« Les Républicains »

par Di Girolamo
vendredi 29 mai 2015

La voie est ouverte pour que l'UMP devienne Les Républicains (https://fr.news.yahoo.com/lump-peut-rebaptiser-républicains-122209895.html)

La voie s'est ouverte mardi pour le changement de nom voulu par l'ancien président Nicolas Sarkozy pour refonder l'UMP, qui doit devenir samedi Les Républicains, la justice ayant refusé de se prononcer en urgence sur une demande d'interdiction.

Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en référé (procédure d'urgence) par quatre partis ou associations de gauche et 143 particuliers, a en effet estimé que le "trouble manifestement illicite" et le "dommage imminent" invoqués par les plaignants n'étaient pas démontrés, renvoyant l'affaire à une éventuelle saisine d'un juge du fond.

Pour le tribunal, les arguments échangés "relèvent du débat public" et les plaignants ne démontrent pas de "trouble personnel et direct".

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Que dit la constitution au sujet de la République ? Elle dit que "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale" art 1, que "La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. "Qu' "Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. " Art 3

Il est évident au regard de ces articles qu'aucun groupe, aucune section, aucun parti, aucun individu, ne peut s'approprier la République qui est indivisible et dont la gouvernance appartient au peuple dans son ensemble, à tous les citoyens. Déposer la marque République pour un parti politique est donc un non sens et quelque chose de très grave qui signifierait que, comme pour les semences et le vivant qu'on brevète aujourd'hui, il n'y a plus de reconnaissance du bien commun, et même, plus d'espace commun républicain.

La gravité réside dans l'absence de réaction et condamnation unanime de cette pratique et dans les lois existantes qui manifestement ne prennent pas en compte la Constitution. Nous sommes aujourd'hui dans une société entièrement privatisée, et qui s'accepte comme telle. Il y a l'ensemble des acteurs de la société, les personnes physiques et les personnes morales ( associations, entreprises, partis politiques ....) qui sont des acteurs privés et l'état qui gère leur activité ; mais il n'y a plus d'espace public commun républicain, il n'y a plus de citoyenneté au sens d'action publique collective, il n'y a plus d'espace public où se réfléchit et se décide ensemble le projet de société .. 

 Le rôle de l'état, et on le voit ici, des tribunaux, qui ne font qu'appliquer les lois, est de gérer des acteurs privés, personnes physiques et morales ; la citoyenneté en tant que telle au sens constitutionnel de propriétaire et souverain de la République n'est pas une notion juridique ; le tribunal estime que "les plaignants ne démontrent pas de "trouble personnel et direct"." S'appuyant sur les lois, il se réfère donc à la notion de personne et non à la notion de citoyen ; car c'est bien pour le citoyen qu'il y a trouble si des individus ou un parti s'empare de son bien : la République.

J'ai personnellement expérimenté la chose à mes dépens, pour avoir été débouté par le tribunal administratif de Lyon, lors de requêtes concernant l'illégalité du Conseil Local de Développement Ardèche Verte, au motif que je n'avais pas d'intérêt à agir dans cette affaire, le titre de "simple citoyen" dont je me prévalait n'étant pas juridiquement pris en compte. (alors que les CLD sont des structures publiques de citoyenneté active !)

 

Cette affaire de "Les Républicains " est révélatrice de l'état de déliquescence démocratique de nos sociétés.

 L'état n'est plus que le gardien gestionnaire des libertés individuelles d'entreprendre.

 Plus de citoyenneté pouvant donner sens à l'ensemble, plus de projet de société, plus de prospective et de planification, c'est le règne du cloisonnement et de la joyeuse destruction planétaire, sociale et écologique. Tous les partis se bousculent au portillon "du pouvoir " à tour de rôle, aveugles au sens même du pouvoir démocratique et ainsi bien impuissants à agir au sein de ce manège professionnel. Les fondations de la maison sont pourries, les fourmis s'activent en tous sens dans l'incohérence la plus joyeuse, et les sachant, les costumés, très sérieusement nous conduisent, sans même s'en rendre compte, droit dans le mur.

 

"Les Républicains" !... quelle calamité ! quel ridicule ! quel misère ....... En 2017 nous aurons le choix entre Sarko, Juppé, Hollande, de vieilles connaissances qui ont accaparé le manège alternatif sans aucun souci du suffrage direct de la présidentiel, qui n'est direct qu'après le tour de passe passe très indirect du choix permanent de ces professionnels de la communication par un premier tour confié aux partis politiques. Il faut ainsi bien avoir à l'esprit que l'organisation de la vie politique, de la justice et des médias ont réussi à poser durablement un couvercle de béton, un sarcophage sur la démocratie, régime où les citoyens choisissent eux même directement les grandes orientations de la société, au local, au national, les représentants étant missionnés pour les appliquer.

Les citoyens étant devenus des électeurs-consommateurs préférant vaquer à leurs libertés individuelles et l'accumulation de biens plutôt qu'à réfléchir et agir ensemble une relation au monde humaine, écologique et durable, on arrive aujourd'hui avec cette décision d'un tribunal de la République, au bout du bout, au fond du fond du TINA (there is no alternative ) .....vers un rebond ... Ou vers le chaos ?


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