Solidarité : mobilisons toutes nos forces !

par CHALOT
samedi 1er février 2014

Mobiliser toutes les forces

De plus en plus souvent les permanences de solidarité assurées par les bénévoles associatifs reçoivent des familles en grande difficulté.

Parfois, certaines familles sont désespérées : une expulsion en cours avec la menace d’un placement de leurs enfants dans une famille d’accueil, un surendettement structurel qui ne peut pas trouver une solution même passagère avec un dossier déposé à la banque de France, un couple sans aucun revenu, une famille privée d’eau en plein mois de juillet…..

Aucun de ces cas n’est inventé, malheureusement.

Il nous arrive même de sentir que notre interlocuteur, au bout du rouleau, est prêt à se laisser aller à toute extrémité, y compris le suicide.

Comment faire face EFFICACEMENT À DES SITUATIONS URGENTES ?

Que faire ?

Vers qui se tourner ?

Des bénévoles se trouvent devant une urgence sociale sans pouvoir y répondre immédiatement ou dans un laps de temps assez court.

Vers qui se tourner ?

Si les associations qui assurent des permanences sociales, qu’elles soient caritatives ou familiales connaissent quelques rouages du secteur social professionnel, elles sont parfois perdues devant la complexité du système et l’existence d’un nombre de verrous impressionnant.

« Une famille peut avoir à faire à plus de vingt interlocuteurs différents »

Voilà une affirmation péremptoire ! C’est ce que je pensais naïvement avant de compter par moi-même….J’ai même énuméré 24 organismes privés, publics, para publics et associations qui ont suivi momentanément une femme expulsée de son logement :

En plus de l’intervention solidaire de deux associations caritatives et du Conseil Départemental des Associations Familiales Laïques du département, cette femme a eu affaire au service du Conseil général, au Droit Au Logement, au 115, à l’assistante sociale de son entreprise, au Comité Communal d’Action Sociale, à l’huissier, à deux bailleurs, à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, à la Caisse d’Allocations Familiales, à la Préfecture…. au juge pour enfants décidant un placement, à la sauvegarde de l’enfance, et aux familles d’accueil… et quelques autres.

Qui sont des gens de bonne volonté, mais ...

Comment voulez- vous que la famille puisse se repérer ?

Comment éviter les redites, et surtout les contradictions ?

L’histoire de cette femme aurait dû bien se terminer ….Avec beaucoup d’opiniâtreté, le CDAFAL aidé par le Secours catholique a réussi à retrouver un logement social pour cette femme et pour le père des enfants, revenu pour la circonstance….

Ce n’est malheureusement pas un conte de fée, le maintien des enfants en famille d’accueil et la pression exercée pendant plus de quatre mois en hôtel ont conduit la mère à une dépression la menant en maison spécialisée…. Pour peu de temps je l’espère….

Quel gâchis !

Il a fallu des dizaines et dizaines d’heures de démarches pour réussir à reloger ce couple reconstitué.

Avec malheureusement un blocage en ce qui concerne le placement des enfants….une violence inouïe.

Pour éviter cette bureaucratie et cette gabegie avec les risques encourus, je ne vois qu’une seule solution : c’est la constitution formalisée d’un réseau social communal ou intercommunal avec des réunions régulières, pas d’enfilage de perles mais de discussion des moyens à mettre en place et la détermination pour chaque cas de celui qui se charge du dossier.

La justice des mineurs et le service social à l’enfance devraient être partie prenante car ces placements d’enfants non maltraités ont des conséquences néfastes pour les parents qui n’ont comme seul tort que d’être pauvres, et/ou les enfants en phase de déconstruction.

Avant d’arriver à construire un réseau bien formalisé, il est possible de constituer localement un guide annuaire des ressources locales ce qui permet en cas d’urgence de pouvoir immédiatement saisir le bon interlocuteur.

Souvent on entend dire que le Centre Communal d’Action sociale de chaque commune pourrait être la tête naturelle du réseau ….peut être mais souvent le CCAS a peu de moyens et l’Etat se repose sur lui sans apporter d’aides financières.

Aujourd’hui par exemple le pré-traitement des dossiers RSA est demandé aux CCAS qui sont déjà débordés.

Il y a urgence de permettre que se constitue un véritable réseau de solidarité.

Ce sera le premier pas : imposer que le CCAS soit le « guichet unique », muni de la liste des membres du réseau.

Il faut aussi exiger que ceux qui ont le pouvoir de réquisition : préfecture et dans certains cas les maires, exercent réellement ce droit.

Jean-François Chalot


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