Non la discrimination sociale !

par CHALOT
mercredi 8 janvier 2014

OUI A LA SOLIDARITE ! NON A LA DISCRIMINATION !

Des enfants de chômeurs interdits de cantine, des familles expulsées de leur logement privées de leurs enfants placés par un juge des enfants n’ayant même pas reçu les associations accompagnatrices, des médecins qui refusent d’accorder un rendez-vous à des personnes munies de la CMU …..

Je m’arrête là, la liste risque d’être longue.

Dernièrement c’est une famille de cinq personnes avec le RMI qui traitée de fraudeuse a vu le Conseil Général et la CAF suspendre « sans autre forme de procès » respectivement le versement du RSA, les allocations familiales et l’aide au logement…..

Tout est rentré dans l’ordre grâce à l’intervention de bénévoles d’ATD Quart Monde….

Il n’y avait pas de travail au noir de la part du couple mais quelques missions d’intérim dans le bâtiment….

Après enquête, il est apparu que les sommes estimées indûment perçues par le RSA ne s’élevaient pas à 10 000 € mais à 1600 € .

Un plan de remboursement a été négocié .

Les services sociaux, faute de temps ( ?) ou par précipitation avaient choisi la voie de la suspension plutôt que le débat….

Ce type d’attitude peut créer la peur chez certains allocataires.

Ah si un travailleur social avait pu expliquer à ces personnes qu’il faut toujours répondre à un courrier administratif !

Ah si du temps était pris pour expliquer aux allocataires du RSA qu’une activité salariée ponctuelle ne supprime pas le RSA mais en diminue le montant !

J’entends déjà des personnes penser tout haut : « ils auraient du savoir » …

Pas si simple.

Dans les permanences surendettement que les bénévoles assurent, un des premiers conseils qui est donné aux demandeurs c’est d’aller chercher le courrier recommandé.

On a vu des familles perdre leurs droits ou voir leurs dossiers prendre du retard parce qu’elles n’avaient pas été chercher le courrier émanant de la Banque de France, contenant pourtant la proposition de plan….

Quand on perd l’espoir et qu’on est désespéré, on en arrive à perdre quelques repères….d’autant plus quand ces repères et informations n’ont pas été donnés.

L’association ATD Quart Monde invite à signer la pétition JE NE VEUX PLUS

Pétition adressée à : 
Au Gouvernement et aux parlementaires français 

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/je-ne-veux-plus-p%C3%A9tition-pour-la-reconnaissance-de-la-discrimination-pour-raison-de-pr%C3%A9carit%C3%A9-sociale#share

 

« Je ne veux plus voir d'enfants interdits de cantine parce que leurs parents sont chômeurs. 

Je ne veux plus entendre un maire considérer que, de par la pauvreté de leurs habitants, les logements sociaux seraient dangereux. 

Je ne veux plus qu'on décide d'expulser une famille d'un musée parce que son odeur incommoderait les autres visiteurs. 

Je ne veux plus entendre un enfant traité de « cas soc ' » dans la cour de récré parce que ses parents touchent les minima sociaux. 

Je ne veux plus qu'on refuse la location d'un logement à une famille, qui a pourtant les moyens de payer le loyer, parce que leur condition sociale est trop visible. 

Je ne veux plus qu'un homme vivant à la rue se voie refuser l'accès à un salon de coiffure. 

Je ne veux plus que des jeunes n'obtiennent pas d'entretien d'embauche parce qu'ils viennent des banlieues. 

Je ne veux plus que des médecins refusent de soigner des malades sous prétexte qu'ils ont la CMU. 

Je ne veux plus qu'on traite différemment des personnes parce qu'elles portent les stigmates de la pauvreté, je ne veux plus qu'on leur refuse l'accès à leurs droits. 

Je demande à notre gouvernement, à nos parlementaires de remédier rapidement à ces injustices. 

Je leur demande de donner un signal fort d'une République où l'on ne peut plus être discriminé en raison de sa pauvreté. Je demande que les dispositions législatives appropriées soient prises pour que soit reconnue la discrimination pour condition sociale, signifiant ainsi à tous que les actes cités ci-dessus sont moralement inacceptables et illégaux. »

Ce n’est qu’une pétition, une de plus, certes mais ce texte a deux fonctions :

- la première d’informer et de sensibiliser l’opinion publique que cela ne se passe pas à des centaines de kilomètres mais à côté de chez eux ;

- la deuxième de convaincre les décideurs politiques qu’il y a sur ce terrain prioritaire des décisions à prendre.

Jean-François Chalot


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