Salle de shoot : idée fumeuse ou projet urgent ?

par Pierre Tebaldini
samedi 24 juillet 2010

Pourra-t-on se droguer dans un lieu public avec l’assistance d’un médecin ? Madame Bachelot écoute avec attention l’idée d’installer des salle de shoot. Est-ce l’expérience des salles de vaccination pour la grippe A qui l’a convaincue ?

Roselyne Bachelot, célèbre ministre de la santé et des sports, a donné un accord de principe à la création de salle de shoot, salle d’injection par voie intraveineuse. L’objectif n’est pas de promouvoir l’utilisation d’héroïne mais de réduire les risques d’infection de maladie ou de virus transmissible par le sang, dont le SIDA.

En effet, une seringue utilisée par plusieurs personnes est vectrice de danger potentiel. Il est vrai qu’à partir du moment où l’on se shoot, on prend déjà de nombreux risques. On pourrait dire que le toxicomane est libre de prendre les risques qu’il souhaite et que le rôle de la collectivité n’est pas de dépenser de l’argent pour l’aider à s’envoyer en l’air en toute sécurité.

A côté de cela, créer des lieux dédiés permettrait aux riverains de ne plus trouver des seringues dans la rue, de ne plus avoir des masses affalées sur les trottoirs. Certains quartiers seraient totalement gagnants en termes d’insécurité. Une question me taraude tout de même, les toxicomanes iront-ils facilement dans ces pièces où craindront-ils la présence potentielle des forces de l’ordre ?

Les français n’ont pas le même regard et la même approche que d’autres sur les questions touchant à la drogue. Il suffit de voir la différence d’approche sur le cannabis. De même il y a une telle levée de bouclier des riverains lorsque l’on parle de l’installation d’un lieu de culte à côté de chez eux, que je n’ose imaginer les manifestions à l’installation d’une salle de shoot.

Et puis, la collectivité doit aussi lutter contre le virus du SIDA. Bien sûr, on entend parler d’un vaccin d’ici 2050, d’un gel vaginal permettant de réduire les risques de contamination, mais le meilleur moyen de se protéger reste le préservatif et l’usage unique du matériel médical. Si l’on peut éviter que des hommes et des femmes se refilent le SIDA en s’injectant des cochonneries, nous serons tous gagnants.

En effet, les adeptes de la rigueur budgétaire ne pourront que se satisfaire de l’économie réalisée. En effet, une personne séropositive suit une trithérapie couteuse que la sécurité sociale rembourse, donc si l’on évite des contaminations, on permet de réaliser des économies.

Si je récapitule, je m’aperçois que les salles de shoots sont potentiellement un plus pour la santé, un plus pour les riverains des rues touchées par la toxicomanie, un plus pour les finances de la sécurité sociale. Alors qu’est-ce qu’on attend ?


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