Police nationale : entretien avec Sihem Souid

par mjgd
lundi 28 mars 2011

L'auteure du livre « Omerta dans la Police », n'est pas au bout de ses ennuis judiciaires.

SIHEM SOUID accepte aujourd'hui de revenir sur les événements depuis ses révélations sulfureuses concernant l'exercice de sa fonction et le comportement de certains de ses collègues.

Après avoir obtenu la suspension d'une mesure disciplinaire en première instance au motif d'irrégularité, SIHEM SOUID va devoir se présenter devant la Cour d'Appel de Paris, par décision du Parquet. L'ancien officier de la PAF (police de l'air et des frontières) d'Orly est en effet poursuivi pour divulgation du secret professionnel par sa hiérarchie.

Le succès de son livre, dévoilant le quotidien des fonctionnaires de la police nationale installés à Orly au service de l'immigration, n'a pas du tout été apprécié par le Ministère de l'intérieur. Certes les faits qu'elle dénonce sont particulièrement graves et les preuves ne manquent pas, mais dans la maison on ne balance pas. Nous n'y reviendrons pas, tout est dans le livre.

Dès lors une procédure disciplinaire sera engagée en 2009, la policière sera mise en garde à vue par l'IGS (inspection générale des services), plus souvent appelée « la police des polices ». La vindicte est là et tout est mis en œuvre pur rendre la vie impossible à SIHEM SOUID.

Elle affirme avoir été victime de menaces de mort, d'atteinte permanente à la vie privée durant notre entretien, mais elle ne désarme pas, sûre de son droit. La vérité s'est aussi son métier, comme nombre de ses collègues qui la soutiennent.

Dans la police, on peut être la cible du pouvoir si l'on ne respecte la loi de l'Omerta. Ces membres n'ont pas droit aux états d'âmes et encore moins de les exprimer librement.

Leur devoir c'est le chiffre et en particulier dans les services d'immigration quand le gouvernement impose le résultat par tous les moyens.

Le ministère de l'Intérieur a confié à la société CARLSON, dans un marché public, la tâche de loger les personnes en situation irrégulière dans les unités du groupe ACCOR et l'émission des billets d' avions pour les expulsions, un régal pour le voyagiste, l'hôtelier et les compagnies aériennes.

La société CARLSON avait même édité les billets d'avion de Mme et Mr Éric BESSON pour leur voyage de noce à Capri.

L'auteure dénonce encore la corruption, elle le répète inlassablement : « le patron est couvert de cadeaux par les compagnies aériennes et j'ai des preuves ». Mais que dire du ministère de l'Intérieur qui se fait reverser les bénéfices de CARLSON, sans laisser aucune trace dans la comptabilité publique.

Que dire de la remise de la Légion d'Honneur à la présidente de CARLSON par le Président de la République ?

Il faut dire, entre autre, que les plaisanteries primaires de Mr HORTEFEUX et les relents de Mr GUEANT ne sont pas du meilleur exemple pour les forces de l'ordre qui ont d'autant moins de retenues sur leurs excès.

Finalement, sachez-le SIHEM, la justice et la démocratie ont tout à gagner de votre révolte, bien plus que les récents propos du Ministre de l'Intérieur et des petites affaires des chefs de service que vous dénoncez courageusement.

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