Macron instrumentalise l’antisémitisme

par LATOUILLE
vendredi 22 février 2019

 Heureusement que Alain Finkielkraut est passé devant des manifestants le 16 février dernier. Cherchait-il la provocation comme semble-t-il il aime le faire ? Peu importe, les insultes dont il a été l’objet sont intolérables comme le furent celles lancées par la Ligue de Défense Juive à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon le 28 mars 2018 lors de la marche en souvenir de Mireille Knoll. Là, nous relevons une action à géométrie variable pour les procureurs macroniens : le Parquet de Paris ouvre une enquête alors qu’il n’y a pas eu de plainte de la part de Monsieur Finkielkraut alors que dans le cas « Mélenchon » ce fut le silence, mais Alain Finkielkraut n’est pas un opposant politique de Monsieur Macron quant bien même seraient-ils en désaccord. Alors, en cette période de crise pour la monarchie macronienne ‑ce n’était pas le cas en mars 2018‑ tout semble bon pour faire croire que la France est unie, qu’elle fait bloc, notamment derrière son « monarque », alors que depuis le mois de novembre nous ne voyons que de l’éclatement, du clivage, de la haine. Monsieur Macron, comme François Hollande en 2015, a été dans l’obligation de se saisir de cet évènement et de s’adresser à la société, en jouant sur l’émotion qu’un tel évènement suscite, comme le Père protecteur, comme le garant des valeurs morales de la République aurait le devoir de le faire… Toutefois les insultes adressées à Alain Finkielkraut ne sont pas clairement antisémites : « Grosse merde sioniste », « nous sommes le peuple », « la France elle est à nous ». Pourquoi les qualifier d’antisémites comme le fait la revue L’Arche[1] sur son site[2] : « Les violentes injures antisémites lancées samedi par des « gilets jaunes » contre le philosophe Alain Finkielkraut ont suscité ce week-end une vague de condamnations, avant des rassemblements mardi à Paris et Lyon contre l’antisémitisme, à l’appel de 14 partis politiques. »

 

Dans un pays où l’antisémitisme peut être vu comme une sorte d’hérédité sociale mais masqué par le sceau de maladie honteuse qu’il est, personne ne s’avoue antisémite mis à part quelques fous. Pourtant les antisémites -à tous les degrés de la connerie et de la certitude‑ sont nombreux et souvent pas là où on le croit. Cette fois ce ne sont pas des insultes avec un vocabulaire clairement antisémite qui ont été proférées, Alain Finkielkraut a été traité de sioniste. Alors, faute d'insultes clairement antisémites Emmanuel Macron vint nous expliquer que l’antisionisme est désormais une forme moderne ou modernisée de l’antisémitisme, avant lui, en 2016 au banquet du CRIF, Manuel Valls avait fait de même comme le rapporte et le commente la revue L’Arche[3] : « Il y a l’antisémitisme et il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël », a-t-il déclaré, soulignant la frontière ultra ténue entre la détestation d’Israël à l’hostilité aux Français juifs : « En France, particulièrement à l’extrême gauche, mais pas seulement, Israël est souvent soumis à une grille de lecture déformante et injuste. » S’agit-il d’une confusion sémantique bien arrangeante ? Sionisme n’est pas synonyme d’antisémitisme, ou alors comment comprendre les propos d’Alain Finkielkraut dans le Figaro[4] où à la question « Etes-vous sioniste ? » il répondait : « Si je l'étais, je vivrais en Israël. Puisque le projet sioniste fait de l'État Hébreu le destin unique du peuple juif. Je crois qu'il peut y avoir des Juifs en diaspora. », plus loin il ajoutait : « Je suis un intellectuel juif, certes, je ne renie pas cette identité, mais pas exclusivement. » Que comprendre ?

 

