Les grossières ficelles de « l’affaire Merah »

par olivier cabanel
jeudi 5 avril 2012

Chaque jour qui passe amène sa pierre à l’édifice, et les indices s’accumulant dans « l’affaire Merah » pourraient prouver qu’elle ne serait qu’une monstrueuse manipulation.

De la couleur du casque et du scooter, en passant par les liens possibles entre la DCRI et Mohamed Merah, (lien) il apparait de plus en plus que toute cette affaire pourrait bien n’être qu’une scandaleuse farce à fin électoraliste, d’autant que dès le début mars, Benoit Hamon s’était inquiété de la stigmatisation dont étaient victimes en France les Musulmans. lien

Si on y ajoute les « coups de filet » qui se multiplient dans les milieux dits « terroristes islamistes » (lien) qui tombent pile à 17 jours de l’élection présidentielle, certains commencent à s’interroger sur une possible manipulation, alors que ces rafles se multiplient. lien

En effet, les « mis en examen » récents étaient surveillées depuis longtemps, et certains se posent la question sur la période choisie pour procéder aux interpellations, sur le seul soupçon du « kidnapping d’un juge » qui reste encore à prouver. lien

Revenons à l’affaire Merah, où les incohérences se multiplient.

Alors que de nombreux témoins affirment que le scooter des meurtres de Montauban était noir, (lien), les images du meurtrier et de son scooter prises par les caméras de surveillance de Toulouse montrent clairement un homme avec un casque blanc, sur un scooter blanc (lien), la police elle-même évoquant un scooter de couleur sombre. lien

Aussi surprenant, la photo prise du véhicule saisi par la DRCI montre clairement le numéro d’immatriculation de l’engin : OA 676 RT, alors que le document de recherche du scooter diffusé par cette même police annonce clairement, le 6 mars 2012, que le numéro recherché est le CA 676 RT, montrant un véhicule de couleur noire.

Autre détail troublant, sur la photo du véhicule recherché, le cache de la roue était de couleur noire, et les vidéos de surveillance montrent un cache de couleur blanche.

Autre étrangeté : lors du meurtre de Montauban, Christian Dellacherie, concessionnaire Yamaha, avait déclaré à la police (témoignage dans « Le Figaro  »), que le scooter était de couleur noire.

On y perd son latin.

Il affirme aussi qu’une semaine auparavant, Merah lui aurait demandé de désactiver la puce GPS du scooter, mais pourquoi Mohamed Merah se serait-il rendu chez ce concessionnaire pour faire une telle demande, en donnant sans hésitation son nom et son prénom ?

Et puis, comment la police aurait-elle pu localiser le scooter et son conducteur, puisque le GPS avait été désactivé, et que le scooter ne se trouvait pas dans le même secteur que l’appartement de Merah ?

Abandonnons le scooter pour s’interroger sur les déclarations des témoins :

L’un deux, (pseudo Martine) décrit le tueur de Montauban comme un homme assez corpulent, de taille moyenne, qui portait un tatouage sur sa joue, le teint pâle et un journaliste interrogé après la tuerie de Toulouse évoque un homme aux yeux bleus, voire verts, (lien) description aux antipodes de celle de Mohamed Merah. lien

C’est d’ailleurs ce que confirme un magistrat déclarant que les portraits du tueur de Montauban et de celui de Toulouse ne correspondent pas du tout.

Comment expliquer toutes ces incohérences ?

Autre incohérence, d’après Claude Guéant, le tueur, ne trouvant pas d’autres militaires à assassiner, se serait décidé à improviser au dernier moment la tuerie dans le collège Juif, ce qui ne correspond pas vraiment au profil organisé et méthodique de l’assassin déclaré.

Et comment expliquer la déclaration de Nicole Yardeni présidente du CRIF affirmant que le tueur n’était pas rentré à l’intérieur de l’école alors que selon d’autres témoins, il y aurait bien pénétré ?

Michel Valet, procureur de la république à Toulouse, a d’ailleurs confirmé que le tueur est descendu de son scooter, et a tiré alors qu’il se trouvait à l’extérieur de l’établissement, puis a poursuivi des enfants jusqu’à l’intérieur de l’école.

Interrogeons-nous aussi sur les dates : la DCRI avait identifié dès le 17 mars les frères Merah, et on est en droit de se demander pourquoi a-t-elle attendu 3 jours avant d’interpeller Mohamed, ce qui aurait permis d’éviter le carnage ?

La DCRI affirmait qu’il lui était impossible de localiser géographiquement le suspect, mais alors pourquoi aller demander son nom chez le concessionnaire puisqu’elle le connaissait déjà ?

D’autres questions intriguent : sur les 576 adresses IP retrouvées par les services de police qui enquêtaient sur l’annonce de vente du scooter, pour quelle raison la DCRI s’est elle focalisée sur la mère d’Abdelkader et de Mohamed  ?

