Sur le racisme...

par kane85
jeudi 5 décembre 2013

Aujourd'hui chaque mot est passé au crible, chaque geste, chaque habit est interprété à l'aulne de l'appartenance...

Les mots plus que les autres sont repassés en boucle pour vérifier si aucun ne pourrait s'entendre de façon péjorative, raciste ou antisémite !

Il est aujourd'hui interdit de prononcer les mots banane ou singe (ceci dit tout en condamnant les événements qui les ont fait honnir)... Je pense qu'il vaut mieux les éliminer de notre dictionnaire comme beaucoup d'autres qui, au fil du temps, deviennent synonymes de racisme !!!... Il risque de ne pas rester grand chose à la longue !!...

Porter un boubou alors que vous être Blanc ? Mais vous n'y pensez pas ! Vous êtes raciste et voulez ridiculiser les Noirs... En finira-t-il pas par en être de même avec un chapeau Chinois ou un bonnet Breton ? Ne faudra-t-il porter QUE les habits reconnus de notre « communauté ethnique » pour ne pas être traité de raciste ? Et attention ! Si vous vous peignez en vert pour le prochain bal masqué vous allez vexer les martiens ! Principe de précaution ! N'allons pas déclencher une guerre interplanétaire !...

Trêve de plaisanterie ! Ceci est grave !

Nous entendons partout qu'il faut tenir compte DES différences !!!!!

Curieux !

Étonnant !

Moi qui pensais que ne pas être raciste était justement, qu'à force de voir l'autre comme égal à soit, on finissait par ne plus voir les différences...

Je voyais le fait de tenir compte de la différence de l'autre comme du racisme ! Ben oui ! C'est dire : t'es pas comme moi, je le vois et j'en prends acte !

Pour expliquer ce que je prends pour des aberrations du comportement actuel voici trois anecdotes prises sur mon vécu.

La première se situe en classe de première dans un lycée d'état en Afrique de l'Ouest.

Nous étions une bande de copain très « melting-pot » dans le sens qu'il y avait : un frère et une sœur martiniquais, un frère et deux sœurs vietnamiens, une libanaise, une métisse, deux Ivoiriens (habitants de la Côte d'Ivoire), un Burkinabé (habitant du Burkina Faso), deux filles et trois garçons Français...

Nous nous entendions tous comme larrons en foire.

Un jour, un de ces amis nous présente son meilleur copain : un métis qu'il voulait intégrer à notre petit groupe. Nous nous présentons et continuons nos discussions. Mon copain vietnamien me lance une vanne à laquelle je réponds du tac au tac suivie d'une réflexion rigolarde de sa part qui me fait répondre quelque chose comme « tu as raison, les XXXX c'est une sale race... » Le copain s’esclaffe mais je me retrouve avec le nouveau en face de moi, fou de rage ! Il n'avait retenu que « sale race » et nous savions tous que, de tous ceux que nous connaissions, les métis étaient les plus susceptibles à ce sujet. Nous le comprenions très bien car ils étaient souvent les plus rejetés de la société (rejetés aussi bien par le côté noir que le côté blanc comme ne l'étant pas vraiment...). Il me fait méchamment « répète ce que tu viens de dire ! ». Le copain vietnamien était plié en deux de rire !!! Je lui dit « tu peux lui expliquer toi ? ». Il se tourne alors vers l'autre et fait « sais-tu qui sont les XXXX ? » « Non mais je m'en fout, elle a pas à parler de race !!! » « Ben c'est son nom de famille vois tu ! ». Blocage du nouveau entouré de tous les autres hilares ! Il a compris qu'il n'avait pas réfléchi avant de me faire un procès de mauvaise intention... Il est par la suite devenu l'un de mes meilleurs potes et m'a un jour défendue contre une vraie agression raciste de la part d'un grand costaud Ivoirien !

La deuxième anecdote se situe plus tard. Au moment de l'université.

Nous sommes toujours dans le même pays d'Afrique de l'Ouest. J'ai deux amis d'université : une Ivoirienne et un Sénégalais. Tall (c'était son nom) était du plus beau noir. On ne pouvait pas se tromper sur son origine.

