Qui sont les candidats la direction de Sciences Po ?

par Yes_We_Kahn
mercredi 11 juillet 2012

Le blog "Peut mieux faire" du Monde.fr publiait récemment la liste des candidats à la succession de Richard Descoings à la direction de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Cette liste n'était pas complète, la moitié environ des postulants n'ayant pas accepté la publicité de leur candidature.

Cependant, le blog se contente de dresser une simple liste des candidats publiquement déclarés, ainsi qu'un bref rappel de leurs fonctions. Rien sur leurs parcours, rien sur leurs opinions, rien sur leurs visions pour Sciences Po. Loin d'être une simple école, Sciences Po est une institution et la personne qui dirige l'IEP parisien insuffle une méthode qui fait ensuite tache d'huile sur les instituts de province. Qui sont donc les candidats à la tête de l'IEP ? Quels sont leurs idées ? 

Jean-Michel Blanquer

Ancien recteur de l'Académie de Créteil passé directeur de l'enseignement scolaire au ministère de l'éducation nationale, c'est un fonctionnaire zélé, un point technocrate. C'est d'ailleurs son principal point faible. Si l'IEP de la rue St Guillaume a besoin de mettre de l'ordre dans ses finances -ce qu'il réussirait sans doute à merveille s'il était nommé directeur- il a aussi besoin d'une âme. Richard Descoings était plus que le directeur de l'IEP, c'était une marque de fabrique et à défaut de faire l'unanimité, la "méthode Descoings" a fait parler le l'IEP et des idées de son directeur. Or, en matière de méthode, être un bon serviteur de l'État n'est pas suffisant.

Pierre Mathiot

Ancien élève de Sciences Po Paris et actuel directeur de l'IEP de Lille, il a toutes les compétences pour succéder à Richard Descoings. Soutien de Martine Aubry lors des primaires citoyennes, Pierre Mathiot est favorable à l'ouvertures des Instituts d'Etudes Politiques à la mixité sociale, comme l'était Richard Descoings. Nul doute qu'il saurait gérer l'IEP financièrement, lui donner une dynamique et mettrait un terme aux dérives des rémunération à Sciences Po Paris, dérives qu'il avait dénoncé tout en pointant le peu de moyens alloués à Sciences Po Lille. Seul point faible, qu'il avoue volontiers, ce "provincial" n'est pas très médiatique et n'aime pas "les diners en ville" contrairement au médiaphile Richard Descoings, membre du club très restreint du "Siècle".

Dominique Reynié

Professeur à Sciences Po, Dominique Reynié est un candidat sérieux à la directeur de l'IEP. Directeur de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), un think tank libéral réputé proche de l'UMP, il n'aurait aucun problème à être nommé à la direction de Sciences Po Paris... sans ses liens avec l'UMP. Rappelons tout de même que le directeur de l'IEP de Paris est nommé par le Président de la République. Autrement, nul doute que cet ami des médias parviendrait sans peine à faire fructifier l'héritage de Richard Descoings en matière de promotion de l'IEP.

... et les autres !

Les autres candidats ne déméritent pas pour autant : des dirigeants ou anciens dirigeants de Science Po Paris, d'une grande école ou d'une institution prestigieuse (ENS, CNRS), des contrôleurs des finances, des membres de think tank aux multiples horizons... Reste à savoir quelle vision ont ces candidats de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris post-Richard Descoings et quelles sont leurs compétences. Il ne faudrait pas privilégier un aspect de leur candidature sur les autres : la capacité à gérer financièrement l'Institut ne doit pas l'entraver son esprit innovant, sa dynamique ou sa médiatisation. Le prochain directeur de Sciences Po sera connu à la rentrée.


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