Aujourd’hui il est admis qu’être antisioniste c'est être antisémite, plus exactement que l’antisionisme serait la forme moderne de l’antisémitisme. Le sionisme c’est un mouvement politique et religieux né d’une nostalgie permanente dans les consciences juives depuis l'exil et la dispersion, ce mouvement a pris une vigueur particulière, et légitime, au 19ème siècle en raison de l'antisémitisme russe et polonais, l'affaire Dreyfus a bien entendu renforcé ce mouvement. Donc être antisioniste ce serait s’opposer à ce mouvement politique et religieux mais pas aux juifs en tant que personnes ; c’est la thèse que soutient le journaliste et historien Dominique Vidal[5] dans son livre paru le 1er février 2018 dont la présentation dit : « Le 16 juillet 2017, Emmanuel Macron s’apprête à terminer son discours lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’hiv’. Et soudain, se tournant vers Benyamin Netanyahou, qu’il a appelé « cher Bibi », il lance : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Jamais un chef de l’État n’avait commis une telle erreur historique doublée d’une telle faute politique. Voilà ce que ce livre entend démontrer, sur un mode non polémique et pédagogique en traitant successivement de l’histoire du sionisme, de la diversité de l’antisionisme, de l’antisémitisme hier et aujourd’hui, enfin de la politique proche-orientale de la France. » Comme rien n’est simple dans notre bas monde les thèses s’opposent plus qu’elles ne se complètent et il faut remonter aux années 1970‑1980 pour voir l'antisionisme recouvrir, pour certains, l’antisémitisme jusqu’à devenir quasiment une chose unique qu’évoque Emmanuel Macron.

 

Dans les années 1960 l’antisémitisme étant, depuis le nazisme, teinté d’encore plus d'ignominie que son essence lui en faisait porter, devenu impossible à montrer, les antisémites auraient, en quelque sorte, inventé l'antisionisme que le Centre Nationale de Ressources Textuelles et Lexicale (CNRS) définit de la façon suivante : « L'antisémitisme est l'expression consacrée pour désigner exclusivement la haine des juifs à travers les siècles. Les années 60 ont forgé un autre mot pour désigner une forme déguisée de cette haine gratuite : l'antisionisme. » L’article de Yohanan Manor[6], L'antisionisme, paru en 1984 dans la Revue française de science politique, apporte des éclairages forts sur cette conceptualisation de l’évolution de la représentation langagière de l'antisémitisme : « L’antisémitisme a changé de forme depuis la seconde guerre mondiale. Il a perdu une partie des caractéristiques de l’antisémitisme moderne qui cherchait à priver les Juifs des droits civiques que leur avait reconnus l’Etat national moderne. Ce n’est plus cet antisémitisme virulent et brutal qui, ouvertement par des moyens officiels et légaux, cherchait à saper la position des Juifs, violer leurs droits, confisquer leurs biens et menacer leur existence. Ce n’est plus l’antisémitisme justifié par une idéologie à fondement social ou raciste. » Ce changement intervient dans un mouvement social que relate Yohanan Manor : « Depuis 1946 l’IFOP interroge par sondages les Français pour savoir s’ils considèrent que les Juifs sont des Français comme les autres. La progression régulière des réponses positives à cette question peut être interprétée comme une baisse notable des préjugés à l’égard des Juifs : 37% en 1946, 60% en 1966, 65ù en 1967, 83% en 1978, 87% en 1980. » […] Toutefois depuis quelque temps un changement notable est survenu Au lieu du mouvement en dents de scie d’explosions sporadiques, d’incidents sur fond antisémitisme latent, on enregistre un peu partout dans le monde occidental, depuis le milieu des années 1970, un accroissement régulier de ces incidents. » Manor parle alors « d’un antisémitisme sans idéologie antisémite » et d’une « nouvelle idéologie antijuive » à propos de laquelle il écrit : « Pourtant on se refuse souvent encore qualifier ces développements d’antisémitisme. Certains inclinent à n’y voir que manœuvre destinée à ressusciter les conditions d’un large front démocratique, à l’image du front antifascite des années 1930, dont un des éléments de cohésion était la lutte contre l’antisémitisme. D’autres en minimisent la portée, ne voulant y voir qu’une des retombées du conflit moyen oriental, et s’agrippent à de laborieux distingos entre antisionisme et antisémitisme. On a souvent du mal à trouver quelque cohérence dans un phénomène aux tendances aussi déroutantes et ne s’appuyant pas, semble-t-il, sur une idéologie tendant à le justifier. » Toutefois il justifie le rapprochement de l'antisémitisme et de l’antisionisme par le refus de certains à reconnaître aux Juifs le droit à un « territoire », à un Etat indépendant : « De ce point de vue l’antisionisme traduit-il une démarche discriminatoire au même titre que l’antisémitisme. Il semble que tel soit effectivement le cas En effet une telle démarche n’est pas conforme au principe quasi universellement partagé de l’auto‑détermination des peuples. […] Enfin tous les Juifs qu’ils soient sionistes non sionistes ou antisionistes seront englobés dans la réprobation de l’Etat juif notre sens est alors que l’antisionisme versera dans l’antisémitisme. » C’est cette thèse que reprend le philosophe André Targuief[7] en y ajoutant l’existence d’une idéologie fondatrice : « Quant à l’idéologie propre à cette grande vague judéophobe, elle est centrée sur la diabolisation d’Israël et l’amalgame qui va de pair entre « Juifs », « Israéliens », « sionistes » et « racistes », voire « nazis ». Le mythe répulsif du crime rituel est réinvesti dans l’image intrinsèquement négative de Tsahal comme armée tueuse d’enfants palestiniens, ainsi que dans la construction d’un Sharon comme « boucher » et vampire, assoiffé de sang arabe ou musulman. Voilà qui suffit à entretenir une haine illimitée. » 