On sait que ce dernier avait fait effectué un séjour de 18 mois en prison, suite à plusieurs délits, et la police avait donc tous les renseignements concernant son identité.

On peut s’interroger aussi sur le fait que les médias aient utilisé une photo de Merah tirées d’une vidéo de 2010, alors que la police avait des photos tout à fait officielles du délinquant.

Autre fait troublant, Claude Guéant affirme que Mohamed âgé de 23 ans était bénéficiaire du RSA, alors que celui-ci n’est versé qu’à partir de l’âge de 25 ans, à moins de répondre à certaines conditions, qui n’étaient manifestement pas réunies par Mehra. lien

Voyons maintenant l’assaut.

Claude Guéant lui-même a déclaré, qu’après qu’un militaire ait été blessé pour s’être trouvé devant la porte, la communication se faisait à travers cette porte.

On essaye de comprendre ?

Après le premier tir de Merah, comment les forces de police auraient-elles pris le risque de discuter à travers cette même porte et s’ils étaient derrière cette porte, pourquoi avoir donné l’assaut en pénétrant par la fenêtre et le balcon en y accédant, à l’aide d’échelles.

12 hommes du RAID pénètrent donc par la porte d’entrée, mais puisqu’ils étaient 55, que faisaient donc les autres ?

On sait que plusieurs avaient pénétré par une fenêtre (lien) et on peut à cet instant s’interroger sur le choix des policiers de donner l’assaut, alors qu’ils auraient pu utiliser des armes non létales très facilement, ainsi que le déclare Christian Prouteau, le fondateur du GIGN. lien

Alors, d’après les dires officiels, Merah réfugié dans la salle de bain, sort de sa cachette et tire sur les assaillants, puis se précipite vers le balcon, mais comment aurait-il pu y accéder alors que de nombreux policiers, après avoir dressé des échelles, étaient présents sur ce même balcon ?

Si l’on regarde cette photo, parue dans « Paris Match  », on voit clairement que tous les policiers massés sur le balcon ne pouvaient permettre a Merah de sauter de celui-ci.

Et puis, si Mohamed a été tué sur le balcon, pourquoi n’y a-t-on retrouvé aucune trace de sang ?

L’autopsie révèle 30 impacts de balles, mais la police déclare qu’il est mort d’avoir reçu « une balle dans la tête  ».

A quel moment a-t-il été tué ?

Dans un reportage, un journaliste affirme que 300 balles ont été tirées en 7 minutes, alors qu’il n’aurait fallu que quelques secondes à Merah pour quitter sa salle de bain, parvenir sur le balcon et sauter.

Et quid des liens qui existeraient entre Merah et Al-Qaïda, comme on peut le lire dans un article paru sur agoravox, riche en détails, interrogations et explications. lien

Quid de Zahia Mokhtari, l’avocate algérienne du père de Mohamed Merah qui a affirmé détenir les preuves de la liquidation du fils de son client, déclarant : « nous détenons 2 vidéos identiques de 20’ chacune dans lesquelles Mohamed Merah demande aux policiers : « pourquoi me tuez vous (…) je suis innocent, pourquoi m’avez-vous trahi » ». vidéo

L’avocate pense que « Merah a été manipulé et utilisé dans ces opérations par les services français et a été ensuite liquidé pour que la vérité ne voit pas le jour ». lien

On peut aussi s’interroger sur la décision du gouvernement de refuser au Sénat la possibilité d’interroger Squarcini, patron de la DCRI ? lien

En résumé, comment ne pas imaginer une sordide manipulation ?

C’est d’ailleurs ce qu’à fait Yang Jiechi, le ministre chinois des affaires étrangères, évoquant une « manipulation politique ». lien

Aujourd’hui, nombreux sont les candidats à l’élection présidentielle qui s’interrogent sur cette affaire, craignant une manœuvre électoraliste.

De Cheminade qui pense que « d’étranges liens se sont établis (…) entre d’anciens réseaux Al-Qaida, des islamistes (…) et nos propres services  » à Chevènement qui parle « d’instrumentalisation  », en passant par Mélenchon qui « s’est interrogé sur le calendrier des arrestations à l’approche du 1er tour de l’élection  » (lien) appuyés par de nombreux journalistes de la presse régionale et nationale (lien) qui s’interrogent, tout comme les juges du SM (syndicat de la magistrature), (lien) comment ne pas être troublé par toutes ces contradictions qui s’additionnent ? sondage

Comme dit mon vieil ami africain : « ne coupe pas les ficelles quand tu pourrais défaire les nœuds  ».

L’image illustrant l’article provient de « lifebooster.be » 

Olivier Cabanel

Article Ancien

 

« to lose » à Toulouse

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