Le pantalon ou le niqab, vous de choisir

par FRIDA
lundi 15 août 2011


http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/la-police-humiliee-par-des-31308

Si vous autorisez à vos femmes de transgresser une loi sur le port du pantalon, nos femmes ont également notre bénédiction pour transgresser une loi sur le port de la burqa, le niqab et le voile. En gros, voilà le message de la manifestation, non déclarée et non autorisée. (il faut remarquer que la transgression chez eux ne se limite pas à un point précis, mais devient un mode d'expression pour exister et leur existence ne se conçoit que contre l'autre). Il est étonnant de voir le déploiement de tant d'énergie, dans une période de crise, où il y a tant de problème (chômage, dette publique, Europe etc) pour lesquelles il plus que souhaitable de mobiliser son temps et ses efforts, certains s'amusent à bruler le code pénal. Après le code pénal, verrait-on le drapeau, (me traitiez-vous d'islamophobe cela peu me chaut), des livres mis à l'index, des femmes, des infidèles...

Ce qui m'intéresse (la critique de ces excités de la religion sont faites par d'autres) dans cette histoire, c'est son aspect juridique.

1- Le premier aspect concerne la loi du 26 Brumaire an IX de la République : « Toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l'autorisation... »

Cette disposition de loi concerne le travestissement des femmes. La femme prend l'identité de l'autre sexe, elle se fait passée pour un homme. Il y avait aussi celles contestaient l'ordre de domination et le manque de liberté et les discriminations. Le contexte n'est en rien comparable,. Voici un extrait de l'article écrit par Christine Bard (Clio, Histoire, femmes et sociétes) « La demande de permission de travestissement la plus ancienne dans ce dossier a été recopiée. Elle date du 17 septembre 1806 et porte le numéro 167. Elle autorise Mlle Catherine-Marguerite Mayer à s'habiller en homme pour monter à cheval. Un autre document – l'original cette fois – fait état de l'autorisation n° 74 accordée à Mlle Adèle Sidonie Loüis, âgée de 36 ans, artiste musicienne, demeurant à Asnières. Elle en bénéficie pour « cause de santé » pendant six mois à compter du 28 octobre 1862.

4 Le reste du dossier est composé de coupures de presse. En 1889, La Petite République française évoque dame Libert, qui comparaît devant ses juges. Elle dirige une imprimerie dans le Quartier Latin et s'est déjà attiré plusieurs fois les remontrances du commissaire de police du quartier, à cause de ses habits masculins. Le tribunal lui adresse une semonce, en la priant de revenir aux vêtements de son sexe. En vain, dame Libert, d'une voix assurée, répond qu'elle n'a pas de robe. Quelques coupures plus loin, nous retrouvons ce “patron” d'imprimerie. Le Temps (9 février 1889) signale que c'est à la suite d'une lettre de dénonciation que dame Libert s'est retrouvée au commissariat, lettre qui l'accusait d'usurper l'identité masculine depuis dix ans. Ses aveux éclairent son parcours. Venue de Strasbourg, après avoir quitté son mari pour incompatibilité d'humeur en 1878, elle s'est associée professionnellement avec son amant. Elle explique à la police que « le costume d'homme permet aux femmes de se livrer avec plus de liberté aux travaux du commerce » et assure que jusque là, personne n'avait découvert « sa fausse qualité ». La contrevenante invoque son ignorance de la loi et s'engage à demander une autorisation. Elle l'obtiendra, selon une autre source.

5 Mlle Foucaud a, elle aussi, fini par obtenir l'autorisation. Fille d'un industriel ruiné, elle arriva en 1830 à Paris où elle fut figurante au théâtre, cochère chez une comtesse, puis ouvrière d'imprimerie, à 2,5 F par jour. Lorsqu'elle découvrit que dans l'atelier des hommes, où s'effectuait le même travail, la paye était de 4 F, elle demanda au patron de changer d'atelier. Ce dernier refusa : « impossibilité absolue. Les sexes ne sont pas mélangés ». Elle demanda alors son compte, se fit couper les cheveux, s'habilla en homme et se fit embaucher quelques jours plus tard dans l'atelier des hommes. Grâce à ses économies, elle put devenir propriétaire, à Clichy, de cahutes pour les chiffonniers. Dans cette cité, « pendant cinquante ans, sous son costume d'homme, elle sut maintenir l'ordre et la discipline ». Le Vieux Papier, qui conte cette histoire en 1911, signale l'existence d'autres travesties exerçant des métiers masculins : « l'imprimeur » du Bd St-Michel, que nous connaissons déjà, une ancienne prostituée entrée dans un atelier de serrurerie, un tailleur de pierres, un palefrenier des environs de Paris, et une marchande des quatre saisons à Paris, Célestine R..., connue sous le nom de « la femme à barbe ». Selon le journal, « sa situation donnait lieu aux quolibets, plus ou moins plaisants, non seulement de ses collègues, les autres marchandes, mais surtout des marchands hommes imberbes et également d'un certain public. D'autre part, elle ne pouvait se séparer de ce bel ornement qui, à la vérité, lui seyait très bien. Elle sacrifia sa chevelure grisonnante et demanda l'autorisation au préfet de police dont elle dépendait comme marchande permissionnée et comme citoyenne parisienne, de porter le costume masculin  ».