 

Que des antisémites se cachent derrière l’antisionisme ne fait aucun doute tout comme, toutes proportions gardées, les opposants aux lois visant à restreindre la consommation de tabac se réfugient derrière les quelques fumeurs qui échappent au cancer, mais il y a aussi des antimusulmans qui se dissimulent derrière la montée du salafisme ou le port du « foulard ». Finalement qu’est-ce aujourd’hui l’antisionisme, ce concept ne sert-il pas à masquer autant qu’à dire des choses diverses voire antagoniques : l’antisémitisme, le refus du sionisme, la critique de la politique de l’Etat d'Israël ? Le rôle du politique, des médias sans doute aussi, est alors d’éclairer les citoyens plutôt que de propager une conception critiquable parce que réductionniste et en tout cas pas universelle. Ce n’est pas ce qu’a fait Monsieur Macron sans doute trop heureux de pouvoir se saisir de cet incident et des actions de réprobation mises en œuvre par les partis politiques, ils sont dès lors coupables d’entretenir la confusion et d’instrumentaliser, une fois encore, une fois de plus, l’émotion. Mais, comme l’écrivait Albert Camus à « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. », une loi définissant l’antisionisme « acceptable » nommerait-elle correctement les choses ou limiterait-elle, outre la liberté d’expression, la possibilité de penser les choses ?

 

Ainsi, au lieu de tenter de comprendre les sources de l’antisémitisme, comme c’est l’habitude dans notre pays on va du côté de la coercition, de l’autorité punitive comme le réclamait Sylvain Maillard, tellement en quête de notoriété, qui proposait de pénaliser « l’antisionisme ». Provisoirement Monsieur Macron avait rejeté cette proposition qui disait-il pose un certain nombre de problèmes mais, rattrapé par la profanation d’un cimetière juif, il s’est engagé mardi 19 février à agir, légiférer et « punir » : « Ceux qui ont fait ça ne sont pas dignes de la République et elle les punira[8] », suivant en ça le Premier Ministre qui souhaite qu’une loi pour punir les « paroles haineuses en ligne » soit votée avant l’été. La plupart des partis politiques sont sur cette ligne autoritaire. A moins d’avoir une hauteur de vue et une stature politique comme un Charles de Gaulle ou un Winston Churchill avaient, comment nos politiciens actuels pourraient ne pas céder aux appels des communautés du style de celui de Sacha Ghozlan, président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), dans une tribune au « Monde », qui estime que les Français juifs ne veulent plus des paroles de compassion ou de soutien, ils exigent des actes concrets dans la lutte contre l’antisémitisme, appelant « Ce gouvernement doit déclarer un état d’urgence de l’antisémitisme[9] ». On passera sur toutes les déclarations du monde de la bien-pensance opportuniste comme sur les appels larmoyants de François Hollande ou ceux tonitruants de Nicolas Sarkozy, tous ont une même et double caractéristique : être opportunistes, ressasser les mêmes propositions et demander à ce que soit fait ce qu’ils n’ont pas fait. Déjà en d’avril 2002, Jacques Chirac déclarait : « Lorsqu’un Juif est agressé, c’est la France qui est agressée. » Etait‑ce autre chose qu’une déclaration de principe que le président Chirac répéta lors d’un discours solennellement prononcé le 8 juillet 2004 au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), lieu hautement symbolique ? Il faut lutter contre l’antisémitisme mais comme pour toute maladie on ne peut pas espérer l’éradiquer si on s’écarte de la connaissance de ses causes et leur traitement.

