Quand le surveillant de prison n’est plus qu’un agent d’ambiance...

par alphonse baudet
samedi 4 août 2012

AH !! mes amis il faut le dire, le fonctionnaire pénitentiaire de base vit une époque formidable depuis quelques années !

Vous ne me croyez pas ? Vous êtes vous aussi abreuvé de caricatures, d'informations bidons et d'aprioris sur le monde carcéral et notamment sur le personnel d'encadrement de nos personnes placées sous main de justice ?

Eh bien laissez moi vous conter ce qui m'en a été rapporté par un "garde chiourme" taulard à mi temps du bon coté des barreaux depuis plus de 15 ans ayant fréquenté quelques geôles de france et de navarre.

L'histoire commence avec une seule date, celle de l' année 2000 qui nous a vu frémir du grand bug informatique que nous avons évité, mais le surveillant pénitentiaire lui n'a pas évité les grands bouleversements que l'administration lui a réservé et qui depuis plus de dix ans ont considérablement changé sa façon de travailler.

En effet la première révolution pénitentiaire date du millénium avec l'arrivée massive des personnels féminins en détention homme et son cortège de problèmes liés à la différence des sexes et l'abandons progressif des gestes professionnels tels que fouilles ( à corps ou palpation) ou encore interventions physiques rapides et ciblées pour mettre fin à un trouble ou un incident localisé d'importance mineure (qui aujourd' hui face à l'inertie devient un fait majeur...). 

Puis l'Europe et les rpe ( règles pénitentiaires européennes) ont pris le relais pour gentiment généraliser le renoncement aux actes et gestes professionnels bien amorcé avec l' arrivée des femmes à l'ensemble des agents, sans parler de la gestion des commissions de disciplines transformées en mini tribunal avec présence d'avocats mais le directeur d' établissement restant juge et parti au final (parodie de justice).

Le tout et bien d'autres choses, notamment l'accès aux établissements par de plus en plus d'intervenants extérieurs (les taules sont de vrais moulins) d'où l'énorme difficulté d'effectuer les contrôles aux portes !!! Ou bien la cogestion avec des entreprises privé sur la restauration, le linge, les cantines, la maintenance bref des comptes à rendre à des personnes dont le but est de gagner de l'argent et dont la légitimité décisionnaire n'est pas établie. Sans oublier l'incurie syndicale prompte à dénoncer mais pas trop quand même... détachements et petits privilèges obligent !!

Voila un tableau rapide (il y aurait trop à dire !!) de ce qui a conduit insidieusement années après années à la perte d'autorité et de contrôle de l'agent pénitentiaire sur nos détentions. Les coursives sont devenues de vrais coupe gorge, lieux de tous les trafics où mon ami "garde chiourme" m' a avoué être devenu un simple agent d' ambiance préoccupé avant tout d'éviter les problèmes, tournant la tête pour ne pas voir, complice malgré lui d' une société du renoncement à l' humanisme en trompe l' oeil laissant détenus et personnels dans la jungle....

  


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