Prostitution : Alors, on fait quoi ?

par Robert GIL
mardi 20 décembre 2011

Et si pour supprimer la prostitution …. on l’interdisait ? Alors que la bonne question est : pourquoi la prostitution ? Et la réponse : parce que les hommes sont des cochons, ne suffit pas.

Il n’y a rien de plus abjecte que la prostitution car elle permet l’exploitation de personnes fragilisées financièrement ou psychiquement. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans, et 70% des personnes prostituées ont été agressées sexuellement dans leur enfance. La prostitution est, hormis quelques exceptions, un chemin de croix pour ceux et celles qui sont contraints de le parcourir. Cela n’a rien à voir avec les films à l’eau de roses des studios d’Hollywood, c’est plutôt un trafic d’êtres humains réduit à l’esclavage.

On pourrait surtout mettre les moyens financiers et humains pour lutter contre le proxénétisme, la prostitution subie et les réseaux mafieux. Il faut venir en aide à ces filles à qui on promet un emploi de serveuse et qui se retrouvent sur le trottoir, à ces personnes contraintes à la prostitution par la violence physique, ou par des menaces de rétorsion contre leur famille.

Une autre priorité serait d’augmenter les ressources des étudiants pour éviter que certaines, et certains, ne franchissent la barrière pour boucler les fins de mois difficiles, et se réfugient ensuite dans les drogues dures. Puis incapables de poursuivre des études, ils se retrouvent pris au piège. Ensuite entre les dealers et les souteneurs, leur vie devient un véritable enfer. Est-ce la seule alternative que la société a à leur proposer ?

On peut également penser que l’abolition est une mission impossible, et que l’Etat devrait encadrer la prostitution choisie en rouvrant par exemple les maisons closes et en fiscalisant les recettes générées par les travailleurs du sexe. Mais alors, lorsque la prostitution fera partie intégrante du marché de l’emploi, et qu’elle sera un travail comme un autre, si vous êtes au chômage et que vous refusez un emploi de prostitué, serez vous rayé de la liste des chômeurs ? En quoi le fait de toucher un salaire abolirait-il l’exploitation sexuelle qui est le principe de la prostitution ?

L’argent généré par la prostitution en France est évalué à plus de 3 milliards d’euros par an. Une prostituée rapporte en moyenne 120 000 euros par an, dont elle ne touchera que des clopinettes et quelques « raclées » en prime, car 80 % de tout ce qui touche au sexe est contrôlés par des organisations mafieuses.

La pénalisation du client voulue par certaines féministes ne va-t-elle pas déplacer simplement les prostituées vers d’autres lieux ? Cela risque aussi de détourner le débat contre toutes les formes de misère de la prostitution et de l’exploitation sexuelle … et de fermer les yeux sur ce système qui permet l’exploitation des personnes, et qui veut que tout soit marchandise !

Dans notre société qui déborde d’images pornographiques et qui nous fait croire que les films et les photos trouvés sur le net ou ailleurs sont la norme dans les rapports humains ou amoureux, il serait bon de se demander si la satisfaction de tous les désirs est la phase ultime de la liberté individuelle. La phase ultime de ceux qui ont les moyens de se l’offrir, évidemment. Les autres subissent. La norme du système capitaliste est que tout s’achète et tout se vend, alors qu’en réalité, tout autre rapport qu’un rapport désiré, pas seulement consenti, mais désiré est un viol, tarifé ou non.

Article publié sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2011/12/16/prostitution-alors-on-fait-quoi/


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