 

Ne pas prendre ne compte ce que sont les causes, toutes les causes anciennes et actuelles, de l’antisémitisme nous condamne à l’inefficacité. Pire, aujourd’hui en se confortant sur la théorie de la fusion entre antisionisme et antisémitisme nous prenons le risque d’amalgames excluants. Il semblerait que Monsieur Macron ne veuille pas punir l’antisionisme ce qui est incohérent avec la déclaration dans laquelle il confondait dans un même mouvement antisionisme et antisémitisme mais c’est en pleine conformité avec celle où il disait que punir l’antisionisme ça poserait d’autres problèmes, car l'antisionisme c’est aussi une opinion comme l’écrit Dominique Vidal : « l'antisémitisme est un délit, tandis que l'antisionisme est une opinion politique, que chacun est libre d'approuver ou non. », de plus souvent on considère comme antisioniste, par une extension malheureuse, toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Outre la discussion autour du fait d'opinion, faut-il encore une loi alors que déjà la loi du 1er juillet 1972 définit le racisme comme toute discrimination, haine ou violence à l’encontre d’un individu ou d’un groupe d’individus en raison de leur origine, appartenance ou non-appartenance un groupe ethnique, national, racial ou religieux, et sanctionne les actes qui ne respecteraient pas ce respect dû à chacun et qu’existent des lois sanctionnant l’injure et la diffamation ? Les insultes à l'encontre d’Alain Finkielkraut relèvent du cadre existant de la loi, c’est d’ailleurs à ce titre que le Procureur a ouvert une enquête. Trop de lois tue la loi, mais c’est une maladie du monde politique moderne que de « pondre » des lois, plus que les poules pondent des œufs, pour résoudre les problèmes ou plus souvent pour masquer leur échec ou leur incompétence. Ce n’est peut-être pas le cas de Monsieur Macron encore qu’à l’aulne du Mouvement des Gilets Jaunes, surtout de sa durée, nous pouvons nous interroger au moins sur l’échec de sa stratégie ; aussi, l’aubaine était bonne pour lui qui lui permettrait de dévier le regard des citoyens par médias entreposés vers cette peste sociale qui n’en finit pas (peut-être parce qu’elle ne dérange pas autant qu’on pourrait le penser voire elle arrangerait certains) et ainsi amener l’opinion à se détourner de la crise sociale, de l’affaire Benalla (entre autres problèmes d’aujourd’hui) et d’amener l’opinion à considérer que la Gilets Jaunes ne sont qu’un groupuscule malfaisant. Que n’a-t-on entendu comme critiques des Gilets Jaunes lors du rassemblement du 19 février place de la République à Paris ? Ce rassemblement était une initiative du Parti Socialiste plus mort que moribond qui espère se « refaire une santé » ; comble de l’instrumentalisation de l’antisémitisme alors que tous les partis étaient invités à rejoindre le mouvement, le secrétaire national du PS, Olivier Faure, en a exclu le Rassemblement National qui pourtant représentait un nombre remarquablement élevé d’électeurs lors de l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen était face à Emmanuel Macron au deuxième tour alors que le PS n’avait obtenu que 6% de voix au premier tour.

 

Jouant sur l’émotion, sans doute plus que sur la raison, les politiciens instrumentalisent depuis des décennies l’antisémitisme d’une façon disproportionnée par rapport à d’autres causes. A l'appel du NPA et d'associations antiracistes, il y a eu un rassemblement alternatif à celui de République que Libération[10] relate : « Madjid Messaoudene, conseiller municipal (Front de gauche) à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), annonce la couleur. « Il y a une flambée des actes antisémites : il fallait donc marquer le coup en les dénonçant fermement ce soir, insiste-t-il. J’ai d’ailleurs tout de suite condamné la façon dont Alain Finkielkraut a été alpagué samedi par des gilets jaunes. Mais il ne faut pas oublier les autres discriminations. » En ce sens, le Séquano-Dionysien rejoint les centaines de personnes attroupées place Jean-Ferrat, dans le XXe arrondissement de Paris, « contre l’antisémitisme et son instrumentalisation ». »

 

On ne peut espérer sinon éradiquer du moins étouffer l’antisémitisme qu’en évitant de construire et de propager les amalgames fumeux qui rétrécissent les champs de pensées et vouent aux gémonies des opinions honnêtes, qu’en acceptant de regarder en face ce que sont les causes de l’antisémitisme qu’elles appartiennent au quidam mais aussi aux Juifs eux-mêmes, qu’elles soient anciennes ou actuelles, qu’en renonçant à en appeler sans cesse à l’émotion et qu’en ne « particularisant » plus l'histoire. Nous sommes, notamment du fait de la mondialisation culturelle et de l’information dans une ère où plus que l’histoire de telle ou telle nation, tel ou tel pays ou telle ou telle population, c’est l’histoire de l’humanité, l’histoire globale[11] qui doit être enseignée ; dans une tribune publiée dans £e Monde un professeur suggérait que la lutte contre l’antisémitisme passerait par l’enseignement de l'histoire du Peuple Juif, que serait un tel enseignement disjoint de celui de la civilisation arabe, de l’histoire et de la géopolitique du Moyen-Orient ? Au-delà de l’histoire il y a le quotidien qui devrait obliger à l’enseignement du respect des personnes et de leur dignité.

