Quand la SÚcu finance le risque

par Pale Rider
mardi 24 novembre 2015

« Le Truvada, un traitement préventif contre le sida, sera bientôt disponible en France pour les personnes à risque. Spécialistes et associations saluent la décision du gouvernement. » Cela est la citation exacte de Francetvinfo. À elle seule, elle mérite une étude de texte.

 Qui sont « les spécialistes et associations » qui saluent la décision du gouvernement ? Cela devrait être détaillé. Qui sont « les personnes à risque » ? D’après Aurélien Beaucamp, président de l'association Aides, ce sont (citation écrite de francetvinfo) « les homosexuels, les usagers de drogue, les migrants ou les travailleurs du sexe. »

 Il est significatif que cette citation ne corresponde pas exactement à ce que montre l’extrait vidéo repris de France 3. Car à la place de « les homosexuels », ce monsieur dit exactement (verbatim) : « Les personnes qui ont des relations… euh, les hommes qui ont des relations avec d’autres hommes. » Cette circonlocution est très symptomatique de la gêne qu’il y a à appeler un non-chevelu un chauve, un non-voyant un aveugle, un chat un chat (ou une chatte une chatte, si je puis me permettre).

 Dans le même reportage, un jeune homme disait qu’il prenait le Truvada chaque fois qu’il allait faire la fête, boire et avoir des comportements sexuels à risques. Dans la citation de M. Beaucamp, les usagers de drogue (en principe dans l’illégalité) et aussi les travailleurs du sexe (censés être pourchassés pour racolage) font partie des personnes dorlotées par Marisol Touraine, sur fonds publics.

Dis-moi qui tu rembourses…

 Abstenons-nous de commenter tout cela sur le plan des mœurs qui, dans notre pays, sont libres entre majeurs consentants –ce qui ne veut pas dire qu’elles échappent à tout jugement de valeur. Cela étant dit, il y a des questions de justice sociale qu’il faut oser soulever.

 Pourquoi, dans notre pays, y a-t-il des forfaits hospitaliers journaliers pour des personnes qui sont malades sans que leur comportement ait directement induit leur pathologie ? Pourquoi, alors qu’après 50 ans il n’existe pratiquement aucun Français qui n’ait pas besoin de lunettes, celles-ci sont-elles remboursées à un taux si indigent qu’il est une véritable honte ?

 Car dans le même temps, Mme Touraine, dûment saluée par « les spécialistes et associations », nous l’avons dit, a décidé de rembourser ce médicament à 100%… 500 € les 30 pilules. On peut, au passage, se demander pourquoi les préservatifs ne bénéficient d’aucune gratuité alors qu’ils peuvent aussi concerner des personnes « pas à risques » et qu’ils sont beaucoup moins chers. Mme Touraine martèle d’ailleurs avec force que le Truvada ne saurait remplacer le préservatif. Double langage.

 Les gens modestes, malades et souvent vieux qui doivent partiellement payer de leur poche des médicaments pourtant indispensables apprécieront que les individus adoptant sciemment, de leur propre aveu, des « comportements à risques », en soient récompensés financièrement par une Sécurité Sociale en déficit grave.

 Il faudra qu’un journaliste expert en matière de santé recense tous les taux de remboursement de l’Assurance Maladie. Il en tirera le tableau exact de l’idéologie dominante de notre société. Mais je me demande s’il ne faudrait pas dire : l’idéologie dominante de la société médiatico-politique parisienne.

Un autre non-dit qui menace…

 Les attentats terroristes qui viennent d’affliger durement notre pays ont révélé les ravages de tous les non-dits qui ont miné nos pays (la France n’est évidemment pas un cas isolé) depuis des décennies –complaisance par rapport aux trafics de drogue, aux trafics d’armes, à la salafisation de certains territoires de la République.

Le domaine de la santé est lui aussi un domaine de non-dit, plus exactement de non-dicible. C’est un terrain de choix pour l’autocensure politiquement correcte. Un jour, cependant, les consciences se révolteront contre une caste de privilégiés qui, bien introduits auprès du Gouvernement, obtiennent à peu près tout ce qu’ils veulent. La populace provinciale, elle, peut aller se rhabiller. Se rhabiller en bleu Marine, hélas…

 Si vous avez encore des doutes, réfléchissez à la différence de traitement appliquée aux opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes… Ce n’est qu’un exemple, mais il est plus que révélateur d’une fracture idéologique, sociale et même géographique au sein de notre pays.

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NB : Même si le sujet est chaud, je souhaiterais que les commentaires déposés à la suite de cet article ne soient pas orduriers. L’argumentation est plus efficace et plus digne que les invectives.


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