On comprend facilement, que les femmes dans ce contexte cherchaient à améliorer leur condition.

On est loin, dans ce genre de manifestation, des bravoures des femmes saoudiennes qui transgressent une loi inique et conduisent malgré l'interdiction. Non plus, rien à voir avec les femmes afghanes qui peuvent risquer leur vie et leur intégrité physique au moindre écart de conduite. Ces femmes revendiquant la burqa et le voile, se mettent en avant pour plusieurs raisons, et j'en ai rien à cirer de leurs motivations. Mais il est évident, que leur liberté d'être ce qu'elles sont n'est que le moyen pour trucider la liberté des autres femmes. Ce genre de manifestation est exemplaire, où on voit un type haranguer la foule. Par exemple les termes « soeur » et « frère » dénotent la proximité de la parenté du sang. Et cela évoque à l'esprit des uns et des autres les interdits d'inceste et les tabous. Par ce biais terminologique on suscite l'adhésion instinctive sans rationalité ni modération. Le cercle pour entourer les « soeurs » et la parodie des hommes qui entourent les femmes pour signifier leur protection des prédateurs « sexuels » est très manifeste. Dans la deuxième vidéo, la femme qui a été contrôlée et embarquée au commissariat l'a répété et a insisté sur le « côté sexuel » chez les policiers, même la femme policière de lui imposer la palpation. Et elle a insinué que les hommes policiers ne cherchaient la palpation que dans le but de la toucher... comprend qui pourra.

On constate que le conflit et la provocation sont de plus en plus recherchés et ouverts non seulement pour faire du buzz, ( on aura un feuilleton bien passionnant cet été, on en est à la troisième vidéo) mais également pour jouer sur le statut de victimes et de résistants. Il n'y a qu'a voir le fond sonore qui accompagne la vidéo (chant à connotation religieuse, pour susciter l'emballement émotionnel, à l'exemple du tambour et du clairon pour la guerre, et les formules en arabe répétées à l'envi..., cela aurait pu rester risible si ce n'est pas porteur d'un danger certain).

Pour ce prédicateur, ce leader, je lui vais lui apprendre que la loi peut être abrogée d'une manière tacite.

Son coup sur « l'interdiction de porter le pantalon » c'est du pipeau.

Je m'explique, une loi, spéciale en l'occurrence, n'a pas été abrogée d'une manière expresse. Mais elle l'a été par le fait des lois ultérieures, lesquelles sont en contradiction avec ses dispositions. Et d'après la jurisprudence c'est la loi récente qui s'applique. Dans notre cas, ce sont les lois sur la liberté individuelle de la femme qui lui donne le même statut égal que l'homme. La femme a maintenant les mêmes libertés que les hommes, du moins dans les textes. Demandez l'application d'une loi qui remonte à 1800 qui est en contradiction avec celles qui l'ont suivie est proprement illégale. Donc ce n'est pas la peine de monter sur ces grands chevaux pour nous embrouiller l'esprit comme c'est déjà le cas de ses excités du bulbe reptilien.

Ensuite, le deuxième aspect, concerne les interdictions et fanfaronnades désespérées pour enrayer la mode du voile et la burqa. Des soldats de l'ombre (certains se nomment les Cavaliers de la fierté) oeuvrent dans l'ombre ou non dans la société civile que l'Etat a abandonnés aux associations en tous genres dans le seul but de faire des économies et enrichir les fans du Cac40.

Le voile a de ceci de particulier, c'est comme la virginité, c'est une spécificité féminine. Personne n'ira vérifier la virginité d'un homme. Il n'y a pas de symétrie dans cette affaire. Les politiques auraient dû s'en méfier. Exclure les écolières (ça viendra, nous vous inquiétez pas, et il ne faudra pas dire pauvre petite fille, sinon vous serai traitée de petite bourgeoise féministe, idiote utile du capitalisme), les collégiennes et les lycéennes ne résout pas le problème. Et surtout on exclut les filles et pas les garçons. Ceux-là sont aussi religieux que les filles voilées. On ne vérifie pas leur virginité comme on le fait pour les filles. Un garçon peut toujours passer les interdits religieux de la fornication hors mariage, il ne subit aucun examen de chasteté.

Quand les politiques ont promulgué une loi difficilement applicable et ne vise que les femmes, les plus zélés et pro-voile (le symbole de la liberté de la femme musulmane pieuse, soumise à son Dieu et non à l'homme ou à la République, il faut bien le souligner), ces nouveaux zélateurs sont à l'oeuvre pour répandre la bonne nouvelle, et tous les moyens sont bons pour les prosélytes. Ils apprennent du marketing publicitaires. Ce qui est censé (d'après leur prétention) n'être que l'expression d'une liberté devient au fil du temps et des manifestations une obligation par mimétisme et réaction du suivisme opportuniste ou imbécile. Le choix de certaines devient par le harcèlement et les injonctions répétées une obligation inconsciente ou non pour beaucoup de femmes. L'objectif final est d'arriver à ne plus se considérer comme minoritaires.


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