Les jours obscènes
par Michel Tarrier
lundi 2 janvier 2012
Ça y est, l’abomination festive touche à sa fin, on va pouvoir enfin respirer… jusqu’à l’année prochaine.
Cette fieffée période qui n’en finit plus, de No Hell au Jour de l’An, a toujours été pour moi la plus abjecte qui soit. Enfant, je me souviens qu’à l’approche de ces fêtes obligées mes parents m’inspiraient une grande pitié. Notamment quand ils croyaient… que je croyais à toutes ces pathétiques balivernes de Petit Jésus, de crèche, de Père Noël, de Rois Mages, de sapin condamné, de grande bouffe gerbante et de vœux creux et hypocrites.
Combien ça coûte cette décade ordurière ?
La crise, où est la crise ?
Consumérisme suicidaire au moule monothéiste, apothéose de la soumission volontaire à la « manufacture du consentement », fourmis laborieuses au treizième mois devenues moutons de Panurge dépensiers, cadeaux à chier, surabondance d’emballages plus hideux les uns que les autres, manipulation de téléspectateurs subjugués, publicitaires fachos s’en donnant à cœur joie, triomphe des marques et de la frivolité, illuminations de mauvais goût, débauche énergétique aux insupportables pollutions sonores et lumineuses, poubelles débordantes (on passe de 1 à 2 kg/jour), apogée du viandardisme et de l’exploitation animale éhontée (dinde, foie gras, saumon, langoustes ébouillantées vivantes, gambas du bout du monde…), foules avinées, empreinte carbone démesurée et incommensurables dégâts écologiques collatéraux… C’est l’œuvre du grégarisme écervelé et magnifiquement manipulé au nom du « bonheur » programmé.
Et les gens sont d’accord avec ça !
Si on aime un tant soit peu son prochain, cela fait mal de le voir se vautrer dans l’immonde et l’innommable… Surtout quand on sait que la consommation est une maladie qui se soigne par la misère. Le Père Noël est vraiment une ordure.
Bonne année ?