Un jour que nous étions en train d'attendre pour un TD il me fait « tu as réussi a préparer tout ce qu'on nous a donné à faire hier ? », je réponds « m'en parle pas ! J'ai travaillé comme un nègre toute la soirée pour y arriver ! » Il se met à rire ! Et je lui dis « Qu'est-ce qui te fais rire Tall ? J'ai dis une connerie » Il me fait « Tu vois, c'est pour ça que j'aime bien être avec toi ! Tu ne fais pas attention à ce que tu dis ! ». Je fais « Explique ! » Il répond « Et bien, n'importe quel blanc se serait arrêté en cours de phrase. Il aurait commencé en disant -J'ai travaillé comme un...-, il se serait arrêté en s'apercevant de ce qu'il allait dire et aurait fini du genre -... heu ! J'ai beaucoup travaillé pour y arriver-. Toi, t'y a même pas pensé. Tu ne fais pas la différence et utilise l'expression telle qu'elle existe ! Toi, tu n'es pas raciste ! L'autre... j'aurais des doutes ! »

La troisième anecdote se situe encore plus tard. Le jour de mon anniversaire pour mes 30 ans.

Nous avions invités tous nos amis : Africains, Français, Israéliens, Libanais, Métisses... En tout une quarantaine de personnes.

La fête battait son plein quand mon père me dit : « Qui c'est ce chinois là bas ? », je lui fais « Qui ? Il y a pas de chinois ici ! » Il me sort « Mais si ! Celui qui a la peau jaune au fond ! » Je me retourne et voit notre très bon ami eurasien qui rigolais avec notre pote garagiste Israélien. Je fais « Ah ! Oui ! C'est ZZZ ! C'est amusant, j'avais oublié qu'il avait la peau de cette couleur ! »...

Que tirer de ces trois anecdotes ?

  1. Que hurler au loup avant de comprendre le fond des propos de l'autre est peut être un peu précipité !

  1. Que faire systématiquement attention à ce que l'on dit n'est pas obligatoirement la preuve que l'on est pas raciste et montrerait plutôt la peur d'être taxé de raciste (tout en pouvant l'être effectivement) . Ce n'est pas, non plus, toujours pris comme de la considération par les intéressés.

  2. Qu'oublier une différence n'est pas du racisme ! C'est l'intégration d'un autre humain à sa vie de tous les jours. C'est voir l'autre comme un égal à soit même !

 

Qu'on arrête donc la victimisation et les cris d'orfraie pour tout et n'importe quoi ! Qu'on arrête donc de dire à tout le monde comment il faut faire pour ne pas irriter, vexer, insulter l'autre qui est différent ! Que chacun commence à penser l'autre comme un simple humain sans plus ! Ce serait un grand pas de fait contre le racisme !

Celui qui veut qu'on le voit comme différent est celui qui ne veut pas être pris comme l'égal de l'autre ! Il veut être autre et donc, souvent, supérieur ! Qui voudrait qu'on voit sa différence pour se sentir inférieur ?

Toutes ces voix qui se dressent contre le racisme et prônent en même temps les différences ne font que mettre de l'huile sur le feu et intensifier le racisme. A force de demander de faire avec les différences on les sort de l'ombre, les met en avant et les fait tellement voir que beaucoup finissent par se sentir envahis... Ce qui est la porte ouverte au racisme. C'est, d'ailleurs, à se demander si ce n'est pas le but de l'opération : Diviser les communautés !!!

Tous ces procès intentés à partir de n'importe quoi interprété comme du racisme ne font que cacher les vrais actes graves, mais plus rares, de racisme qui devraient vraiment avoir toute l'attention des tribunaux sans être noyés par une bouillie indigeste de considérations exacerbées venant de personnes voulant à tout prix faire remarquer leur communauté et donc, leur différence !!

Pour vivre avec les autres ce n'est pourtant pas difficile : il suffit simplement de penser l'autre COMME soi même !

Je dirais pour finir : ne pas être raciste, ce n'est pas des mots, c'est un comportement !

 


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