 

L’antisémitisme est une horreur absolue, pas pire que d’autres mais comme tous les racismes et toutes les formes de discriminations. Je ne pense pas qu’on puisse si facilement qu’on le fait dissocier les formes de manque de respect dû personnes et à leur dignité ; contrairement à ce qu’écrit Edwy Plenel je ne pense pas que l'antisémitisme soit le noyau dur du racisme. L’antisémitisme est avec les autres formes de discriminations une même abomination qui provient de la particularisation et de la singularisassions des situations et de personnes, seules ou en groupe, qui conduisent à la stigmatisation et au rejet de l’autre amenant de facto à trouver des excuses à ne pas faire, à ne faire que pour un tel ou pour tel problème pris dans ses effets plus que dans son essence et donc à instrumentaliser à des fins politiciennes électoralistes voire clientélistes. Fondamentalement y a-t-il plus d’indignité à peindre des croix gammées sur le portrait de Simone Veil (on pourrait se demander s’il n’y avait pas meilleure place pour lui rendre hommage) qu’à ne pas mettre en œuvre l’accessibilité en faveur des personnes handicapées prévues par la loi de 2005, le ministre du logement et Monsieur Macron qui ont effacé que la totalité des appartements désormais construits soient accessibles ne sont-ils pas aussi abjectes que les crétins qui ont peint la boîte aux lettres, pour paraphraser Edwy Plenel, en agissant ainsi n’instaurent-ils pas une « hiérarchie des humanités » ?

 

A travers l’incident, extrêmement grave des insultes à l’encontre d’Alain Finkielkraut, une fois encore on instrumentalise l’antisémitisme, et on le fait autant chez les politiciens que dans les médias au risque d’affaiblir la cause défendue et d’être inefficace, comme l’écrit Edwy Plenel (Médiapart[12] le 19 février) : « Toute instrumentalisation politicienne de cette cause suprême l’affaiblit, au risque de la discréditer. », et sans doute renforcer la cause opposée, les rancœurs et les haines.

 

 

[1] L’Arche, média du Fonds Social Juif Unifié, est un magazine du judaïsme français créé en 1957 (alors mensuel), consacré à divers aspects liés à la communauté juive, des sujets d'actualité ainsi que des thèmes culturels et politiques, philosophiques et artistiques.

[2]https://larchemag.fr/2019/02/18/3837/condamnations-finkielkraut-rassemblements-contre-lantisemitisme/  

[3] https://larchemag.fr/2016/03/08/2301/manuel-valls-lantisionisme-est-le-synonyme-de-lantisemitisme/

[4]http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/11/21/01016-20111121ARTFIG00594-finkielkraut-je-suis-un-intellectuel-juif-et-francais.php

[5] Vidal D, Antisionisme = Antisémitisme ?, Libertalia,

 http://www.editionslibertalia.com/catalogue/poche/antisionisme-antisemitisme

[6] Manor Yohanan. L'antisionisme. In : Revue française de science politique, 34ᵉ année, n°2, 1984. pp. 295-32

https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1984_num_34_2_394120

 

[7] Targuief André, Anti-israélisme et judéophobie : l'exception française dans Outre-Terre 2004/4 (no 9)

https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2004-4-page-385.htm#

[8] France Info https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/alsace-macron-a-promis-des-lois-pour-punir-les-profanateurs-du-cimetiere-juif_3198851.html

[9]https://www.france24.com/fr/video/20190219-je-demande-gouvernement-declarer-etat-durgence-lantisemitisme

[10] https://www.liberation.fr/france/2019/02/19/a-menilmontant-le-rassemblement-des-vrais-antiracistes-contre-l-antisemitisme_1710429

[11] L’histoire globale ambitionne de dépasser les compartimentages nationaux et de « rechercher les connexions, les interactions ou les bifurcations à différentes échelles », pour ainsi réaliser une histoire totale sans pour autant tomber dans l’universel ou le schématisme.

[12] https://www.mediapart.fr/journal/france/190219/contre-l-antisemitisme-sans-confusions


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