suis pas raciste, mais l’immigration me gêne ». Beaucoup de personnes ressentent une vraie méfiance envers les cultures étrangères, surtout lorsqu’elles viennent s’implanter au sein de la société qu’ils la croyaient éternellement modélisée selon leur propre culture. Comme chacun d’entre nous, ces personnes aspirent à faire partie d’une communauté, à se rattacher à une identité commune à d’autres, parfois sous la forme d’une nation, par patriotisme, parfois d’une religion, d’un mouvement idéologique ou simplement d’un territoire. C’est dans la nature de l’homme social de ressentir le besoin de rattachement à une identité partagée, car il se sent soutenu, accompagné. Il n’est donc pas isolé et peut partager son épanouissement.

Depuis que la France s’est ouverte à l’immigration, notamment à partir des années soixante-dix avec la vague d’immigration magrébine, les personnes qui s’étaient rattachés depuis toujours à la France comme identité communautaire ne se reconnaissent plus dans cette identité devenue cosmopolite et multiculturelle. De fait, ils se sentent égarés, voire personnellement atteint. Bouleversés d’être attaché à une France qu’ils ne reconnaissent plus. Ils imaginaient que cette belle France les représente légitimement, mais qu’elle n’est plus seulement une nation de blancs paisibles d’origine chrétienne, elle est un vaste univers très hétéroclite, où les cultures et les religions s’emmêlent hasardeusement. Les traditions françaises doivent maintenant cohabiter avec des traditions venues d’ailleurs, principalement d’Afrique, mais aussi beaucoup d’Asie. La peur de voir son identité, en tant que Nation, perdre de sa forme au fur et à mesure que l’immigration complexifie sa composition, envahit les esprits les plus fragiles et les baignent dans l’idée que leur culture leur a été dérobée. Ces personnes semblent subir une mondialisation qu’ils n’ont jamais vraiment souhaitée, d’un changement du modèle socio-culturel qu’ils n’ont pas commandé. Ils perdent leurs repères habituels et finissent par se sentir déracinés de leurs valeurs traditionnelles. Ce sentiment n’est pas exclusivement français, il est commun à toute société qui connait un taux d’immigration important et qui ne s’y est pas préparé intellectuellement.

La réponse à ce sentiment de haine pour des êtres venus de l’extérieur, qui viennent modifier la composition de notre identité, n’est pas de paniquer en les rejetant, en les excluant du projet d’avenir. La réponse que j’offre à cette population égarée est simplement de se retrouver une identité communautaire sur laquelle se rattacher, de retrouver un tissus culturel à s’approprier, dans lequel s’intégrer et s’émanciper. Mais ces nouveaux univers identitaires n’ont aucune raison de revendiquer un quelconque monopole dans notre société. Si le petit chrétien blanc trouve que la France qu’il a aimé a changé, qu’il ne sait plus sur quoi se rattacher pour continuer de faire vivre son intellect auprès d’autres semblables, alors je lui demande de réinventer une communauté qui lui plairait, sans s’efforcer éperdument de rejeter les autres, au risque de s’isoler soi-même.

Concrètement, on peut voir dans la culture bretonne, dans le communisme, dans les raiders, dans le football marseillais, dans l’associatif, dans la plongée ou dans le projet européen un tas d’opportunité de s’attacher à une communauté, à une identité, à une vision du bien-être et à les partager. Chacun peut aussi côtoyer plusieurs communautés, faisant de la population un maillage d’aspirations individuelles s’entremêlant entre elles, dans un respect mutuel devenant évident. Je suis français et marseillais, français et breton, français et européen, français et musulman, français, parisien et chrétien, français, chinois, athée et voyageur ou simplement français, parce que je viens de naitre. Le tout est que vous vous sentiez chez vous, en France, en cohabitation avec une multitude inchiffrable d’autres communautés aux aspirations divergentes, aux histoires et aux traditions très différentes. Cette cohabitation doit se faire dans le respect mutuel et dans la limite des libertés de chacun, hommes, femmes et enfants. La France est originellement un pays d’asile et d’immigration, elle continuera de l’être, et tenter d’uniformiser les français autour d’une seule et simple culture soi-disant judéo-chrétienne est un effort perdue d’avance et profondément égoïste et triste.

J’appelle ceux qui s’égarent et ne savent plus dans quoi s’identifier d’ouvrir les yeux, d’encourager les rencontres pour se retrouver une nouvelle communauté. Je sais qu’une fois retrouvé le chemin du partage de convictions et de visions avec d’autres semblables, les immigrés que vous craignez tant ne vous paraitront plus que comme de simples compatriotes, loin d’être dangereux, et heureux de vous voir épanoui, tout comme ils le deviendront. Notre société a besoin de retrouver un équilibre où chacun est en mesure de se trouver une place, une communauté dans lequel s’émanciper. La République et la démocratie se chargeront de maintenir la stabilité et la cohésion entre toutes ces différences qui, de toute manière, existent depuis la nuit des temps, elles ont simplement changé de couleur de peau et ont élargie leurs origines géographiques. Quel mal y a-t-il à vivre ainsi ?


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