Vers le droit de vote des étrangers ?

par Maxime Girardot
mardi 15 juillet 2014

Hollande a rappelé dans son allocution aux Français du 14 juillet qu’il entendait bien permettre aux étrangers de voter aux élections locales. Cette mesure, chère notamment aux écologistes et à l’aile gauche du parti, devrait voir le jour en 2016, à l’aube des présidentielles. Conservant son panel de réformes sociétales pour la fin du quinquennat, Hollande cherche ainsi à reconquérir son électorat de gauche. En effet, celui-ci dénonce l’abandon de certaines promesses de campagne, au niveau social, mais aussi sa politique d’austérité bien loin de l’idéal d’une croissance aidée par l’Etat sur le modèle Keynésien comme annoncée durant les flamboyants meetings de 2012.

Le droit de vote des étrangers pourrait en effet devenir la pomme de la discorde au sein du parti socialiste. Alors que certains l’attendent avec une impatience non dissimulée, d’autres nuancent le propos et affirme qu’une telle mesure pourrait encore faire augmenter les scores du FN. Ainsi Manuel Valls, encore ministre de l’intérieur avait déclaré en 2012 que ce n’était pas « une revendication forte des Français » avant d’ajouter que ce n’était aucunement « un élément fort d’intégration », avant d’être sévèrement recadré par Jean-Marc Ayrault.

D’un point de vue plus stratégique, il est évident qu’accorder le droit de vote aux étrangers serait un véritable coup politique pour le président, en berne dans les sondages. D’une part, il pourrait donner un signe fort à l’aile gauche dissidente de la majorité qui prend chaque jour un peu plus ses distances avec la politique gouvernementale. D’autre part, le vote étranger demeure une réserve de voix importante pour la gauche car selon les sondages, ceux-ci voteraient en grande majorité pour le parti socialiste, ce qui permettrait au mouvement d’envisager avec plus de sérénité les échéances politiques qui suivront la présidentielle.

Notons par ailleurs qu’environ la moitié des Français demeure favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales. Ainsi, selon un sondage Harris Interactive réalisé en 2013, 54% des Français n’y seraient pas opposés. L’argument principal des partisans du vote des étrangers demeure bien souvent le fait qu’ils payent des impôts locaux mais également des impôts sur le revenu sur le territoire Français. Dès lors, pourquoi ne pas les laisser avoir un pouvoir de décision à la mesure de leur contribution au budget des collectivités locales ? Parce que ni la citoyenneté ni le bulletin de vote ne peuvent s’acheter répond la droite. Affaire à suivre.


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