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par Désintox
mardi 29 octobre 2019

Lundi 28 octobre 2019, un candidat du Front National aux départementales de 2015 a tiré sur la mosquée de Bayonne, blessant grièvement deux personnes (source : Le Monde). Selon "La voix du Nord", l'homme était en possession d'un bidon d'essence. Cet acte pose des questions que nous ne devons pas éluder.

Qu'est-ce qui a poussé au crime cet individu ? Toujours selon "La voix du Nord", il était aussi un fan d'Éric Zemmour, en faveur duquel il avait publié en 2014 un message de soutien sur le groupe Facebook intitulé « Le blog de ceux qui aiment Éric Zemmour ».

Zemmour a fait aussi parler de lui ces dernier temps. Lundi 23 octobre, quelques jours avant l'attentat de Bayonne, il fait cette déclaration horrible sur la chaîne Cnews "Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans, et même certains juifs. Eh bien moi je suis aujourd'hui du côté du général Bugeaud. C'est ça être Français  !" (source : les Inrockuptibles).

Un mois auparavant, le samedi 28 septembre, la chaîne LCI diffusait en direct un discours du même personnage. Concernant ce discours, le 23 octobre, le CSA réuni en assemblée plénière communiquait ceci : "La responsabilité de l'auteur des propos pouvant être engagée au titre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, le CSA a décidé, en raison de la gravité de ces propos et au vu de l'arrêt de la Cour de cassation du 17 septembre dernier, de transmettre au procureur de la République de Paris les éléments en sa possession, en particulier les saisines pouvant être utiles à l'enquête ouverte pour 'injures publiques' et 'provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence" (source : le blog de J-M Morandini).

Quelques jours auparavant, le mardi 17 septembre, Éric Zemmour était définitivement condamné par la cour de cassation pour une autre provocation à la haine raciale (source : Le Monde). Hélas, la peine est dérisoire : 3000 € d'amende, autant dire rien.

Quand il y a eu des attentats islamistes, les pouvoirs publics ont pris toutes les mesures permettant de pourchasser les terroristes et démanteler leurs réseaux. Aujourd'hui, apparaissent les attentats d'extrême-droite. Ainsi, le 9 octobre 2019 avait lieu en Allemagne un attentat antiislamiste et anti-turc ; le 3 août, c'était la fusillade l'El Paso aux États-Unis (source Wikipedia). Il existe un point commun entre les attentats islamistes et ceux d'extrême-droite : ils ne sont pas le fait d'organisations, mais d'individus isolés, sous l'influence de réseaux.

Aujourd'hui, les sociétés occidentales doivent se protéger du terrorisme d'extrême-droite comme elles l'ont fait du terrorisme islamique. Les propriétaires des chaînes qui donnent la parole à ceux qui incitent à la haine doivent être mis devant leurs responsabilités. L'histoire nous a appris ce que coûte l'inaction face à la haine raciale.

Source de l'illustration : Fotomelia (photo sous licence Creative Commons, Domaine Public CC0).


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